QUANTITE
de sucre dans iiD
litre de petit
laB.
DEGIt<9 TROUVÉ».
de sii«ré daman
litre de petit
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»Jc dois rappeler que, d'après mes expérienees, 1000 grammes de petit-hit renferment 57 grammes environ de sucre. Cette proportien correspond, d'après la table, à-peu-près à 28 degrés, mais 0 est nécessaire d'accorder une tolérance de 2 ou 3 degrés. LeMait vendu ^ns le commerce ne marque au saccharimètr e quedef9à2S degrés. »
Pouvoir rotatoire des sucres renfermés dans le mie/, par M. SouBEiBAN.
M. Soubeiran , en étucKant le miel à l'aide do saccbarhnètre, est arrivé à miecra préciser la nature des sacres qae h miel coaiieBl ; voici les conclueiens d« son travail :
« En résumé, les expériences contenues dans mm MéfiMûre éu^ blissent les faits, ^^v^i^;
» Le miej se compose de trois sucres différents : l'un est le sucre en grain déjà connu,
» Un autre est le sucre liquide, qui se rapproche, par un grand nombre de caractères, du sucre de canne Interverti par les acides ; mais qui s'en distingue en ce qu'il ne se transforme jamais en sucre en grains, et en ce qu'il possède un pouvoir rotatoire vers la gaache beaucoup plus fort.
» Le pouvoir rotatoire absolu du sucre liquide du miel, à la tempéralure de + 1 3 degrés, pour le rayon rouge, et pour une longueur de 100 millimètres, a été trouvé égal à ^ 13,103, taudis que celui du sucre interverti dans les mêmes conditions a été trouvé égal seulement à — 18«,938.
» Le sucre lipide àù mii4 eonsertele ponvoir rotttoiré fer» b gtiieh0,ii)€meq>rè5qfi'flaéléâffienéàr«ut Mrfide; il eMi dtt peih nombre des corps sor lesc^uels fm a pu constater ce earaotèré.
•Le troisièiiie sacre qoi fait partie da miel se distingue du sacre e» grains, en ce qu'il est înterrertfble par les acides, et da sacre Hqaidè, en ce qu'il exerce sa rotation rers la droite. Sa proportion, qtfi est assez forte dans le miel encore Kquide des ruches, diminue avec fc tenips, et peut même disparaître entièrement dans le miel solidlfllé. »
Propriétés optiques de l'acide camphorique^ par M. BOUGHAROAT.
U acide camphorique et ses nombreux dérivés agissent sur ta lu^ tnière polarisée. —De l'acide camphorique fut dissous dans de Falcohol; la solution, examinée dans un tube de 299 millimètres , exerçait une déviation de -f- 12' à droite.
Il était important de constater rinfluence des alcalis sur le pouvoir moléculaire rotatoire de l'acide camphorique. Cette dissolution fut saturée par i/2& de son volume 4e soude caustique ; la déviation diminua, elle ne fut plus que de 70.
Ces expériences furent recommencées à la température de ■{- 41 degrés avec des dissolutions dosées. .
Autant qu'on peut le déduire d'une seule observation, le pouvoir moléculaire rotatoire de l'acide cantphoriqne est de + 38,B7&.
Ce pouvoir décroît notablement par la saturation à l'aide d'un alcali. Il se rétablit par l'addition d'un excès d'un acide fort.
M. Biotafait remarquer que le fait annoncé ici parlât. Bouchardat offre deux sortes d'intérêts : premièrement, il a été découvert par une induction raisonnée, ce qui est déjà satisfaisant comme résultat scientifique ; secondement^ il fournira une série d'études chimiques très-fécondes. En effet, nous n*avons pendant longtemps connu qu'un seul acide doué du pouvoir rotatoire : c'était l'acide tartrique; mais la variabilité singulière que Ton observe dans les dispersions qu'il produit sur les plans de polarisation des rayons lumineux rendait difficile de remployer, avec une suffisante simplicité, à des recherches de mécanique chimique. M. Bouchardat avait, à la vérité, reconnu que Tacide amygdalique exerce un pouvoir rotatoire de même sens
4 §40 POLARISATION ROTATOIBE*
qu'elle ; mais le haut prix de ce produit était un grand obstacle aux applications qu'on en pouvait faire. Enfin, les deux acides à pouvoir rotatoire opposé, que M. Pasteur a obtenus en dédoublant Tacide paratartrique, n'ont été isolés jusqu'ici qu'en quantités très-petites, et seulement suffisantes pour constater leur existence individuelle, ainsi que leurs propriétés caractéristiques. L'acide camphorique, ajouté à cette liste, se prêtera mieux à toutes les études que Ton désirerait. Les acides camphovinique et camphométbylique, auxquels il donne naissance, étendront encore ce champ d'applications. Ses combinaisons avec les alcalis végétaux, auxquels M. Bouchardat a reconnu des pouvoirs rotatoires de même sens ou de sens contraire, fourniront des combinaisons neutres ou actives, dont on pourra suivre à Tœil toutes les modifications dans l'étal de liquidité. Ses solutions dans Tacide acétique et i'alcohol, étudiées comparativement à celles du cafliphre, dans les mêmes milieux, offriront des rapprochements curieux entre l'action optique du radical neutre, et de ce même radical suroxydé. Enfin, en suivant une analogie qui n'aurait rien de trop invraisemblable, ne serait-il pas possible quel'acide tartrique, partiellement désoxydé, conduisît à découvrir aussi un radical organiciue neutre , qui lui donnerait naissance, et qui posséderait un pouvoir rotatoire propre dont le sien serait dérivé.
Sur quelques jihé nommes rotatoires et quelques proptiété s des sucres ,
par M, DCBRO^FAUT.
«M. Mitscherlich a constaté le premier l'influence qu'exerce la température sur le pouvoir rotatoire du sucre interverti. En introduisant des sirops chauds, dont un thermomètre indiquait la température, M. Dubrunfaut a cousiaié que l'influence de la chaleur peut être telle que le sons de. la rotation pouvait en être interverti de gduche adroite.
fl Les dissolutions de sucre de canne, de sucre de fruits, de glucose, de dcxtrine, elle cristal de roche perpendiculaire à l'axe, sont, parmi les substances que M, Dubrunfaut a examinées, celles qui subissent daiis leurs propriétés roUloires des changements variables avec h tcaipcrat^ire.
POLARISATION ROTaTOIRË. 1544
» Le sacre de canne n'éprouve qa*un abaissement de 0,0& dans son pooToir rotaloire pris de 18,7 de température, en le chauffant à 80 degrés. £n corrigeant ce nombre à i*aide des coefficients de la dila^ tation du laiton (matière du tube) et du sirop, on trouve que le pouvoir rotatoire du sucre de canne, pour une transition de 100 degrés de température, de 0 à 100% ne serait abaissé qu*à 0,0232 du pouvoir rotatoire pris à 0, ce qui ne représente qu'une quantité très-petite par rapport à Teiïet analogue que subit le sucre interverti. Le pouvoir rotatoire du supre de canne est affaibli dans sa combinaison avec les alcalis, il Test plus par h chaux que par la potasse. Ce fait est mile à connaître pour l'essai optique des sucres de betteraves du commerce, qui contiennent parfois des saccharates alcalins.
» Le glucose en dissolution n*a pas donné d'altération sensible dans son pouvoir rotatoire entre 18 et 80 degrés de température. L'immobilité du plan de polarisation dans cette circonstance n'est qu'apparente, car, si Ton exécute les corrections de dilatation du tube et du sirop, on trouve que, pour une variation de 100 degrés de température de 0 à 100 degrés, la rotation a marché vers la droite de 0,0462 du pouvoir rotatoire pris de 0. Le glucose bien épuré possède le même pouvoir rotaloire, quelle que soit son origine. Cl'est ce qu'on a pu constater sur du sucre de raisin, sur du glucose de fécules et sur des glucoses de diabètes, de miel et de sucre interverti, préparés par M. Soubeiran. Il esta remarquer que le pouvoir rotatoire du glucose est fort aflaibii dans sa combinaison avec la chaut; il n'en est pas de même de sa combinaison avec le sel marin, où ce pouvoir est conservé dans toute son intégrité.
» Le sucre interverti pouvant se transformer en glucose, et, dansce cas, le sens de la rotation étant reporté à droite, il sera utile de tenir compte de ce fait dans l'application des procédés d'analyse optique des sucres, pour ne pas se tromper en fixant le nombre quantitatif du sucre de canne.
» Les propriétés suivantes sont à ajouter à celles qui sont déjà connues pour caractériser le glucose et le distinguer du sucre liquider, avec lequel il possède plusieurs propriétés communes.
» Si l'on dissout rapidement dans l'eau, à une température àe 12 à 15 degrés, le sucre G^H**0*S et qu'on observe de suite son action
154S POUmSATION ROTATOIAfi.
sur uo foisceau polarisé, on trouve qu*il possède oa p<KiT«ir rotatoîf^ presque double de celui qui a été assigné par M. Biot i cette Mib« stance. Si Ton chauffe le tube» on voit le plan de polarisation tourner rapidement vers le 0, pour se fixer définitivement au pouvoir du glu* cose dissous» qui diffère peu du nombre donné par M. Biot. Cet effet se produit aussi àja tjempérature ordinaire, mais il laut alors plusieurs heures pour qu'il soit complet.
» A la température ordinaire, la rotation rétrograde du glucose dis* ^ous est très^sensible pendaot les premiers temps do Texpérieace» Il (Bst donc imposable d*assi|;ner maintenant la valeur numérique ab^ solue de cet effet» car on ne sait pas ce qui se produit pendant le temps de la dissolution, qui, elle-même^ est accompagnée d* un abaisse^nient de température : cependant, dans les conditions les ^us favorables où Ton a pu l'observer, ce pouvoir, que Ton peut appeler pou* voir rotatoire du glucose cristallisé, est égal à 06/38 du pouvoir rotateire du môme sucre dissous à chaud.
»£n dissolvant dans un même vplume d eau des quantités desucrede cUinO) de sucre interverti et de glucose, de manière à donner k cette 4au une même saveur sucrée» on peut conclure les rapports des puissances saccharines dessucres. C'est ainsi que M* JDubrunfaut a trouvé 4i«'eii rejjprésentânt par Tunité le valeur du glucose pur, celle da 9«cre interverti est représentée par l^S, et celle du sucre de canne {Nur S. Ces changements sont produits dans une même substance par 4«s réactions que la polarisation permeit 4e suivre et de mesurer avec l'iaU, i l'eidasion d'autres procédés chimiques plus complexes.
» La dextrine perd aussi de son pouvoir routeire per l'élévatiende lempéraliire : cette altération épU les 7 centièmes du pouvoir ro-* lUeire è le température ordinaire.
• Deux plaqnes de cristal de roche perpendiculaires k l'ane» de rotations contraires, et se compensait periaitement» ont donné cbacune» à 20 degrés de température, 108 degrés de déviation inverse, en les mesurent avec rappareil de M. Blet sur la teintf d^ fMMsefe» ce qui, liivaal les forsanles de ce lavant, correspond airec une épajaseM* de A"^, 538. En les chauffant ati bain-marie dans un i^areil i|>éeial, ai< J)ubrun(aut a obtenu 109° 5 k une Umpérature de 99 degrés, soit vue élévation du pouvoir rotatoire 4e 1* èO pour 70 digrès du
POLAHISATION ROTAT01BE« 1613
thermomètre cenligrade. Il a rendu cette propriété bien palpable en chauffant les plaques avec une lampe à alcohol, après les avoir placées dans une direction perpendiculaire à un faisceau de lumière polarisée. La rotation due à Télévation de température a été, en effet, dans ce cas, de 12 degrés environ ; les plaques avaient été chauffées avec ménagement et sans qu'on les fît rougir. »
M. Glergët, de son o6lé, avait reconnu et publié avant M. Dnbrunfaut que la déviation après Tinversion décroît proportionnellement à l'accroissement de température pour une dissolution donnée. C'est, du reste, à l'acidulation par l'adde chlorhydrique, dont l'em* ploi lui paraît préférable à tout autre, que se rapportent les nombreuses observations qui lui ont fait connaître cette loi entre les limites de -f 10 à + 25 degrés centigrades.
Il a constaté de plus que, pour une même température, le coefficient de l'inversion obtenue par une méthode constante augmente un peu avec le titre saccharin de la dissolution ; mais il existe dans les limites de titre appropriées aux analyses une formule approximative qui représente, avec une exactitude sufffisante, cette dernière variation, et complète les éléments de construction des tables de M. Clerget.
Noos ne quitteroiâ pas le âaccharimètre et ses nombreuses appli»catbos sans faire remarquer l'avantage immense qu'ont sur les «lalysBS chimiques les déterminations qualitatives et quantitatives faites par des observations physiques. La supériorité est si évidente «|«e dans qûeiqueis années on ne demandera plus à la chimie une seide analyse de substance alimentaire on commerciale. L'alcoholomètre de M. l'abbé Vidal, et l'alphitoscope de M. Donny, suflBsentdéjà phàoenient à l'examen des boissons alcoholiques et des farines; le saccharimètre analysera bientôt complètement la bière, le lait, le miel, ainsi qu'il analyse 1^ différentes sortes de sucre, etc. , etc. Comme exemple de cet heureux progrès nous insér^erons ici la description générale de la méthode optique par laquelle le si savant et si ingénieux physicien de Munich compare si rapidement et si efficacement toutes sortes de Mères. Cette méthode est inconnue en France, et elle y recevra un perfeciionoement considérable» car le saccharimètre donnera imoiédtatement la quantité de sucre que X^bier-ft^obe donne indirectemeat
Épreuve optique, — Appareil d'épreuve de la bière, par M. Steinheil, de Munich.
De même que le pain du boulaugei* doit être d'ua certain poids, ainsi un litre de bière doit contenir légalement une certaine quantité de malt. Il n'en résulte pas que toute bière qui contiendra cette quantité déniait sera de bonne bière ; elle n'acquerra cette qua« lité qu'après le jugement d'une commission de couuaisscurs. L'examen qualitatif de la bière est réservé aux dégustateurs; mais la détermination quantitative des substances qui entrent dans cette boisson appartient aux chimistes ou aux physiciens, et elle laisse beaucoup à désirer, puisque la science n'a pas encore indiqué une méthode simple et sûre pour décider si les prescriptions de la loi ont été observées ou non. Les aréomètres, qui donnent le poids spécifique des liquides pour une certaine température, ne sont point applicables à l'épreuve de la bière, parce que toutes les sortes de bières contiennent en même temps du sucre et de Talcohol. Le poids spécifique du sucre est plus grand, le poids spécifique de l'alcohol est plus prtit que celui de l'eau. On conçoit donc qu'on puisse introduire dans la bière une quantité quelconque de ces substances, sans que son poids spécifique cesse d'être égal au poids spécifique de l'eau. Il suffit pour cela d'employer autant de sucre qu'il est nécessaire pour compenser la légèreté relative de l'alcohol. L'aréomètre donnerait donc simplement le rapport des quantités de sucre et d'alcohol employées, mais non leurs quantités absolues. Ce rapport du sucre et de lalcobol varie d'une sorte de b'ère à l'autre, et, par conséquent, l'aréomètre ne suffit pas à déterminer les quantités de sucre et d'alcobol produites par le malt introduit dans la fabrication.
Cette absence d'un moyen suffisamment sûr et simple d'arriver à la connaissance de la quantité de malt contenue dans la bière se faisait depuis longtemps vivement sentir, et le gouvernement bavarois exprima dans plusieurs occasions le désir de voir remplir enfin cette lacune. Sur sa demande, M.Fuchs, conseiller aulique, découvrit l'épreuve balimèirique de la bière. Sous le rapport de l'exactitude, cette méthode rend tous les services qu'on devait en attendre. Comparée aux procédé» connus et employés dans l'analyse quantitative de la bière.
POLARISATION ROTATOIRË. 4545
eUe est beaucoup plus simple, et demande moins de temps : elle exige cependant un expérimentateur exercé, de nombreux appareils et un temps considérable (au moins deux heures) ; sous ce rapport elle laisse trop à désirer.
Ces inconvénients amenèrent M. Steinheil à cbcrcher une autre solution de ce difficile problème^ à se demander si Ton ne pourrait pas arriver par des observations physiques ^impies, faciles et à la portée de tous, à ramener rexamen de la bière à la lecture des chiffres d'une table toute faitoi Le succès a prouvé la possibilité de cette tentative. Le mémoire du savant physicien : De l* analyse quantitative par des observations physiques, imprimé dans le y volume, partie III, des Mémoires de l'Académie de Munich, en fournit la preuve.
Jusqu'à présent Taréométrie ne donnait que les rapports quantitatifs d'un mélange de deux substances, de sucre etd'etiu, par exemple, d'alcohoi et d'eau, d'acide sulfurique et d'eau, etc. , etc. Mais quand une troisième substance entrait dans la solution, il fallait, avant tout, en séparer une chimiquement, pour arriver à déterminer les quantités relatives des substances renfermées dans la solution ternaire. Or, M. Steinheil a trouvé le moyen de déterminer ces quantités relatives sans analyse chimique. Ce moyen consiste dans l'observation d'une seconde propriété pliysique, qui se manifeste à différents degrés dans les diverses substances qu'il s'agit de séparer. Supposons que le poids spécifique soit l'une de ces propriétés physiques, et que la réfraction de la lumière soit l'autre: de même que toutes les substances diffèrent sous le rapport du poids spécifique, elles diffèrent aussi dans leur pouvoir réfringent. Ces propriétés physiques se conservent dans le mélange, et il en résulte qu'en observant directement le poids spécifique et le pouvoir réfringent du mélange, on pourra retrouver par le calcul la quantité des substances qui le composent. Quand il s'agit de déterminer les poids relatifs de deux substances solubles dans l'eau, on a affaireàdeux inconnues ; maisl'olv servatîon des deux propriétés physiques donne deux équations qui suffisent au calcul des inconnues, quand les autres coefficients des équations sont donnés. Ces coefficients s'obtiennent par l'examen de mélanges dont on connaît d'avance la composition. En se donnant un nombre suffisant de mélanges dosés des trois substances, et me^ jurant, tour à tour pour chacun de ces niélanges, le poids spéci-
1546 POLARISATION ROTATOiBfi.
fique et i*indîce de réfraction, ou forme des tables q«it une fois construites, donneront à leur tour les quantités relatives des sob^ stances composantes, quand on aura observé les propriétés physiques du mélange. Revenons à Texamen des différentes sortes d^ bière dont il faille déterminer le contenu en sucre et en alcohol. Oa conçoit facilement qu'on puisse former, pour ce genre de mélanges, une table qui donne, en parties du mélange, les quantités relatives de sucre et d'alcobol, correspondantes aux propriétés physiques observées de la bière, son poids spéciûque et son pouvoir réfringent. De cette manière, Tévaluaiion du contenu en sucre et en alcohol se ramène è Tobservation de ces deux propriétés physiques. Il ne reste plus par conséquent, pour résoudre complètement le problème, que de rendre les observations tellement faciles, que toute personne qui sait lire une échelle puisse les faire sans fatigue. Le poids spécifique s'obtieot facilement à Taide de Taréomètre en verre. Il ne reste doue qu*à construire un instrument qui permette d'observer avec la même facilité la réfraction de la lumière dans les dilTérents fluides. Cet iastrument a été inventé par M. Steinheil, qui lui a donné le nom de quanti lomètre, gehaU messer, 11 en a donné la description dans un mémoire spécial, imprimé en 18^2, sous le titre : Quantitomètre de M, Steinheil^ et son emploi dans Tépreuve de la bière. Nous ne donnerons ici que la description générale de Tinstrument. G*est un vase cylindrique, divisé par 3 verres plans en deux prismes liquides, dont les angles de réfraction sont égaux et placés en sens opposés. Un de ces prismes est rempli d'eau distillée, et Ton verse dans l'autre la bière q«'il s'agit d'examiner. A travers ces prismes, remplis de liquide, on regarde un fil métallique en s'aidant d'un microscope. Ce fil métallique sert à l'orientation des fils croisés qui se trouvent dans Toculaire du microscope. Le changement de position du fil métallique s'opère au moyen d'une vis micromètrique, dont la tête porte une circonférence divisée. On tourne la vis jusqu'à ce que l'image du fil métallique apparaisse partagée en deux parla croix des fils de l'oculaire. Le chiffre indiqué par Paiguiite fixée sur te cadran divisé donne immédiatement, en unités optiques, ia quantité de malt contenu dans la bière. Mais comme la réfraction cle la lumière dans une solution de sucre est, à poids égal^ deux fois et un quart plus forte que la solution d'aîcohol, le chiffre donné par Tinstrumént
P0t»ARISAT10^' ROTATOfllB. 1547
devient plus grand à iBemreqae la «iptantité primitiTe de siicre, qui, dans le progrès delà fermentatloa, s'est transformée en alcohol et ea acid€. carbonique, est plus petite. Pour retrouver la quantité du 8u-< cre de malt tiansforiné, Jl faut encore, comme nous l'avons déjà indiqué, la donnée de Karéomètre, dont Téchelle a été divisée en parties proportionnelles, d'après les poids du sucre exprimés en centièmes.
Ainsi donc, pour évaluer les quantités de sucre et d'alcohol contenus dans la bière, on verge la bière dans l'appareil- épreuve; on note la division indiquée par l'aiguille, puis on plonge l'aréomètre dans la bière, et l'on voit jusqu'à quelle division elle descend. Avec ces deux données, la table consiruite par M. Steiuheil donne inuué^ dlatement le rapport en poids du sucre et de i'alcohol que la bière renferme. 51 maintenant l'on remarque que I'alcohol se forme aux dépensdu sucre qui, pendant la fermentation) se transformo moitié ea dcohol, mdtiécn addc carbonique, on trouvera la quantité de sucre de malt contenue primitivement dans la bièrc^ c'est à-dire dans le mélange des substances avant la fermentation. £n ajoutant le double 4e la quantité d'aloobol mis en évidence par l'observation à la quantité d]e sucre actuellement présent, on pourra donc faire de (%lte maniée la comparaison des diUîérentes BOJrtes de bière, sous le rap*port de la quantité de B»aU employé dana leur préparation, xonfortnément aax prescriptions de k loi.
Mais dans les isireoastànces ordiMireB use analvse aussi complète É'eit pas néeeesaire { s'il fi'agtt, par exenq^e, de constater Tad* dition d'une ceHaiae quantité d'<efto è des bfèr^ eonnues, l'épr^rré optique suiBt Cette a^ication est celte qui intéresse le plus le pu* Mie, parce qu'elle rend très-faeilè la surveillance à ejiercer snr les laanchaiida de bière, potir s'assnrer s'ils donnent la bière comme iis ViMt reçue des brasseurs. Que cette surveiHanttî des débitants èe bière smt efifeetivement nécessaire, cela résulte dés rechercbès Mtes chez les niarcbailds, dont presque tous ver)»ent de i!t à 20 litres d'eau dans chaque mètre cube de bière. Cette fraude illég[ftime, qui retombe principalement sur les pauvres, pour lesquels la bière forme une partie essentielle de leur nourriture, peut facilement être combattue et rendue impossible par l'emptoi de l'épifUTe très-sûre que nous venons de décrire.
1548 POLARISATION IIOTATOIRE.
Sur la rotation du plan de polarisation par C action des fluides , note de M. Botzenhart.
M. Botzeiiharl a indiqué récemment un moyen d'augmenter la rotation du plan de polarisation produite par Taction d'un fluide, et de rendre ainsi plus facile l'observation de ce phénomène qui, par ses proporiions minimes, échappait jusqu'à présent à des recherches plus exactes.
Ce moyen est fondé sur Je principe d'optique suivant , démontré théoriquement par Fresnel, et expérimentalement par M. Brevirster. Quand un rayon linéairement polarisé, dont le plan de polarisation forme un angle avec le plan d'incidence , passe par un milieu simplement réfringent, limité par des surfaces parallèles, le plan de polarisation du rayon réfracté fait avec le plan d'incidence ua angle plos grand que celui formé par le rayon incident.
Si donc on fait passer un rayon linéairement polarisé d*aborâ \ travers une substance qui ne produit qu'une faible rotation du plan de^iolarisation , puis à travers un système de lames de verre à surfaces parallèles, placées convenablement, et qu'on examine le rayon -émergent, on arrivera à pouvoir observer et à mesurer la rotation du plan de polarisation produite initialement par la substance dont il -s'agit et augmentée secondairement par l'action des lames de verre, dans une foule de cas où sans l'emploi du système de lames le phénomène aurait complètement échappé à l'observation.
Pour donner une idée de l'influence du système de lames de verre, nous insérerons et la formule employée par M. Botzenhart et quelques résultats de ses calculs ; soit ^ l'angle du plan de polarisation du rayon réfracté sur le plan d'incidence , a le même angle pour le rayon incident, i l'angle d'incidence, r l'angle de réfraction, et m le nombre des lames, les angles ^ et a sei*ont liés par la formule suivante :
tanga tang ff = ^
cos* m (t— r)
En admettant que l'indice de réfraction du verre soit égal à 1, 5 et qtw l'on ait a . 30 ' , t = 70*.
POLAKtSrATlON ROTATOIRR. 1549
On aara peur ^ les valeurs suivantes :
2 lames. ii lames* 8 lames*
y=0* 56' 4" !• hh' 46" 6* V 40*;
elsi a=3 15', t'= 70* ,
4 lames. 8 lames,
f=zOo 52' 24" 3» 2' 50".
Sur la relation qui peut exister entre la forme cristalline et la comr position chimique^ et sur la cause de la polarisation rotatoire, par M. L. Pasteur.
« Si 1*00 compare les formes cristallines de tous les tariratcs queb qu'ils soient, y compris les émétiqiies, on s'apercevra que dans toutes CCS formes, plusieurs facettes se retrouvent inclinées entre elles de la même manière. En plaçant tontes ces formes les unes auprès <tes autres , on aura une tuerie de prismes diversement modiGés aux extrémités et sur les arêtes des pans. Mais ces dernières modifications relatives aux arêtes des pans se répéteront les n)êmes 4an8 tous les prismes, inclinées respectivement de la même aianière, oo à très-peu près. Les formes pourront appartenir à des systèmes différents, et à côté du prisme rhomboïdal on pourra trouver le prisme rectangulaire droit ou oblique , ou même le prisme tout à fait oblique du dernier système cristallin ; mais néanmoins les angles des pans ou ceux des facettes de modification difTéreroiU très-peu les uns dos antres.
» Quand deux formes ne seront pas du même système, Tune sera pour l'autre une forme-limite. On faii ici abstraction des extrémités seules des prismes; et, en effet, c'est parTextrémité seule des prismes que diffèrent les formes cristallines de tous les tartrates. La composition chimique a beau varier, ces relations ne cessent pas d'avoir lieu, et on les retrouve dans les sels neutres comparés entre eux, avec les sels acides et avec les sels doubles, et, enfin, avec les émétiques.
» Dès lors, il est in)possibIe de douter qu'un certain groupe moléculaire reste constant dans tous ces sels ; que Tcau de cristallisation et les bases , reléguées aux extrémités de ce groupe , le modifient ^ ces extrémités seulement, ne touchant qu'à peine, et dans la mer
ittftO I»QUR»ATI0ll M9AV01IIE.
sure de la différence des angkoaksenrés emie les facM^ à l'anima gement m9l4c^Ui|e central. Uai^ celte appréciaUoi^, a» ne fait que confirmer ici ceite opinion que tous les cbiinislefl^ ^oniiceraient, savoir : qu'entre tons les sels d'un même acide, il y a quelque chose de commun. Ces faits cependant nous montrent en outre l'étroite relation qui existe entre la forme cristalline et la constitution moléculaire, et le jour que Ton peut jeter, par les éludes cristallographie ques, sur l'arrangement des atomes.
» Laissons de côté, pour un instvH, les tarUrates.! et c^D^parons 4e même les formes cristallines 4e tous les pavatartrM^ On lisottYera qu'elles présentent entre elles quelque chose de coamue, et, ceqoi surprendra au premier abord, à cause de Tisomérie bien connue de eea sels, leur relation est absoboieiit la atême que dans les tartrates. Toutes les formes ne diflèreitt que par Its extrémités des prismes qoi leur correspendent ; mais , de plus, les angles des pans et leurs aml^eatioiis sont à peu près les mêmes que dans les tartrates , de telle sorte qu'il existe un groupe moléculaire commun à tous ks paratartrates, et que ce groupe est le même que dafis les tartrates.
» Cette conclusion , déduite d'études cris(allographiques , est en ' désaccord avec les observations chimiques. L'isomérie de ces deux genres de sels n'est pas douteuse, c'est-à-dire que l'arrangement moléculaire de l'acide paratartrique diffère de l'arrangement moléculaire 4e l'acldfe tartrique, et qu'il en est de même de leurs sels. SI les extrémités du groupe moléculaire commun aux tartrates et aux paratartrates n'étaient pas modifiées de la même manière par l'introductîoQ de nouveaux éléments dans les tartrates et les paratartrates, on concevrait encore très-bien l'isomérie de ces sels. Or, c'est ce qui a lieu en général. Si l'on considère tous les tartrates, les extrémités seules des formes seront différentes : mais que l'on considère un lartrate en particulier, et l'on verra bientôt, sans qu'il existe ombre de doute à cet égard , que , dans ce tartrate , les deux extrémités du prisme sont dissymétriqiïes.
» La loi du célèbre Hafty , qui veut que les parties identiques soient modifiées de la môme manière, est violée. En un mot, tous les tartrates sont hémiédriques. Ainsi le groupe moléculaire commun à tous ces sels, et que l'introduction de l'eau de cristallisation et des oxydes vient modifier aux extrémités, ne reçoit pas à ces deux extrémités '
les même» éMmenta, ou da moiDs Hs y mêm dHiriboAi iftm ntHàète dissymétriqoe. Au contraire, dans la pluralité de» ptrMrirttes que H. Pastear a examinés, il n*a riea observé qoi anitoaçâl Théiniédrie de ces sels.
» Nous venons de dire que dans la plopart , et non dans tods les paratartrates, M. Pasteur n'a pas rencontré de cristaux hômièdres. En effet , il est un de ces sels qnf est hémiédrique, et c'est ici que nous allons toucher an doigt en quelque sorte la véritable cause de fa polarisation rotatoire. Chacun sait, en effet , depuis les belles et nombreuses recherches de M. Biot, que beaucoup de substances organiques jouissent de la propriété singulière de dévier à l'état de dissolution le plan de la polarisation des rayons lanifneux. Chacun sait aussi qu'une des différences capitales entre les tartrates et tes paratartrates consiste en ce que l'acide tartrique et les tartrates devient le plan de polarisation, tandis que l'acide paralartrique et ses sels ne k devient pa3. Il existe môme nae observation bieo oorleuse de M. M itscberlich relative k celte différence des deux espèces de itiêls. Comme la noie où cette observation esl consignée k&i ir^ . QOttrte, noaâ allons la reproduire iei teUe qu'il l'a adressée h l'Académie, en fèliki par l'intermédiaire de M. Bipt
« Le paratartrate et le tartrate dottUes de soude et d'aïaaiOQift^ue <3iAi la m^ine composition chimique, la même forme cristalline avec les mêijoes angles, le même poids spécifique, la même double réfraclion, et, par conséquent, les mêmes angles entre les axes optiques. Dissous dans l'eau , leur réfraction est la même : mais le tartrate dissous tourne le ^lan de la lumière polarisée, et le paratartrate est indifférent, comme M. Biot l'a trouvé pour toute la série de ces deux genres de sels. Mais ici la nature et le nombre des atomes, leur arrangement et leurs distances sont les mêmes dans les deux corps comparés. »
» Telle est l'observation de M. Mitscherlich. Pour ce qui concerne l'inaction du paratartrate sur la lumière polarisée , M. Biot a répété l'expérience du savant chimiste de Berlin sur un échantillon de ce paratartratre que lui avait remis M. Mitscherlich.
» Ëh^bien! par le plus grand des hasards, M. Mitscherlich a été induit en erreur, et M. Biot à son tour. Le paratartrate de soude et d'ammoniaque dévie le plan de la polarisation ; seulement, parmi les
1&52 I^OLAftlSAXION aOTÂTOlHK.
crisuux provcnaot d*ua même échanUUon , il en est qui dévieal le plan de polarisation à gauche , d^autres à droite , et quand il y en a autant d'une espèce que de Tautre, la solution est inaciive : les deux déviations contraires se compensent. Voici maintenant la différence cristallographique de ces deux espèces de cristaux, lis sont tous hémiédriques; mais il y eu a qui sont héiQiédriques à droite, d'autres à gauche, et la déviation dépend, pour le sens, de cette dissymétrie. Quand on veut une dévialion à droite, on choisit les cristaux hémièdres à gauche; quand on veut une déviation à gauche, on choisit les cristaux hémièdres à droite. S'il arrive souvent qu'on n'a pas de déviation , c'est que Ton prend des cristaux mêlés, sans faire aucun choix. iN'est-il pas évident maintenant que la propriété que possèdent certaines molécules de dévier le plan de polarisation a pour cause Im médiate, ou du moins est liée de la manière la plus étroite à la dissymétrie de ces molécules? car voici, en résumé, les faits principaux.
» L'acide tartrique et les tartrates dévient le plan de polarisation ; ils snnr tous hémièdres ; ils dévient tous à droite, et sont aussi tous hémièdres dans le même sens. Les paratartrates ne dévient pas, ils ne sont pas hémièdres. L'un d'enx dévie, il est alors hémièdre. Il dévie tantôt à droite , tantôt à gauche ; c'est qu'il est hémièdre , tantôt dans un sens, tantôt dans un autre.
» On dira, et avec juste raison : toutes les substances organiques qui dévient le plan de polarisation, lorsqu'elles sont dissoutes, jouissent donc de. l'hémiédrie. M. Pasteur aurait beaucoup désiré ne présenter ce travail à l'Académie qu'après avoir examiné les bases organiques, le camphre et d'autres substances. Mais ici on rencontre de grandes difficultés pour la recherche de l'hémiédrie. La beauté des cristaux des tartrates, leur grosseur, servent considérablement. Cependant M. Pasteur a pu facilement étudier le sucre candi, et il annonce que cette substance est hémiédriquc , et jouit à un haut degré de la pyro - électricité polaire; c'est môme par l'étude de celle dernière propriété qu'il a été assuré de l'hémiédrie, dont il s'est rendu compte ensuite par l'observation attentive de la forme cristalline. Posiérieuremeui, il a été trouvé que celle dc'termination avait été d(^jà faite il y a longtemps par le docteur Hankel. »
F0LARI8ATI0H ROTATOfilE. 1555
Sur les relations qui peuvent exister emre ia forme cristalline, la composition chimique et le sens de la poUirisaiim rotatoirs. Second Mémoire de M. Pasteur.
En poursuivant ses recherches sur la relation de la forme cristalline avec ta composition chimique et le sens de la polarisation rotatoire, M. Pasteur est arrivé à des résultats nouveaux.
L'acide paraiartrique ou racémique est bien réellement formé de deux acides distincts, déviant, l'un à droite, l'autre à gaacbe, le plan de la lumière polarisée, et tous deux de la même quantité absolue. Ces deux acides cristallisent très-facilement dans des liqueurs concentrées; leurs formes cristallines sont identiques dans toutes leurs parties respectives ; seulement elles sont hémiédriques et représentent deux pdyèdres symétriques non superposables. M. Pasteur propose d'appeler adde lévoraeémique l'acide qui dévie h gauche» acide dextroraeémque l'acide qni dévie à droite le plan de polarisa^ tion des rayons lumineux.
L'acide dextroracémique est T acide tartrique ordinaire « et les dextroracémates ne sont antre chose que les tartrates hémièdres à droite.
Les lévoracémates examinés jasqu'ici sont identiques, par leurs formes cristallines, avec les tartrates ou dextroracémates correspond dants:; seulement ils sont hémièdrrs à gauche.
L'acide lévoraeémique, mis en présence de l'acide dextroracémiqne ou tartrique, donne immédiatement l'acide racémiqae cristallisé ordinaire.
Les racémates sont» pmir la plupart, formés d'acide racémique combiné aux diverses bases.
Le pouvoir rotatoire dos lévoracémates et des dextroracémates, ou tartrates, est rigoureusement le même en quantité absolue.
M. Pasteur se réserve de donner plus tard le détail des analyses, des formes cristallines et de l'étude delà pyro-électrjcité decesnom^ brenx sels, si remarquables par I&s étroites relations de leurs formes €t de leurs propriétés physiques et .chimiques.
Il se borne, cette fois, à communiquer un résultat qui lui semble olTrir beaucoup d'intérêt. Il a trouve le double caractère bémié-
1554 POLARISATION ROTATOIMB.
drtqae dans un autre sel organique, le formiate de strontiane. Ce se cristallise ea priaoMs droit» l base rhombe, portant des facettes héiniédriqaes aor les arêtes dés bases, et qui conduisent à deux tétraè dres identiques, mais inverses. Que la double déYiation du pibn de polarisation des rayons lumineux corresponde on ne corresponde pas au double caractère bêmiédrique, ce que M. Pasteur n'a pas pu encore constater à cau<$e de la petite quantité de matière dont il pouvait dispjser, il est important de noter que, ce double caractère se retrouvant ici dans un autre sel organique, il est extrêmement probaMe qu'on l'obsenrera dans beaucoup d'autres cas.
Recherches sur les propriétés spécifiques des deux acides qui composent Cacide racémique, par M» L. Pâsteub.
Grâce à ^'^bligeance avec hquelle U. K^teer, l'autdor d* la découverte de l'acide racémiqoe, a bien voulu mettre à sa disposition , une qaaatité notable de cet acide, M. Pasteur a pu achever l'étade complète des deux acides et des sels auxquels ils donnent naissance. Il attache d'autant pins de prix à l'oUigeanee de M. Kestner, que oe singulier acide raeémique ne se produit plus. Non-seulement M. Restner n'en obtient pas trace dans sa fabrication depuis l'époque (fe sa découverte, mais il a fait des essais variés paor le reproduire, et il n'y est point parvenu. C'est donc une fois seulement, sanë doute par une circonstance particulière de la (abncation, que cet acide a pris nsîssattce. Les raisins des Vosges n'en renferment pas ptas qm ceux des autres contrées.
L'acide tartrique et les tartrates sont hémiédriques, c'est à'^ire opt une forme crlstaUioe qui, pour les inodificalions» dérive li la loi de symétrie d*Haûy. Mais, de plus, l'acide létoraoémiqne et les lévoracémates ont les mêmes formes cristallines que l'acide tartrique et les tartrates, seulement la dissymétrie est h gauche an lieu d'6tre k dr<nte. L'acide tartrique et les tartrates dévient à droite le plan de polarisation de la lumière. L'acide lévoracémiqne et les lévoracémates le dévient l gauche, de la même quantité absolue. Ils suivent les mêmes lois de disposition. A part tes deux faits, la dissymétrie de k ferme et le sens inverse de la polari^tion rotatoire, il a été impossible de trouver fa plus légère différence entre l'acide tartrique et
POLARISATION ROTaTOIRE. 1555
l'acide lévoracémiqae, entre les tartrates et les f évoracémates ; mêmes angles de faces, même aspect physique, même double réfraction. Toutes les propriétés cbimiques sent aussi les mêmes. Que Ton prépare, à Paidede l'acide tartriqne, un tartrate quelconque, sel neutre, sel acide, sel double, émétique , en opérant de même avec Tacide Mforacémique, on obtiendra un lévoracémate qu'il sera impossible de distinguer du tartrate, si ce n'est par le sens du pouvoir rotatoire, et par ce bit que sa forme cristalline, quoique identique à celle du tartrate daiw toutes ses parties respectives, ne pourra lui être superposée.
C'e;at dans lea singuhri^ nombreuses offertes par Tacide tartriqoe que M. Pastenr pensait reconnaître entre ces deux acides quelque diférenee, Ainsi, l'une des propriétés les plus curieuses assurément de l'acide la^nrique est soq pouvoir spécial de dispersioa sur les plana de priarisalion de$ divers rayons simples, étudié avec tant de détails par BL Biot. Eh bien I M. Pasteur Ta retrouvé sans aucune modification dans l'acide léfvoracémique ; il a formé des solutions d'acide lévor^cémiqn^ de même dosage que certaines solutions tartriqnes étudiées par M. Biot, et il a obtenu les mimes teintes pour t^ divers a?;iiiiut9, la même direction des rayons ronges, la mâoe diÊviation pour U teinte de passage
l^ propwtion d'eau dans les solution^ tartriqves, l'élévation on rabaiasemeat de température ont une i^flaence très-a^osible sur le ppuvoir rotatoire de l'acide tartrique. Cet(e iofln^ce est la même pour l'acide lévoracémiqne*
Il est encore one observation curieuse et qui montre d'une ma* niëre frappante cette corrélation étroite das prc^riétés dos deux acides. Tous les lartrates dissous dans l'eau dévient à droite le plan de polarisation des rayons lumineux. Le tartrate de chaux jouit, au contraire^ de la propriété singulière de le dévier à gauche quand il est dissous dans l'acide chlorhydrique. On pouvait présumer qœ le lévoracémate de chaux dissous dans cet acide dévierait à droite. C'est précisément ce qui arrive. Ainsi, à part la dissymétrie de la forme, droite dans un cas, gauche dans l'autre, et à part le sens opposé du pouvoir rotatoire, on n'a pas pu trouver la moindre différence entre l'acide Urtrique et l'acide lévoracémique, entre les tartrates et les lévoracémates.
165f) POLAniSATION nOTATOIIl£.
Dans l'étude de la corrélation de rbémiédrie airec le phéoomèae. de la polarisation rotatoire, il est nécessaire de distinguer deux espèces d'bémiédrje, et M. Pasteur appelle sur ce point d'une manière spéciale l'attention des physiciens et des géomètres. Il y a une héraiédrie, que Ton pourrait appeler hémiédrie svperposable, dont la boracite, le spath d'Islande» l'azotate de soude, etc. , nous offrent des exemples. La boracite cristallise en cubes portant quatre facettes sur les angles, qui conduisent à un tétraèdre régulier. Le spath d'Islande, l'azotate de soude cristallisent en rhomboèdre dériTaot du prisme hexagonal. Ce sont là des substances hémiédriques ; mais H faut noter que tous les tétraèdres réguliers sont supeiposables^ que tous les rhomboèdres de même angle le sont également. On ne peut pas construire par la pensée un rhomboèdre identique avec celai da spath d'Islande, et qui ne lui soit pas superposable. On ne peot pas imaginer un cube passant à un tétraèdre régulier non superposable à celui de la boracite. Il faut en dire autant d'une substance qui cristallis-erait en tétraèdre dn système du prisme droit à base carrée.
Il y a un deuxième genre d'hémiédrie dont Tacide tartrique et les tartrates offrent des exemples. Toutes ces substances sont hémiédriques, mais à chacune de leurs formes cristallines en correspond une antre identique dans toutes ses parties respectires, et qu'on ne peut cependant lui superposer. Et non-seulement ces formes, qui ressembleraient aux premières comme la main gauche ressemble à la main droite, sont possibles: elles existent réellement Ce sont les formes cristallines de l'acide lévoracémique et des lévoracémates. Comme autre exemple de ce deuxième genre d'hémîéA'ie, que Ton pourrait appeler kémiédrie non superposable, on peut citer les deux variétés plagièdres du cristal de roche. Elles représentent deux polyèdres .symétriques non snperposables, et il y a entre elles la relation que Ton trouve entre la forme cristalline d'un tartrate et celle du lévoracémate correspondant.
Là où il y a hémiédrie superposable. la propriété rotatoire n'existe pas, et elle existe, au contraire, dans les cas où il y a hémiédrie non superposable. En est-il toujours ainsi ? C'est à l'expérience de répondre.
Dhgitized
POlAniSATION ROTATOIRE. 1557
Hedierches sur divers modes de groupement dans le suif aie de potasse^ par M. L. Pastede.
La forme primitive du sulfate de potasse, quekjuefois domiuaiite dans les cristaux, est celle du prisme rlioinboïdal droit dont Taiigle des pans est peu éloigné de 120 degrés ; celle des formes que l*on rencontre le plus or4înaireoient dans celte sqbsiflKCe est un dodécaèdre à triangles isocèles très-voisin du dodécaèdre régulier offert par le prisme hexagonal. En modifiant tangentieltement Tarêie du prisme rhomboîdal qui répond à l'angle Toisin de 60 degrés, on a un prisme hexagonal presque régulier qui, par une modification des arêtes des bases» fournit le dodécaèdre en question.
M. Laurent avait remis à M. Pasteur de beaux cristaux de sulfate de potasse, dont plusieurs offraient la base de la forme prim'tive ainsi qu'une double bordure dodécaédrique. La mesure des angles indiquait, par une différence qui ne dépassait pas cependant vingt minutes, que ce double dodécaèdre appartenait bleu au prisme rhomboidal. Néanmoins, la régularité d'un de ces cristaux était telle (|ue M. Pasteur désira se convaincre autrement que cette forme n'appartenait pas au système hexagonal régulier. Il tailla, à cet effet, une lame à faces parallèles, perpendiculairement à. l'axe principal du cristal, et il fut tout étonné lorsque, plaçant celte lame dans l'appareil de polarisation de Noremberg, il vit une étoile à six branches, de teintes et de couleurs diverses, embrassant chacune le même angle au centre. H était prouvé, dès lors, que le cristal, si régulier en apparence, était formé de parties diverses groupées ensemble d'aftrès une celrtaiue loi de symétrie. Il étudia ce phénomène'plus en détail, et s'assura bientôt que, parmi les cristaux de sulfate de potasse que l'on rencontre dans le commerce, il est extrêmement difficile de trouver un cristal qui soit homogène. Tous sont le résultat de groupements divers. Les te^ptes colorées qui se développant lorsqu'onreçoit kiat cm analyseur la Jumière émanée de la lame, et qui la frappe normalement après avoir été polarisée, mettent le mode de groupemeut en éûdence de la manière la plus nette.
L'angle au centre des diverses parties groupées est toujours voisin 4e 60 et de 90 degrés, et l'on des multiples de 60, 120 et 180 de-
1558 OPTiQU£ WNÉRALOOK^UE.
grés, et conme chacun de ces aogles peut s'assoder aux aatres, pourvu que la somme fasse 360 degrés, on conçoit qu'il y a foule de groupements possibles qui se réalisent en effet.
Nous avons déjà analysé plusieurs mémoires qu'il aurait été pïo» conf enable peut-êtfe de réserver pour cette partie de notre répertoire. Tels sont k Mémoire de M. Haidinger, sur le chatoiement de» faces des cristaux ; les Mémoires de M. Pasteur, sur les rapports de la forme minéralogique avec les propriétés optiques des substance» cristallines, etc., etc. ; mais il nous a semblé qu'il valait mieux rapprocher certains travaux qui s'éclairent mutuellement, que de s'astreindre à un ordre par trop méthodique. Entrons en matière.
Nous débutons pat* une tiote très-curieuse de sir David Brewster , note qui aurait dû précéder les belles recherches de M. Haidinger sur le chatoiement, mais qui ^eraici plus en évidence» et rappellera mieux que cette fois encore l'iniliative de la découverte d'un ordre entier de phénomènes nouveaux appartient an chef illustre de l'école d'Edimbourg , observateur infatigable, toujours en avant du progrèsexpérimentât.
Ainsi que nous l'avons déjà remarqué» sir David ftrewster, émissioniste endurci , ne peut pas faire une observation nouvelle sans en conchire pour la lumière nne nouvelle propriété, un nouveau mode de polarisation : c'est le côté faible du grand physicien I
GHATdlEHENT DES FACES GRISTALLUilSS.
If dWfeiie propriété de ta bimière manifestée par t action du chrysammàte de potasse sur la bmi'èrè ordinaire &ti polarisée ^ par sIf D. Brewster.
Le cbrysammate de potasse, qui cristallise en tablettes très-menoes, plates et riiombiqaes, a on édat mtétaliiqoe d'or^ d'où lui vient
CflATOlEMfilIT ÙMÊ FACSS CIU8TALL1NES. 1559
ê&a nom dft Mfuoar d'or* Lorsque la Imnière Mlaire est irsiisiniM à ti-avers ces plaques rbembes, eUe pt&àà une couleur jasn^-com^ tre et est entièrement |K)iariséee0i¥aot «npkuà. Quand oo presse les crisiaiu: avec h Ume 4'oa couteau sur uae placpie de verre, eo peut les j étendre coBioie un amalgame: la lumi^e transmise ^ tra<iers les peliîcuies les plus minées ainsi prodirUes secompene de deux faisceaux polarisés h ai^ droit, l'un rouge cartitn brillant, et rentre jaone-pâle. Avec les pellicules plus épaisses , les deux iatsceaix. âe tapprochent pour former deux autres faisceawp ro90e«carmiB« brillants-et ^ox.
J4i IcHuière ordinaire, réfléchie sous TioçideiiGe perpendicelaîre à la surface des cristaux ou des pécules , a la oMteur de IVnt vierge. £ile devient de moins en moins jaune i naesure que l'incidence anijDQente jusqu'au m^^nent oA elle pastt au blanc-Ueuâtre pâle sous les plus fortes incidences. Le pinceau composé ùm réfléchi et coioné eonaiste en deux autres polarisés^ l'un dans le plan de réflexion et 4e oouleur blancbe-Weuâtre |Ale sous toutes les incidences. Tauire pef'pendiculairement à ce plan* d'une couleur jaune dV sous de faibles incidences, et passant successivement au Jaune-ferdâtce, a^ Ueuverdâtre , au bleu , au xu-amoisiiéger, k mesure que l'aigle d'incidence augmente. C'est là une propriété remarquable que M. Arew^ sjLer a paiement déceuverie dans qudques auttes erîslaux et 4}ai n'est m aimée par une peUieuleqnelcoAque d'oxyde j»ét»lltqne à k surlace naturelle du crislali. ni le résultat d'un changement pniîdiiît à la aucface par des cauaes extérieorea. £He sepréisente avectes mù* dificattons/Ndinaires > si la mti^^ tdu cbrysammate est en .eonfiaiot epllque avec d^ liquides et av^ .le ^erre , lor^^qm) Je .cristal lest 4« état de dissolg;jon ou h^^^'nne nouvelle surffice eU découvert par des moyens mécaniques ; dans tous ces caa» rafaion^upericiieye du cristal sur la lumière est la mente, torsque le cbry^bamm^^^is* tallise de nouveau dans fine dissolution aqueuse» Mf^^rait engrour pes prismatiques de couleur roug^ brillant, la réflexion j^nne d!ur étant dominée par la lumière transmise ; mais lorsque ces groupas sont aplatis en pellicules par la pression , le jaune d'or reparaît.
L'acide cbryeammique découvert par M . Sobunok se forme quand on fait bouillir de Tacide aantiqoe sur l'aloès ; il est le dernier produit de cette réaction. Quoique plastique au poîotidepouvoii* être
4560 OfTIQUB lllNEIU1.0fiKK)E*
aisément nioolé eo piaqaes minces, il est »i faiblement aoltiUe, qa^il exige plus de 1500 fois son po^ids d'eau pour se dissoudre.
Celte note donna Ken à une courte discussion.
MM. l^liewell, Herschel, Powel, avaient indîrectenient ao moins critiqué le titre du Mémoire de sir D. Brewster ; ils ne Toolaient voir dans le fait obs^vé qn*un cfts nouTean de l'action des corps sur la lumière : sir David Brewster maintient son énoncé. Ce n'est an fond qu'une dispute de mots.
« Lors de la lecture de mon Mémoire sur une nouvelle propriété de la lumière , M. Whewell a fait remarquer que c'était là plutôt une action curieuse du chrysammate de potasse qu'une propriété nouvelle de la lumière, et sir John Herschel a paru pencher vers cette opinion. Mais il ne peut y avoir de doute, ainsi que Tindiqtfe te titre de mon Mémoire, que ce ne soit une action du chrysammate de potasse ^ et encore moins que ce ne soit une propriété de la luimère, qui en outre est nouvelle. Presque toutes leb propriétés de la lumière , sa réfrangibilité, sa réflexion, sa polarisation et sa double réfraction, se manifestent toutes par l'action des corps sur la lumière. Si c'est une propriété de la lumière d'être polarisée dans un plan par l'action des surface^ des corps transparents ordinaires , c'est également une propriété de la lumière, et une des plus remarquables, que la lumière blanche soit décompùsée et séparée en deux faisceaux différemment coloris et polarisés dans deux plans opposés. Si c'est une propriété de la lumière que , lorsqu'elle est réfléchie à la surface du spath calcaire , elle est influencée par la force interne de la double réfraction , sanschanger de couleur et sans être séparée en deux faisceaux, c'est une propriété plus remarquable encore, qu'une substance doublement réfringente^ comme le chrysammate de potasse , décompose et double en même temps le faisceau. Presque toutes les propriétés des corps sont développées par l'action d'autres corps; et si cela était nécessaire, je pourrais démontrer que les expressions dont je me suis servi dans le titre de vaon Mémoire sont sanctionnées par les physiciens les plus distingués. »
Note sur le chatoiement métallique de l'hypersthène, par W. Haïdingbr.
« L'acquisition d'un échantillon remarquable dliypersthèflie de La-
CHATOIEIIBirr bES FACES CRISTALUNES. iS01
brador, par le niosée impérial et royal » m'a donoé l'occaMon d'eianûoer ce cristal sovs le rapport do pléochrolsme.
CoBceTons que les nnances colorées soient orientées d'après un prisme à qaatre pans et rectangulaires , et appelons P la surfece extrôme, M la large surfeœ latérale chatoyante, T la troisième surface perpendiculaire aui deux précédentes. Désignons par 1 l'image inférieure extraordinaire de lalonpedichroscopique, quand on regande à travers M et T; par 2, l'image siH)érieure ordinaire, en regardant h travers M ; par 3, Timage supérieure ordinaire, en regardante travei^ la surface T. On obtient alors :