DIX RÉFLEXIONS
Bouge.
Bouge.
Or. tris-rouge.
Orangé jaune.
Après la première réflexion sur le cuivre U = 69*^56', et l'arc qui représente le rouge ayant une étendue de 60 degrés, le centre de gravité du mélange tombe dans l'orangé, mais très-près du rouge. Le métal devra donc offrir cette teinte, et l'expérience ne dément pas ce résultat.
La lumière réfléchie contient 887 rayons blancs et 113 rayons orangés; la teinte sera donc lavée et affaiblie : ce qui est parfaitement vrai quand le métal est bien poli.
De tous les métaux, le cuivre est celui qui éprouve les plus remarquables changements de couleur quand les réflexions se multiplient : pâle et peu sensible après 1 réflexion, il prend un éclat remarquable et une couleur pourpre très-pure après 10 réflexions. La lumière réfléchie offre, en outre, cette propriété remarquable, d'être sensiblement homogène et presque indécomposable par le prisme. Un résultai expérimental si tranché mérite de fixer particulièrement ï^oire attention, en ce qu'il nous offre une occasion décisive et
1426 POL^RIBATION W hh tUlflÉRB.
unique de justifier par la copcordaace des résuluts rexactiinde de la théorie.
Or, nous trouvons dans les tableaux une valeur de U égale à h%* 29' qui place la teinte dans le rouge presque moyen. D*un autre côté, A et 1 ^ A prenant les valeurs, 0813, 0,187, il nous est poB< sible d'affirmer que la teinte sera presque dépouillée de blanc et sensiblement homogène.
Le laiton et le métal des cloches, bien polis, offrent à l'œil, le premier, une teinte jaune très-apparente,{le second, une couleur orangée beaucoup plus lavée* Leurs teintes varient quand on multiplie les réflexions : le laiton devient orangé, le bronze des cloches est d'an beau rouge qui paraît peu mêlé de blanc. Un coup d'œil Jeté sur le tableau qui précède montre que ces résultats sont fidèlement représentés p|r le calcul. La liinite 4u jaune et de Torangé étant fixée à 9^'' 55', nous trouvons 103 degrés pour la teinte du laiton qui sera |iune, et la couleur du métal des cloches représentée par le nombre SS"* 10' est d'un orangé bien net. Ce dernier, réfléchissant 0,935 de blanc, est plus pâle que le laiton, qui en donne 0,887.
4prÀ8 10 réflexions, les tableaux assignent au bronze une teinte rouge dans laquelle se trouve très-peu de blanc (0,232); et le laiton, restant orangé, conserve encore 0,650 de blanc.
Un échantillon d'argent vierge, bien poli et d'une blancheur parfaite, donne, apr^ 1 réflexion, U =: 89' : c'esi une teinte orangée, naisafiTaiblie et rendue insensible par rénorme proportion de blase, ê,987. Dit réflexions donnent à ce métal une couleur toujours oran* gée, mais rapprochée du rouge (84'* 32'), et une proportion de Iih mière Manche assez faible (0,876), pour laisser apparaître la teinte propre. Il est remarquable que les couleurs du bnMize des cloches, après 1 réflexion, et de l'argent après 10, sont représentées par des valeurs de U sensiblement identiques (SS'IO) et (84»32'). Je fois cette remarque, en rappelant que, pour caractériser cette teinte de l'argent, B. Prévosf la compare à celle du bronze.
tOtlLËDM ftËS Méntix.
mi
Métaux de la Hcomk tirie.
Acier.
Bleu.
OraD(é rou|e«
Bleu indigo.
VioleU
Nous reproduisons ici d*dne mâtiière générale une remarque <{tfl A éié iiiite à Toceasion dé l'argent : U y a un gf and nombre de Métaux qui, sans être d'une blancheur parfaite, n'ont cependant pai ufie H^ lorationaaau oaractôriaée pour qu'on la pniaae claa^er dans l'échelle des couleurs. Les formules indiqueront cé cas eâ aeeusant une teinta êit«rniiiléo, mais co&fondtM dans une proportion tellement prépondérante de blanc, qu'elle deviendra insensible. Il est olair que la teinte varierait beaucoup pour un petit changement de la valeur des oonstantes, et pourrait être faussée par les erreurs d'observation^ Nous ne devons donc attacher dlmportance a la désignation de Id teinte qu'autant qu'elle entrera dans le mélange réfléchi en propor«* tion notable. Cette remarque est surtout applicable aux méiaux précédents. Ainsi, le zinc sera blanc après 1 réflexion, et ne paraîtra sensiblement coloré qu'après 10 réflexions. Ce résultat est vérifié facilement.
Pendant que tous les métaux se colorent par des réflexions multiples, l'acier conserve toujours l'aspect de la lumière blanche. Cet exemple, unique parmi nos métaux, est fidèlement représenté par nos calculs : après 1 ou 10 réflexions, la proportion de blanc reste à peu près la même, et tellement prépondérante, que la teinte accusé^ par nos tableaux ne peut être sensible.
Il nous reste à parler du métal des miroirs. U a donné les nombres suivants :
Après 1 réflexion 67° 25' 0,028 , 0,972
Orangé très-rouge.
Après 10 réflexions .... 53° 59' 0,292 0,707
Rouge orangé.
Ces résultats s'interprètent comme les précédents. Après 1 réflexion, le métal est blanc; après 10 réflexions, il prend une teinte rouge très-apparente : l'expérience vérifie ces résultats.
Conclusions.
Je me suis proposé, dans ce Mémoire, de chercher sur quelques exemples les lois de variation des constantes qui caractérisetiit les métaux, et d'expliquer la coloration de ces corps. J'ai montré :
l*» Que, pour tous les métaux observés, les incidences de polarisation rétablie diminuent du rouge au violet;
â"" Qu'une classe de métaux offrait des azimuts de polarisation rétablie augmentant du rouge au violet ;
30 Que, dans une deuxième classe de métaux, ces mêmes azimuts diminuaient au lieu d'augmenter;
W Dans le métal des miroirs, les azimuts décroissent du rouge jusqu'au vert, et augmentent du vert au violet ;
50 J'ai fait voir que tous les métaux de la première classe étaient nécessairement colorés des teintes les moins réfrangibles, et qu'ils devenaient toujours rouges après des réflexions suffisamment multi^
pliées ;
ô"* Que ceux de la deuxième ciasse, pouvant offrir toutes les teintes du spectre, étaient le plus souvent blancs;
7» J'ai calculé la teinte de plusieurs métaux, et montré qu'elle est toujours identique à celle que Ton observe. »
Quoiqu'il n'ajoute rien d'essentiel au beau mémoire de M, Jamin, nous croyons devoir insérer le rapport fait par M. Babinet, au nom d'une commission nommée par l'Académie des Sciences :
Rapport sur un mémoire de M. Jamin intitulé : Mémoire sur la couleur des métaux^ par M. BâBINëT.
« L'Académie a renvoyé à notre examen un mémoire de M. Jamin sur la couleur des métaux. On sait que, parmi les plus grandes difficultés de l'optique, se présente la couleur propre des corps, soit par réflexion, soit par transparence. L'Académie accueillera donc avec intérêt les recherches qui, même dans une partie restreinte de