‹ Répertoire d'optiquemoderne, ou analyse complète des travaux modernes relatifs aux phénomènes de la lumièreChapitre 33 sur 81 · COULEURS DES METAUX · texte numérisé non relu

COULEURS DES METAUX

cette grande question, seraient de nature à jeter du jour sur les difficultés du problème.

» M. Jamin a examiné comment on pourrait expliquer les couleurs propres des métaux sous l'incidence perpendiculaire et sous lesinci« dences obliques, dans le cas d'une seule réflexion ou de réflexions multiples, et il a vérifié les résultats de la théorie par des expériences sur divers métaux, pour la première de ces incidences.

» Dans un précédent travail, M. Jamin avait étudié sur les métaux les lois de la réflexion, tant par rapport à l'intensité qu'aux phénomènes de polarisation métallique. Il avait comparé avec succès ses résultats d'expériences aux formules théoriques de M. Cauchy. C'est en suivant ces recherches qu'il fut conduit à l'idée ingénieuse de tirer d'observations analogues la théorie des couleurs propres des métaux.

» Les formules de M. Cauchy sur la réflexion métallique empruntent deux données à l'expérience : l*» l'angle d'incidence, pour lequel un rayon d'abord polarisé complètement (et d'ailleurs dans un azimut quelconque), après avoir subi deux réflexions sur deux miroirs métalliques parallèles (réflexions qui, chacune en particulier, le dépolariseraient partiellement), reprend la polarisation complète, sans que le plan de polarisation soit resté le même que dans le rayon incident; 2^ l'angle de déviation du nouveau plan de polarisation comparé an plan primitif de polarisation du rayon incident. Ainsi, sous l'incidence d'environ 72 degrés comptée dans la normale, un rayon complètement polarisé à 45 degrés du plan d'incidence, étant réfléchi deux fois sur deux plaques parallèles d'argent poli, reste complètement polarisé; mais son nouveau plan de polarisation ne fait plus avec le plan d'incidence on de réflexion qu'un angle d'environ UO degrés, ayant ainsi subi une déviation ou rotation de 5 degrés. Tous les autres métaux donnent pour cette déviation un angle beaucoup plus grand que l'argent, tandis que l'incidence sous laquelle la polarisation est rétablie varie assez peu d'un métal à l'autre.

» Ces deux constantes une fois observées, la formule de M. Cauchy donne les intensités de la lumière réfléchie par les métaux sous toutes les incidences. M. Jamin n'a calculé et étudié expérimentalement que le cas des incidences voisines de la normale.

» Ce qui distingue le travail de M. Jamin, c'est l'idée importante

4450 POLAHIISATION p« M l^VMliRE.

qv'U q euQ cte mesurer les dçni constante» «a queitioo« pour les di* verses couleurs du spectre, ce qui n'avait pas encoro ^té fftU« UR9 fois 99 PQjssos^iou de c^g deux Apgles pour chaque rayon simple, il s'eu sert pour calculer le quenti^éde lutnière de chèque couleur que réfléchit lAsurfsGQ métallique eprès uueou plusieurs réflexions { puis» psrii r^le de Newton sur le mélange dçs couleurs, il détermine Tangle de la teinte résultante, et cette teinte elle-même, aveo la proportien de lumière blanche qui l'accompagne après une et après dii^ réfl^iions.

» Pepuis longtemps des e:ipénenees remarquables avaient «ti faites par le professeur Bénédict Préyost, et inaérées dans les ÀnfkiU^f 4^ çhmiç et(f0 physique de 1817< Elles étaient restées sans aucuns ei^pliçatiout M. Jamin en a fait sur l'argent, le enivre» le «inc, Is métal des miroirs, le bronze ou métal des cloches, le laiton ou l'açieri I^'cKpérience a fidèlement reproduit les prévisions de h théorie et réciproquement, M. Jamin, d'ailleurs, a reconnu, dans le cpurs de so« travail, de curieuses particularités ; ainsi, tandis que, pemr tous les métaux, les incidences de polarisation rétablie diminuent du rouge au violet sans exception , la déviation du plan de polarisation , au contraire, n'offre rien de (ixe relativement ^ la couleur, Certains wé^ taux, comm^ Targent, le cuivre, donnent pour VaT^imut du plan de polarisation du rayon réfléchi des angles qui vont en dimianant de rongo au violet ; pour d'autres, comme l'acier le mi^% «oi aniiA«9 vont en augmentant avec la réfrangibilité du rayon IncidfHii» Eti ij^f>8A pins étrange, pour le métal des miroirsi Taiinint 4ii plan de polarisation rétablie, apr^s avoir diminné du rov«o an verti «iigmenis ensuiie du vert au violet. Kl, Jamin calcule et observo ppi«r la o^ leur dn métal, dans le premier cas, nne teintée^ dominent l«a rayons peu réfrangibles, le ronge, l'orangé, le jaune } dans le aecond east ai contraire, on doit trouver, et Ton trouva nue leiote ot Iwennlem > grande réfrangibilité, |e v^et, l'indigo, lelbien« sont enanr«bo»dan«^ mais d'ailleurs moins sensibles, k eausie d'une prcqjMWtion plus eonsh dér^ble de la lumière blanche. Quant an métal dei mir^pe, «'est à la première classe qu'il app^tient, surtout après les réftesxionsmnltiplei; ce qui dWenrs était déjii connu dans les (^servatiems astionomi* ques, où la couleur des étoiles observées a^ec les télescopes ^ réflexiw est esiMmée constamment plp rougooupinar^^ppocèét^du roMg^

POUMSATlOM EtLlt>TlQtft. 1431

te» réekdlt da «pectre que quand robsertètiott 86 fiiit aa taajeû dei téltticopea à réfraeikHift.

ji M. Jamlii a déjàcommeoeé dés fecherehM dltérieuM mf les ati* tr» métant , et sortoot snr lea corpa ë forte réfraetion (dont l'indice est sot>érieure h 1*7), quiVassimilent am métaoi fiar la {iropriété de ne jaoMîs polaMaer oompléteinent la lumière incidente ordinaire , comme k diamant^ ie soofre» le fer apécnlaire, les oxydes et les sol* fnrea Btétalfiqnea « el qtti, de pins, prodnîsent» snr la lainière déjl polarisée, les effetàde la polarisation elKptiqoe on drcnlairé, aflnd*étodi^ le passage dessabsunces ordinaires aux snlMtancès métaUiqnes. la grande utilité de ces recherches n'a besoin que d'être mention* née.

» Tel qu'il est, le mémoiro de M. Jamin est complet dans son en« semble théorique et expérimental. L'importante Térification qu'il noua fournit des formules de H. Gauchy n'est pas un des moin^ dres mérites de ce mémoire. Mais, sous quelque point defue qn'oa l'enyisage, on devra toujours d'ailleurs le signaler comme étant le premier trav»I accompli avec succès sur les couleurs propres des corpsi

» Votre Commission vous propose de donner vôtre approbalioii an mémoire de M. Jamin, et d'en ordonner l'impression dans le Recueil des savants étraiq^s« »

Nous affirmons^ sans crainte d'être démenti, que les recherches dé IL Jamin sur la couleur des métaux sont un des plus beaux trataut ^ aioit eu l'optique moderne pour objet. Il complera un jour n nombre de ces mémoires hors ligne, que nos voisins d'ootre-ner àbàgae^t sous le nom de master-jneees, et qui sont dans l'instoire de k^nce comme unesorte^d'événement

Depuis, M. Jamin a présenté ^ l'Académie ime étude complète de la réfiexioo de la lumière ^ la surlace des corps transparents; nous croyons qu'il notis suffira « pour faire pleinement conortire es nouveau mémoires non encore puhUé, d'insérer le raifort fait par Ué Gauchy à l'AcadéSdié dsa Sciemses^

Bâpp&ft éûneemant tm Mémoirt dé M. JàMlUk sut la ré flexion dé ta lumière à ta surface des corps transparents, par M. CAUCflY.

é hefntfiPm rayon de Imoière^ propagé dans nn certaiD milie«,

1432 POLARISATION DE LA LDMiÈllE.

dans Tair» par exemple, tombe sur la surface extérieure d'un corps transparent, on voit paraître de nouveaux rayons' qui se propagent à partir de cette surface, et que Ton nomme réfléchis ou réfractés. Or, il importe de connaître et de constater , non-seulement les diverses circonstances de la réflexion et de la réfraction lumineuse , mais encore les lois de ces deux phénomènes. Sous ce double rapport , les nouvelles expériences et recherches de M. Jamin nous paraissent devoir être rangées parmi celles qui peuvent efficacement contribuer au progrès de la science. Entrons à ce sujet dans quelques détails.

» On sait qu'un rayon de lumière offre ce qu'on appelle la polari* sation rectiligne , circulaire ou elliptique, lorsqu'il est du nombre de ceux que Ton considère , dans le système des ondulations , comme renfermant des molécules d'éther dont chacune décrit une portion de droite, un cercle ou une ellipse. On sait encore qu'un rayon polarisé rectilignement disparaît lorsqu'on l'observe dans un azimut convenablement choisi , à travers un analyseur, par exemple, à travers une plaque de tourmaline ou un prisme de Nicol. On sait, enfin, que la couleur communiquée à un rayon polarisé rectilignement qui traverse d'abord une lame biréfringente d'une épaisseur convenable, spécialement une lame de chaux sulfatée , puis un analyseur , se modifie quand la polarisation devient elliptique ou circulaire. C'est à l'aide de ce dernier moyen , joint à l'emploi de la lumière solaire , que M. Jamin est parvenu à reconnaître l'étendue et la généralité d'un phénomène jusqu'ici observé par les physiciens dans un petit nombre de cas seulement. D'une expérience faite par Malus en 1808 , il résultait qu'une plaque de verre polarise complètement, dans le plan d'incidence > la lumière réfléchie par sa surface sous un angle de 57 degrés. En substituant au verre un grand nombre de substances diverses, M. Brewster trouva que chacune d'elles polarisait complètement la lumière réfléchie sous un angle dont la tangente était l'indice de réfraction. Toutefois M. Biot et d'autres physiciens montrèrent que la polarisation devient incomplète quand la réflexion est produite par la surface d'un corps très-réfringent , du diamant, par exemple ; et dans la lumière réfléchie par ce dernier corps, M. Airy reconnut les caractères de la polarisation elliptique, llrésultedes expériencesde M. Jamin que ce genre de polarisation est généralement produit par la réflexion de la lumière à la surface de presque tous les corps,

BoiK^uIement de cenx qui sont très-réfringents, mais aussi de ceux qoi réfractent peu la lumière , et du verre en particulier, sous des incidences ordinairement peu différentes de Tangle considéré par M. Bréwster. Les exceptions à cette règle sont extrêmement rares ; et si, jusqu'à présent, on n'a pas reconnu la polarisation elliptique dans les rayons réfléchis par les corps dont le pouvoir réfringent est peu considérable, cela tient surtout à ce que, pour une certaine incidence , la lumière transmise au travers de l'analyseur échappait à Tœil en raison d'une trop faible intensité.

» Après avoh- constaté la polarisation incomplète des rayons réflé« chis par la plupart des corps transparents, M. Jamin a voulu mesurer avec exactitude les effets de la réflexion. |Pour y parvenir » il a fait construire un nouvel appareil d'une précision remarquable. Dans cet appareil , un rayon solaire , polarisé par un prisme de Nicol dans un certain azimut, se transforme, quand il est réfléchi sous une incidence convenable, en un rayon doué de la polarisation etlip-^. tique, et, par conséquent, décoraposable en deux rayons plans qui , polarisés, le premier dans le plan dMncidence, le second dans un plan perpendiculaire , offrent des nœuds distincts et des phases inégales ; pois la différence de phases entre les deux rayons composants se trouve détruite par un compensateur à plaques croisées qui- glissent Vnne sur l'autre, et se mesure à l'aide d'une vis micrométrique. (On sait que M. Babinet a formé le compensateur , ici utilisé par M. Jamin, en taillant sous le même angle, dans un cristal de quartz» deux prismes à base triangulaire , qui offrent , le premier des arêtes parallèles , le second des arêtes perpendiculaires à l'axe optique , et en substituant le système de ces deux prismes superposés au système de deux plaques croisées, mais à épaisseurs constantes, dont M. Biot avait signalé les propriétés.) Le rayon réfléchi étant alors réduit à un fayon plan , l'observateur le reçoit sur un analyseur à l'aide duquel il détermine son azimut M. Jamin remarque, avec raison, qu'il est ntile de donner au rayon incident fourni par le polarisateur un azî- QiQt peu différent d'un angle droit, et que cette dernière condition, supposée remplie , augmente considérablement l'exactitude des résultats déduits de l'observation. Dans toutes les expériences de M. Ja- Qùn, l'azimut du rayon incident était de SU degrés.

» Après avoir étudié, conojne en vient de le dire, les effets de la

1434 POUftfflATfOU M lA Ltttiite. I

réflf lioti prodait« tons ûm incidences ditems p«f dtt ffilM nmbré de corps, M. Jamin n'a rencontré qoedenisabstaflCes tfpi loi ilenl para offrir le phénomène de la polarisation complète, savoif : Il mé* nilîte, et Talon taillé perpendiculairement à Taie de l'octaèdre qai représente sa molécule intégrante. Ponr tontes les antres sttbstances, Tangle d'incidence, qni ayait pour tangente l'indice de réfraction, était, non pas un angle de polarisation complète, mais, à très-peu près, nn angle de polarisation maximum.

» Lorsqu'un rayon simple et polarisé rectitignement, après avoir été réfléchi sons une incidence quelconque par un des corps transparents qni sont aptes à produire le phénomène de la polarisation Complète, est décomposé en deux rayons polarisés, Pnn dans le plan d'incidence, l'antre perpendiculairement à ce plan, la différence de phase entre le premier et le second des denx rayons composante peut être^ comme l'on sait, représentée, an signe près, on par une demi^clrconférence 7t, on par une circonférence entière Stt, suivant que l'incidence adoptée est inférieure t>a supérieure à l'angla de polarisation* Si» i un corps qui polarise complètement lalnmlère, on substitue un métal, la différence de phases dont il s'agît Tariert par degré» insensibles, depuis l'incidence normale jusqu'à l'incidence rasante, en passant d'une manière continue de la limite ir à il liintte 9# (»oîf* le tome II des Comptes rendus^ page ^28). Enfin, Si la lottiièrê èsi réfiécbiépar une substance transparente qnelconqn^ riofêi Comme lo coflstMeni les expériences de M. Jamin , la différence de phases, aensiblement stationnafre dans le rolsinage de Pifl'* eMence ra^nte on normale, passera de la limite ir à la limite 2ir, tandis qne Tangle d'incidence tariera eiitre deui valeurs extrêmes qni, pour les corps peu réfringents, feront toutes deux très-voisines de l'angle de polarisation maximum. Ajoutons que les expériences de M. lamin, après lui avoir donné des valeurs positives de la différence des phases pour la plupart des substances employées, ont fourni pour trois d'entre elles des valeurs négatives.

9 Ce changement de signe dans .la différence des phases est d'autant plus remarquable qu'il n'était pas prévu. Les trois substances pour lesquelles il a été constaté par M. Jamin sont le silex résinite, l'hyalite et la fluorine, qui, tous trois, offrent un indice de réfracfkMi peu cMéfent de l,ft».

MUmSATtOll BLttWtQOB. 448S

9 ParioBÉ malBteDànt dei eonrtqaêneeg linportànfas qui 9e dédu!mu 90UM I0 rapport théorique, des etpérietices de M. Jamin.

» En parlant de là notion das Tlbrations traniversalea de l'étfaef , dédoUea d'éxpérieneea qu'il avait /aitea avec M. Arago, et de qne^ qQQi hypothèaea plus ou inoina vraiaemblablea, Fresnel âtait parvenu i découvrir, pour la réfleiion et la réfraction de la lumière à la aur^ ficedesçorpa tranapareota» dea formules qui auppo§aient rexiatencê 4*na angle de polarisation complète. D'autre part, lorsque l'on oon** KTvei conformément aux indications de l'analyse mathématique, la QotioQ des vibrations tran3versales dans les rayons lumineux, et qu'en même temps on substitue aux hypothèses admises par Fresnel les prificipçs de la mécanique moléculaire, spécialement le principe de la continuité du mouvement dans l'éther, tel qu'il a été déQni dans I9 précédente séance, on arriva aux formules que l'un de nous a établies dans l'année 1839 (tomes YIU et IX des Comptes rendus^ séaqcesdu l*"' avril et du 35 novembre), et qui comprennent, comme cas particulier (tome VÏII, page dll), les formules de Fresnel. Enfin, si, à l'aide des nouvelles formules, on détermine la différence de phases entre les deux rayons composants dont le système peut être substitué h un rayon réfléchi doué de la polarisation elliptique, cette différence, diminuée de tt, se réduira, dans une première approximation, à la somme de deux angles positifs, mais inférieurs i^ n^ dont les tangentes trigonométriques seront

6 sin T tang (t + O, e sin t tang { t **- f*),

T étant Tangle d^incidence, t' l'angle de réfraction, et s im co^cieAt très-petit. Ajoutons que si, 1 étant la longueur d'ondulation

^« le rayon incident, on poaa k sz? ^, cm aora seaatUemeiit

^a V éuni lea Qoeflicients d'extinoUoo desrayone èvaneeeems, sons l'iaddeece normale* dana Tair et dans le oorpa donné*

» Or, apréis avoir opéré comme il a été dit eh-deasm, et rtconini 4Qe la polarisalion incomplète de la Inmidre réfléchie par ta plnpart ^^m m vmm tim w sénére) d'apfliqMr m» phéneniènes

i436 POLARISATION DE LA LUMIERE.

de la réflexion sous une incidence quelconque les formules de Fresnel, M. Jamin a youlu comparer les résultats de ses expériences ayec ceux que fournissent les nouvelles formules. Ici, comme dans ses précédentes recherches, la théorie s*est accordée avec l'observation d'une manière inespérée. Ainsi, par exemple, le rayon incident étant réfléchi par le sulfure d'arsenic sous une incidence variable de 50 à 85 degrés, le rapport de la différence de phases produite par la ré<flexion à une demi-circonférence a varié de 1,018 à 1,979 ; et, dans une trentaine d'expériences correspondantes à autant d'incidences diverses, la différence entre les nombres fournis par l'observation et la théorie a presque toujours été inférieure à 0,01 .

» Il est utile de le remarquer, les nouvelles formules renferment seulement, avec l'angle d'incidence, deux constantes qui dépendent de la nature du corps soumis à l'expérience, savoir, Vxndlce de ri" fraction et le coefiicient e, nommé coeffictent d'ellipticité par M» Jamin. La constance de ces deux coefficients a été diversement établie. La constance du premier ou de l'indice de réfraction est la loi de Descartes, établie d'abord par l'expérience, puis confirmée par la théorie. La constance du second, indiquée d'abord et prévue par la théorie, se trouve aujourd'hui confirmée par les expériences de M. Jamin. Ajoutons que les données fournies par ces expériences ont permis à M. Jamin de déterminer, à l'aide de la réflexion seule, et avec une grande exactitude, les indices de réfraction des substances qu'il avait employées.

• D'après ce qui a été dit plus haut, s ou le coefficient d'ellipticité est la différence de deux fractions qui offrent un numérateur commun et qui ont pour dénominateurs les coefficients d'extinction du rayon évanescent dans l'air et dans le corps soumis à l'expérience. Par suite, s s'évanouira, et la polarisation sera complète sous une certaine incidence, si les coefficients d'extinction mesurés dans l'air et dans le corps sont égaux. Dans le cas contraire, ^sera positif oa négatif, avec la différence de phases produite par la réflexion, suivant que le premier des coefficients d'extinction, mesuré dans l'air, sera supérieur ou inférieur au second. Dans les Comptes rendus de 1839 (2® semestre), l'application, faite à la page 729, des formules générales données à la page 687, supposait implicitement que le coef-

COULEUR DES GORPâ. HZl

(mat d'extinction mesuré dans l'air devient infini, et, dans cette hypothèse particulière, e ne pouvait être que positif. M. Jamin ayant proavé par ses expériences que e devient négatif pour certaines substances, il [faut en conclure que le coeflScient d'extinction du rayon é?anescent dans l'air conserve une valeur finie, et qu'en conséquence Tintensité de la lumière dans ce rayon n'est pas rigoureusement nulle.

» Remarquons encore que si la lumière» au lieu de passer de l'air dans un premier on dans un second corps diaphane, était transmise da premier corps au second, la valeur de e correspondante à cette troisième hypothèse se déduirait immédiatement des valeurs de s relatives aux deux premières et s'évanouirait, si ces valeurs étaient égales, en donnant naissance au phénomène de la polarisation complète des rayons réfléchis sous une certaine incidence. II serait bon de vérifier, par des observations directes, ces conséquences de la théorie. Ce serait là un nouveau sujet de recherches sur lequel nous appellerons volontiers l'attention de M. Jamin.

)) £n résumé, les commissaires sont d'avis que le Mémoire soumis à leur examen peut contribuer efiicacement aux progrès de la science» non seulement en raison de la précision des méthodes d'expérimentation employées par l'auteur, mais aussi à cause des résultats qu'ont donnés les expériences, et de Tappui qu'elles apportent à la théorie de la lamière, en confirmant les lois de réflexion que fournissent les principes de la mécanique moléculaire. Ils pensent, en conséquence, qae le Mémoire de M. Jamin est très-digne d'être approuvé par l'Académie et inséré dans le Recueildes Savants étrangers^ »

Les conclusions de ce Rapport ont été adoptées.

Note sur la couleur des corps ^ par M. Botzenhart. *— Remarques de M. Haidingeb.

En examinant par la loupe dichroscopique la lumière réfléchie à la surface des substances colorées , on observe sous l'angle de polarisation et sous une certaine inclinaison de la lumière incidente, quand la section principale du rhomboèdre de spath d'Islande est parallèle ou perpendiculaire au plan de réflexion, que Tune des deux images est presque blanche , tandis que l'autre présente la couletu:

1438 POLARISATION Pli hk tVMiÈRE.

du corps soumis k l^iameii. La lumière de rimige blnidle m, pola««

risée dans le plan dlocideocei celle de Tioiage colorée l'est perpcn* diculaîrement à ce plan. M. Botzcnbart eu conclut qa*uae portion de la lumière qui tombe sur les corps colorés est réfléchie k leur surface sans subir de modification par rapport à sa couleur « tsodie que i*autre portion, celle qui dans la loupe dicbroscopique epparatt colorée, vient de ilniérienr même des substances colorées, et trrWe à Taetl après avoir subi une véritable réfraction. Comme ce pbfofi^ mène s'observe sur toutes les substances examinées jusqu'à présent^ il faut y voir une preuve nouvelle de la transparence de tous les corps jusqu'à une certaine profondeur.

Nev^ton déjà a expliqué les couleurs naturelles des substances par mi^ réflexion intérieure, et cette explication a été acceptée par beeticoiip de physiciens. M. Botzenhart croit que l'observation que noasveiMBS de décrire, et qui est facile à répéter, fournit une preuve expérimen* taie de la vérité de la théorie de Newton. Nous sommes loin do partager son avis. M. Ilaidinger a complété et vérifié l'expérience m peu superficielle de M. Botzenhart. II commence d'abord par étudier l'état de potarisation de la lumière colorée réfléchie. Des denx images de la loupe dicbroscopique. Tune, l'image supérieure ordinaire, est éclairée par de la lumière blanche réfléchie à la surface, l'autre, l'image inférieure extraordinaire, est colorée de la couleur de la substance. On serait peut-être tente d'en conclure qu'en général « la lumière colorée est extraordinairement polarisée, c'est-à-dire perpendiculairement au plan d'incidence. Cependant cela n'a pas lieu ; «ette lumière est de la lumière naturelle. Si l'on regarde du papier coloré mat ou non glacé, on d'autres surfaces colorées sans éclat, comme, par exemple, des pétales de fleurs diversement nuancées, on remarque que les deux images sont de la même couleur; la lumière naturelle colorée de l'objet» eu sortant de son intérieur, se partage en deux rayons de la même couleur, polarisés perpendiculairement l'un à l'autre. J>a papier blanc, mat, donne deux images égales, quand on l'éclairé par la lumière solaire à travers des verres colorés. , Du verre d'os, pbosfhatede chaux tranf^parent etpoli^donne également d^ux images de couleur uniforme, si l'on r«^garde le rayon réfléchi à travers un verre coloré ; sans cela, l'image supérieure reste biancbe par réflexion. Du verre noir» éclairé par la lumière solaire à traveis

PMAKI84TI0M BLUPTIQOS. 4430

im veiT« colora, donne pne ioiigo Hipirteore eoiprét» ttiidk que rimaga iuférieurQ ^t noire.

IL Hlôdinger a conatrqit un appareil particulier qu'il a Bomaé tHehrophtme. de f «{vnv, apparaître, et qui rend facile i'exaipen de la Inmière mixte bicolore que Ton observe par transmission. La loffiière réfléchie sous l'angle de polarisation par une glace ordinaire est de nouveau réfléchie dans l'œil sous le même angle par une lame de verre colpré. On colore le premier rayon au moyen de lames de verre d'une couleur quelconque. Si maiotenant Ton regarde avec la loupe dichroscopiqoe la lumière qui a seulement traversé la première lame de verre coloré, alors les deux images août ^ peu près de la même couleur : car la transmission à travers une seule Urne polarise U'ès-peu la lumière. Mais, si Ton éclaire la lame par la lumière réflé* chie h la surface du miroir, la réflexion de la lumière polarisée mo* difie considérablement le phénomène, de telle sorte que la cooleiir passe tout entière dans Timage inférieure.

L'impression simulunée et plus forte de celte même lomière polarisée efface celle de la couleur plus faible.

On peut régler l'observation des couleurs dans le dichrophane, soit par une combinaison convenable de teintes plus ou moins foncées, 8ûiten ajoutant des lames de verre dépolies.

Sur la neMté de la vision produite dam certains cas par Fem-^ ploi dans les microscopes de la lumière polarisée , par sir David

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