Quelle est Taction de la lumière sur la couche sensible
2. Comment la Tapeur de mercure produit-elle Timage daguerlienne ?
, 3. Quels sont ceux des rayons lumineux qui communiquent à la surface l'affinité pour le mercure ?
il. QueUe est la cause de là différence observée dans les lentilles achromatiques entre le foyer visuel et le foyer photogénique? Pourquoi cette différence varie- t-elle constamment?
5. Quels sont les vrais moyens de mesurer Tintensité des rayons photogéniques et de trouver le véritable foyer auquel ils produisent rimage ?
En 1869, M. Glaudet annonça que la décomposition de la surface chimique sur la plaque daguerrienne, par l'action de certains rayons lumineux, produisait sur cette surface un précipité blanc^ insoluble dans Thyposulfite de soude, et qui , . examiné au microscope, avait Tapparence d'une multitude de cristaux réfléchissant la lumières ce précipité ou dépôt vu à l'œil nu est la cause de l'image daguerrienne positive. M. Glaudet démontre ce fait inattendu en obtenant, par la seule action de la lumière et sans ntiroir, des images ayant la même apparence que celles développées sous l'action des vapeurs de mercure. Mais ce mode de production est beaucoup trop lent, et le grand mérite du beau procédé de M. Daguerre consiste précisément dans l'adjonction de la vapeur de mercure. Gette vapeur, dans son contact avec la plaque, donne aussi naissance à un précipité de poudre blanche qui vu, au microscope, apparaît encore formé de cristaux réfléchissant la lumière.
Il est très- probable que la lumière exerce une double action sur l'iodure d'argent, combiné ou non avpc le chlore ou le brome. Par Tune, l'iodure est décomposé, et l'argent devenu libre, se précipite sous forme de poudre blanche ou petits cristaux ; par la seconde action, qui s'exerce bien longtemps avant la première, les portions frappées par la première acquièrent une certaine affinité pour la vapeur de mercure. L'argent se précipite après une action de trois secondes.
i61K) RATONS FQOTOGéNlQUEB.
tandis qn*il sufiBt d'une action d'un millième de seconde, on d'une action trois mftle fols plus courte, pour communiquer k la surfice Taffinité ponr le mercure. Il est naturel d'admettre que les deux actions sont essentiellement différentes et qoe la seconde est la canse propre de la production de l'image daguerrienne.
Sa 1847, M. Claude t démontra que les rayons rouge, orangé et jaune détruisent reffef produit par la lumière blanche, et qoe la couche sensible reprend son état naturel et 3a sensibilité primitive après avoir été soumise h l'action de ces rayons. On devait conclure de ce fait que la lumière blanche n'avait pas décomposé la couche ^ sensible, et que les rayons rouge, orangé, jaune, annulaient simplement l'affinité pour le mercure communiquée par la lumière blanche.
Si la couche sensible est préparée avec l'iode seul, sans brome, les rayons rouge, orangé, jaune, au lieu de détruire l'action produite par la lumière blanche, augmentent et le précipité blanc et l'affinité pour le mercure, ainsi que t'ont démontré MM. Becquerel et Gaudin. Ce fût même M. Gandin qui arriva le premier à produire des images daguerriennes sans mercure et par la seule action des rayons continuateurs rouge, orangé, Jaune, sur Fiodure d'argent. H est cependant un composé double d'iode beaucoup plus sensible que l'iodure ordinaire et sur lequel ces mêmes rayons rouge, orangé, jaune, cessent d'être continuateurs pour exercer une action destructive de l'effet produit par la lumière blanche ou les rayons chimiques plus réfringents*
L*iode sans brome est cent fois plus sensible que le bromure d'iodç à l'action de la lumière qui produit le précipité blanc d'argent, tandis qu'il est cent fois moins sensible à l'action qui donne Taffinité pour le mercure. On doit admettre 1** que tous les rayons lumineux sont aptes à produire l'action de di^compo^ition dans un temps plu& ou moins long, tandis que quelques-uns de ces rayons détruisent l'affinité pour le mercure que les autres out produite ; 2 ' que cette ac* tion de production ou de destruction dépend de la nature de la coucb^ sensible; 3"* que l'action de la lumière blanche sera plus ou moins prompte, suivant que des circonstances particulières changeront le rapport des rayons antagonistes : ce qui arrivera, par exemple, quand la présence de vapeurs dans l'atmosphère déterminera l'absorption des rayons plus réfrangibles^ et fera dominer la lumière jaune.
M. Giandet a conTtn la moitié d'aiM gravare a?«e on verre Janne, etil a placé la gravure devant robjectifd'ane chambre obscure. Pendant le temps suffisant k la prodaciioa de Timage de la purtioii non recouverte, la portion placée sous le verre jaune n'avait exercé ao^ cun eOet. Si maintenant on recouvre la seconde portioo avec un verre bien» son image se formera bien plus vite, ei la portion cachée par te verre jaune sera comparativement beancoap plus inactive encore»
On peut ainsi réaliser one efaambre éclairée par une inmiftre faann éblouissante pour rœil, mais où Ton ne puisse obtenir aucun efEst l^otogra{4iiqne ; et une chambre éclairée par une lumière Uenu trèsHKHsbre pour Tmil, od les effets photographiques s'obtiennent avec la plus grande iacilité. Ces conditions se trouvimt «pielqaefoil réalisées naturellement dans l'atmosphère^ sans que l'œil soit apte à discerner pourquoi l'on obtient ou l'on n'obtient pasdebonoesimagei dagnèrriennes.
Il avait décrit dans le Philo^opkical Magazine, sous le nom de photographomètre, un instrument qui mettait en évidence ces àiiïè" rences essentielles. La lumière frappait la surfice dagverrienne pendant le passage d'une plaque métallique munie de sept ouver« tores placées sur une même ligne horizontale et dont les surfaces, en pf^esston géofnétriqoc, sont exprimées par les nombres i, 2, 4, 8, 16, Sa, 6i^. Gi-lte méttie surface dagnerrienne était couverte d*ifo« atureplaque fnétaflk[oe munie de quatre séries de sept trous, et r«ffM de la lumière ^ travers chacun des sept trous était proportionii«it€ à f outerum de (a plaque mobile. Chacune des quatre séries de trow ^rodiiteatt le même nombre de taches Manches, et te nombre éH tachai dnnnait la sMsure de Tintensité photographîqoe de la tttcaîère; An moflMnt d« l'expérience, im employait quatre séries àt irom poor épronver à la fols quatre préparations différentes ^ir uni même plaqne, on poor esaaf cr k himlère sor mm même plnqne à quatre instants différents. Ploa tard, M. Chndet a perfee« tânnné cet appaml de teUe aorte qn'M peut pooaser la pi^eportion fpéMuélriqtte avec one seule plaqne J«aqo*)i M2, et joMjo'l 8t92, . €n empk>f ani ime ieeonde plaque ; fl s'est servi poor cet e#et de iâflaes laissantes qn'M ouvre on ferme tour è tour. Après avoir opéré 4'ftbeird avec tiens les gUssoirs ouverts, tl en ferme un et opère de vêmw^, fmë m ferme denset opère dmit iaiâi et mnai de pnite
i692 RAYONS PH0T06ËNIQUB8.
en doublant le nombre dies opérations pour chaque nouvelle plaqne glissante que l'on ouvre.
Par cotte méthode, M. Glaudet est arrivé à constater le degré dMnleasité de lumière nécessaire à produire la soiarisation. Cette intensité est environ cinq cent douze fois plus gfande que celle qai est nécessaire à la création de Taffinité pour le mercure; M. Glaudet a reconnu aussi ce qu'il fallait d'intensité lumineuse pour amener la formation du précipité blanc par la décomposition de Tiodure ou du bromo-iodure d*argent. La décomposition de l'iodure est cent fois plus prompte que celle du bromo-iodure, et la décomposition du bromo-iodure se fait dans un temps trois mille fois plus long que l'action nécessaire à la production de l'affinité pour le mercure.
Avec son photographomètre, M. Glaudet a mis aussi en évidence les effets différents produits sur les plaques daguerriennes par les divers rayons du spectre. Il a reconnu qu'avant que la lumière ait décomposé la couche sensible et déterminé le précipité blanc, les rayons rouge, orangé et jaune détruisent l'affinité pour le mercure, et la continuent quand la décomposition a recommencé.
Dans le cours de ses recherches, M. Glaudet a observé, une particularité curieuse et qui l'a grandement étonné. Les espaces recouverts qui entourent les portions de la plaque placées au-dessous des ouvertures rondes, alors que ces portions n'avaient pas été assez im* pressionnées pour déterminer la fixation des vapeurs de mercore, et restaient, par conséquent noires, étaient abondamment recouverts de mercure. M. Glaudet pensa dabord que cette action inattendue était due aux rayons invisibles de Moser, mais il crut reconnaître plus tard qu'elle avait pour cause le contact métallique du cuivre et de l'argent, et il l'attribua à une sorte de galvanisation ou d électrisation qui se produisait dans des conditions données de l'atmosphère, ce qui l'amena à conjecturer que l'état électrique de l'air ambiant et de la plaque entrait pour quelque chose dans la production des phénomènes daguerriens. Ne serait-ce pas là un moyen rationnel d'expliquer pourquoi certains rayons déterminent l'affinité pour le mercure, tandis que d'autres la détruisent, et cela dans un temps tellement court, que la lumière n'a pas encore produit son effet cbi. mlque? On a'a pas encore assez étudié jusqu'ici l'influence que l'état
iUTONS PHOTOGÉNiaUBft. IMS
.ileetriqae des plaques et de l'air ambiant pourrait prodoire sur la prodaction des images photographiqoes.
Dès la naissance de la photographie on s'aperçut que les rayons efficaces, c'est-à-dire, les rayons les plus réfrangibles, avaient un foyer beaucoup plas court que l'ensemble des rayons qui constituent la lumière blanche ; et quand on avait bien mis au foyer en rendant très-distincte l'image formée sur la surface du verre dépolie, on ne reproduisait sur la plaque dagnerrienne qu'une image imparfaite. Ce qu'il y a de pins extraordinaire, c'est que M. Claudet s'est assuré, à sa grande surprise, que dans plusieurs circonstances le foyer chimique était plus long que le foyer visuel. Plus tard M. Lerebours est parvenu à obtenir à volonté que le foyer chimique fût ^\\xs court ou plus long que le foyer visuel.
M. Claudet a reconnu aussi que la distance entre les deux foyers, le foyer chimique et le foyer visuel, variait incessamment sans qu'il ait pu assigner la cause de cette variation mystérieuse ; il en a conclu naturellement qu'il était impossible de construire un objectif achromatique dans lequel le foyer chimique coïnciderait constamment avec le foyer visuel , et qu'avant d'opérer il fallait toujours, pour être sûr d'obtenir des images très-nettes, déterminer à l'avance avec le photograpbomètre la distance actuelle entre les deux foyers.
M. 6. Knight, de Foster-Lane, a construit plus^ récemment un appareil ingénieux et simple , destiné à mesurer la distance des deux foyers et à placer rigoureusement la plaque dagnerrienne au foyer des rayons photogéniques. Cet appareil consiste dans un châssjs à deux rainures, l'une verticale dans iaquel il place le verre dépoli, l'autre formant un angle avec la première et qui doit recevoir la plaque daguerrienne. Les plans des deux rainures se coupent suivant leur ligne moyenne. Après que l'on a mis au foyer sur le verre dépoli, on le retire et l'on fixe la plaque dans la rainure inclinée. On place ensuite devant la chambre obscure une feuille de journal d'une impression large. L'image va se former sur la plaque inclinée, et il est évident qu'en raison de l'inclinaison, les différents points de la plaque occupent nn foyer différent. Le centre de la plaque coïncide avec le foyer visuel, et le foyer photogénique sera situé à une distance plus ou moinsgrande du centre, en haut ou en bas, suivant que
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IM4 141011$ MOMOÉmOUS.
U ii^ytff |iiitigi>iip> Mm |Im cm» m plai liag qoè li fifiBr t i-
saei. La rainare est manie d'sat écb«Ut divifé», lymtt loa aéra aa centre. Quand rifnage est formée sur la pUque dagvenrieiuM, on peut, en appliqoant sur elle une seconde échelle diyisée sembUbk à la première, déterminer à qaelle division au-desëus ou au-dessous de zéro correspond la portion la mieux définie. On relire alors de la chambre obscure le châssis incliné qui a servi à rexpériettce; on ' place, comme d*ordinaire, le verre dépoli au foyer; et ilsuffit ensuite de faire mouvoir Tobjectif au moyen de la crénoaillère, de Favancer ou de le reculer de la quantité correspondante à celle des divisions de l'échelle qui indique la déviation du vrai foyer photogéaiqueu A cet effet, on a tracé un système de divisions identiques sur le tube de l'objectif. M. Claudet recommande le procédé de Bl. Knig^t comqae étant d'une application facile et sûre, et termine i'opnsciile que nous analysons en appelant de nouveau l'attention des savants sur le fait singulier des perpétuelles variations de la distance entre les foyers visuel et photogénique.
Bapport sur un mémoire de M« Eduiond Bkcqcsrel > oyonl j litre : De C Image photochnmuuiqtée du spectre uMre^ par H. E£GMAUI.T« Extrait.
Les divers rayons colorés composant la lumière blanche exercent sur les composés d^argent des actions qui sont loin d'être proportionnelles aux impressions qu'ils produisent sur nos organes ; il en résulte que les images photographiques des objets diversement colorés , prises simultanément sur une même feuille , ne représentent plus les intensités relatives que nous leur trouvons à la vue directe. Il y a[ plus : ces rayons de réfrangibiiités diverses exercent sur les substances sensibles non-seulement des actions d'intensité très-différente, mais encore ils produisent sur la même substance des altérations spéciales qui se manifestent par diverses colorations.
Ai Herscbel reconnut le premier que, lorsqu'une feuille de papier lensiUe est exposée à Faction d'un spectre sobire fortement^coneen* Iré , elle reçoit rapidement l'impression de ce spectre , et cette im- V^mm est colorée; mi nuances rappeOefti pks ou moiai parfti-
RâYem fmrminfwiê. 4MS
ainsi:
Les rayom ranges prodai^Mt un ronge briqueté ;
L6» r«y<NU iTMti prodoisent «ne cotil«ttr v«ri*0oiibrê ei nêUiliqoe;
Lm rayoni janoM ne donneftf paa de eoloraileft spéciale;
Lea rayons Mens prodoisent une nuance Uenltre ioaabra qni passe prompleoient an noir.
On doit k M. Hum, une série d'expét^nees poUiéesen ISkO^anr les diterses colorations que le papier préparé au cblorora d'argent prond sons les verres colorés. Les colorations quMI indique sent Ma* Tariées, mais elles diffèrent ordinairement beaucoup des nuances qne nous reconnaissons k la lumière qui traverse les verres colorés. Cette circonstance ne doit pas surprendre, car nous savons que la plupart de ces verres laissent passer des rayons de réfirangibilltés très-diverses, et dont les actions spéciales sur les matières Impressionnables sont loin d'être proportionnelles à leurs quantités.
Telles étaient nos connaissances sur l'action spéciale que les divers rayons simples exercent sur une même substance sensible , lorsque M. Bdmond Becquerel entreprit de soumettre ce sujet à une nouvelle étude. Il se proposa de chercher une préparation sensible, qui, sous l'influence d'un spectre solaire convenablement épuré , prit en chaque point des colorations identiques à celles que les rayons lumineux qui y tombent produisent sur nos organes , de manière à obtenir une image du spectre, aussi semblable que possible , à celle que nous percevons directement par nos yeux.
Le corps chimiquement impressionnable qui jouit de la faculté de prendre , à peu près dans le même temps , la teinte des rayons de tonte nature qui le frappent, est un chlorure d'argent que Ton prépare en attaquant par le chlore , dans une certaine condition, une lame d'argent bien polie.
Le mode de préparation auquel il s'est arrêté , est le suivant : la lame de plaqué, préalablement polie au rouge d'Angleterre et au tripoli, est ûxée sur un petit support formé par deux fils de cuivre, en forme de fourchette, qui la maintiennent à l'aide de petits crocheta qui la terminent. Les deux fils se réunissent à leur partie supérieure, qui est mise en communication avec \ejpble positif d*une pile com-
posée de deuK émeute de Bugsen, moyenneinentcbarféA. Oa pionge
la lame dans un grand vase renfermant de huit à dix litres d*acide chlorbydrique affaibli (dans les proportions de 125 centimètres cubes d'acide chlorbydrique ordinaire pour un litre d'eau ). On plonge dans le même vase une tige, ou une lamelle étroite de platine, qui communique avec le pôle négatif, et Ton promène cette tige rapidement à une certaine distance de la lame et parallèlement à sa surface. La plaque d'argent prend successivement les diverses colorations des lames minces, que Ton peut suivre aisément quand on opère dans une chambre faiblement éclairée. £l|e commence par se colorer en gris , puis elle prend des teintes jaunâtres et violacées ; efle passe bientôt au bleuâtre et au verdâtre ; elle devient ensuite d*un bleu gris, puis rose, puis violette, en6n elle reprend une teinte bleue.
On arrête l'opération avant l'apparition de la seconde teinte bleue, lorsque la plaque a pris une teinte lilas : ou la retire alors rapidement du bain, on la plonge dans de l'eau distillée, et on la sèche en rinclinanl légèrement, la chai^ffant doucement avec une lampe à alcool pendant que l'on souflDIc sur la surface. La durée de l'immersion de la plaque n*est que de une ou deux minutes. Si Timmersion se prolongeait davantage, sa couleur se foncerait de plus en plus, et elle finirait par devenir noire; la plaque devient alors de moins en moins sensible aux radiations lumineuses.
Les plaques ainsi préparées se conservent indéfiniment, sans altération , à l'abri de la lumière. Avant de s'en servir, il est bon de les frotter avec un tampon de colon ; on rend ainsi leur surface plus brillante, et les couleurs qu'elles forment sous l'influence des divers rayons du spectre deviennent plus vives.
Les plaques préparées comme nous venons de le dire, prennent, à la lumière diffuse, une teinte grise. Si l'on y projellc un spectre solaire très-pur et fortement concentré , on reconnaît que la partie qui s'impressionne d'abord est celle sur laquelle tombent les rayons orangés et rouges ; il s'y développe une coloration rouge qui augmente rapidement d'intensité, mais elle se fonce en même temps et finit par devenir noire.
L'action photogénique du spectre se prolonge noiahlement au delà de la raie A de Fraunhofer, et produit une teinte amaranibe qui semble annoncer un passage du rouge au violet. Ainsi la.subbtance
BAXONs PHOToaimovfift. i697
sensible est impressionable par des rayons moins réfrangiUes que les rayons rouges extrêmes , perceptibles pour nos organes.
Le vert priso)ati(|oe se marque en vert sur la plaque ; le bleu et le violet y impriment leur couleur et produisent des colorations qui sont très-belles et très- intenses à un certain moment de Taciion. Le jaune et Torangé viennent difficilement : on peut cependant recon» naître ces nuances sur la plaque après les premiers moments de l'action. Il se manifeste également une action au delà du violet. On sait que le violet visible s'arrête à une petite distance de la raie H de Fraunhofer, et qu'il se termine par une bande d'un gris lavande trèsfaible , que Ton n'observe facilement qu'en interceptant , par un écran, la partie moins réfractée et beaucoup p\m brillante du spectre. L'impression photographique suit cette bande, et s'étend même beaucoup au delh ; elle se manifeste par une teinte grisâtre, qui devient déjà très-sensible après dix ou quinze minutes d'exposition et se fonce ensuite de plus en plus. Cette portion du spectre photogénique se manifeste très-clairement par l'insufflation de l'haleine ; la vapeur d*eau s'y condense , de préférence , sous la furme de petits globules liquides , et l'on parvient ainsi à la rendre très-évidente même sur les plaques qui ne sont pas restées exposées à la radiation assez longtemps pour que la coloration s'y soit développée.
L'image que l'on obtient ainsi sur la plaque rappelle bien les couleurs prismatiques par ses nuances , mais celles-ci sont en général sombres et deviennent de plus en plus foncées à mesure que l'exposition à l'irradiation se prolonge; c'est dans les premiers moments de Taction que les nuances sont les plus franches.
Si l'on chauffe la plaque d'argent préparée avant de l'exposer à Faction de la lumière, elle acquiert des propriétés nouvelles. £lle éprouve des changements très-notables dans sa couleur propre : celle-ci devient de plus en plus rose , et le chlorure d'argent finit par fondre k sa surface.
Avant le recuit , la substance recevait par la lumière blanche une espèce d'image négative grise ; car celle-ci se détachait , pour ainsi dire, en noir, sur le fond plus clair de la plaque; après le^recuit, la lumière blanche imprime sur la plaque une image positive , qui se détache en clair sur le fond et présente quelquefois la blancheur du
1696 ttktûnn *mtûGiitt<flstè.
fMipier. tw rayoM du «p«ctrè s'y peignent avec tetir contew propre, et les nuanceii Ht sont pins sombres comme celles qoi se dévelop'^ paient snr là tamt taon rettihe; elles sont Tives et briflantes , et ne Noircissent pins attssi rapidtettient qaand on prolonge Pattion.
Âu reste, la modification qne subit la matière sensible est dHKrente selon ta température l la()[Uelte lé rectiit a lien, et selon le temps pendant lequel la plaque est exposée à la chaleur. Si la lame est recuite dans une étuve à 100 degrés, elle prend au bout de quelques minutes une teinte bois légèrement rougeâtre; c'est dans cet état que M. Edmond Becquerel la regarde comme la plus convenable pour prendre toutes les colorations du spectre. Le spectre solaire y imprime, en effet, toutes ses coulçurs. Le jaune et le vert deviennent très-nets, le bleu et le violet prennent nies nuances vives et bien franches ; Torangé et le rouge acquièrent une grande intensité, mais leurs nuances sont plus violettes que celles du spectre. La portion du spectre photogénique en deçà du rouge extrême, qui se manifeste par une bande amaranthe foncée sur la plaque non recuite, est à peine sensible sur la plaque recuite. Mais les rayons plus réfrangibles que le violet extrême continlient à imj3rimer leur actioft, et développent une bande grise qui se fonce de plus eYi plus à mesure que l'action se prolonge. Ainsi, le spectre photographique obtenu sur la plaque thlorurée et recuite présenté une ressemblance complète avec le spectre visible, dans tonte la portion visible de celui-ci ; mais le spectre photographique se continue au delà du violet paf une bande gris- noirâtre qui is'y est développée Sous l'influence des rayons plus réfrangibies que les rayons exerçant une impression sûr nos yenx.
Xa lumière bîancite, qui ^e compose de la rënnion de tons ces nrjfotis de réfrangfbilités diverses, produit snr la plaqUe sensible un eBfet complexé.
M. Becquerel a trouvé un moyen très-remarquable d'arrêter Complètement toute Ta partie du spectre photogénique plus réfrangible que le violet extrême, sans diminuer sensiblement Tiniensîté des rayons visibles : il consisté à placer sur le trajet du rayon solaire un écrah mince d^nne dissolution très-faible de sulfate acide de ^uibin'e.
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Lk lciMMr« MindM q«f i iravcné œt éeraii inifMÉM su» la ptaqw cUororég «t teenUe une kMge Uancfae ikpt ia Uaiicbeujp <tt quelqoefoifl cooifNirafele à celle 4u fMfMer.
Le tMipsqiu doit durer l'exposiéitti de ia plaque au «[M^ctre ^^ . iiîite varia nécasaairei^at avec i*ti»taii«ké da caap«6Cra. S<. 1^ ^^toUt a«t lrèa-c(>o€«mré ei peu HM par la réfraction , «a abti^«M en qu^ques minutes une belle impre$$ioQ colorée* Av^c un $p«^U4^ trè^dilata ft pr^Hiait par mh faiscaau qui a traversé uoa fente trÀa%étri)ife, il fiot {MT^Ji^ger rei;p^«iijQa une ou d^nx beure$; mais l'iioageprésaojt^ daoa ^ daroiar jcas lea inriQ/cif^ea raies de Frawhof^^ q^i a'y 4etii^i»e«tt en mojr.coiiHne dans le aj»acire va diracieaaii«4.
i«a fKtôitiofl du ^i^ximupi 4'actiûn dans ie ^ectra ;i^arie avec la préparanii^ da Ja plaqwa : Joraq^iji €alie-ci a été foriawa^f; roccrUe, la naKiAMW ae iroiiive d^na le jawje ; ai^r U ^qqa obiprurée, waia uw reoBia?, 4a rouge w iem aiu«$i ivite que le jaune.
IL ËAnond Bûcquerfl obtient aa dissobiiion de ^ utfaia da quicifta es diaflolvant deux ou iro(s ^a:mines de ^tfate de quinjoo dans «ua litre d'eau acidulée par un peu d'acide sulfurique. Il suffit d'/uw mvm de deux centimètres d'épaisseur pour arrêter complètement les rayons plus réfrangibles que Jes rayous violets. Comme ces rayons exercent peu d'action sur la rétine, leur suppression n'empêche pas la lumière transmise de paraître blanche. La dissolution paraît seu- Jame;i;^t légèrement jaunâtre à la lumière ti^ansmise^ quand on l'obaerye aur une grande épaisseur; et elle réfléchit, surtout sous l'inc^i- 4eoce de la réflexion tctale, une belle couleur indigo.
AI. fdQoond Becquerel a pris^ur ses plaques scAsjblcs Jes ims^es dea spectres produits par la lumière solaire qui a iravjersé des milieux transparents colorés ; il a trouvé constammeui que la matière senaib^ restait inaltérable daus toutes les parties du spectre visible <OCCMpéea|^r^les bandes obscures.
tli'anteur a reproduit également, i^v décalquage, des estampes coloriées : les images qu'il a obtenues rappellent les couleurs de l'estamf>e, tuais elles sont comparativement moins vives que celles du spectre solaire.
Les iaoages photochromatiques de M. Becquerel se conservent trèslongtemps dans l'obscurité , mais elles s'altèrent sous l'influence pro-
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k»gée de la lumière diffuse. L'auteur à cherché Yainemeat à fix r ces images, en enlevant, par des dissoWants, la matière impressionnable. Les images se sont constamment décolorées, et ont été rem* placées par d*aotres plus ou moins analogues aux imases Négatives que Ton obtient sur les papiers sensibles. Les épreuves exposées aux vapeurs mercnrielles produisent des images tion colorées semblables aux images daguerriennes ordinaires.
En résumé, le mémoire de M. Edmond Becquerel renferme la description d'un nouveau procédé de préparation des plaques daguerriennes, qui permet d'obtenir des images dont les couleurs rappellent celles des objets, et produit un plus grand nombre de couleurs du spectre que les préparations photographiques connues jusqu'ici. Il contient, en outre, un grand nombre d'observations intéressantes sur l'action que les rayons simples du spectre exercent sur les diverses matières sensibles. Nous avons l'honneur de propo* ser è l'Académie de donner son approbation au travail de M. Edm. Becquerel, et d'ordonner qu'il soit inséré dans le Recueil desSavanu étrangers.
Sur des propriétés particulières de l'iode, du phosphore^ de tadde azotique, etc., par M. NiEPCE DE St- VICTOR.
Preboère partie. — De l'iode et de ses effets, — • Je crois être le premier qui ait découvert dans l'iode une propriété que l'on était loin d'y soupçonner, la propriété de se porter sur les noirs d'une gravure, d'une écriture, etc., à l'exclusion des blancs. Ainsi, une gravure est soumise k la vapeur d'iode pendant cinq minutes environ à une tenopérature de 15 à 20 degrés; on emploie 15 grammes d'iode par décimètre carré (il faudrait plus de temps si là températurc était moins élevée) ; ou applique ensuite cette gravure sur du papier collé à l'amidon, en ayant soin préalablement de le mouiller avec une eau acidulée à 1 degré d'acide sulfurique. C'est la seule substance qui, jusqu'à présent, donné un peu de solidité aux dessins : malgré cela, ils finissent par disparaître à l'air et à la lumière; mais en \e& collant sous une feuille de verre, on peut les conserver trèslongtemps. Les épreuves, après avoir été pressées avec un tampon de
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linge, présentent on dessin d*nne admirable pureté ; mais, en séchant, il devient vaporeux. On peut tirer plusieurs exemplaires de Ja même gravure sans lui faire subir de nouvelles préparations, et les dernières épreuves sont toujours les plus nettes.
» J'ai trouvé le moyen de reproduire par le même procédé toute espèce de dessin, soit que celui-ci ait été fait à Tencre grasse ou aqueuse (pourvu que celle-ci ne contienne pas de gomme), soit qu'il l'ait été à l'encre de Chine ou à la mine de plomb; en un mot, tout ce qui a trait peut être reproduit, seulement il faut faire subir à ces dessins les préparations suivantes : on les plonge pendant quelques oûnutes dans une eau légèrement ammoniacale, puis on les passe dans une eau acidulée avec les acides sulfurique, azotique et chlorhydrique, et on les laisse sécher : c'est alors qu'on les expose à la yapeur d'iode, et qu'on répète le procédé décrit plus haut. Par ce moyen, on parvient à décalquer des dessins qui jusqu'ici n'auraient pu l'être autrement, lors même qu'ils seraient dans la pâte du papier. On peut aussi ne reproduire qu'une des deux images qui se trouvent sur le recto et le i^^r^o d'une même feuille de papier.
» J'ai indiqué la nécessité que le papier qui doit recevoir le dessin d'une gravure ait été collé avec de l'amidon, parce qu'en effet la matière colorée du dessin est l'iodure d'amidon ; d'après cela, j'ai eu l'idée d'enduire d'empois la surface de plaques de porcelaine, de verre opale, d'albâtre et d'ivoire, et d'opérer ensuite comme j'opérais sur le papier : le résultat, comme je l'avais prévu, a été d'une sopériorité incontestable, relativement aux dessins produits sur simple papier collé à l'amidon.
» Lorsque le dessin résultant de cette opération est parfaitement sec, on y passe un vernis â tableau ; et si on peut le mettre sous yerre, il acquiert une telle fixité, que j'en ai conservé depuis plus de huit mois sans aucun changement notable.
> Lorsque je veux reproduire une gravure, je me sers de préférence de verre opale, derrière lequel je colle une feuille de papier pour le rendre moins transparent : on obtient sur cette plaque une épreuve renversée ; mais en opérant sur une feuille de verre ordinaire qiie l'on retourne ensuite, l'épreuve se trouve alors redressée, et il suffit de placer une feuille de papier derrière, pour faire.ressortir le dessin. On peut aussi le conserver comme vitrail ; mais, dans et
1702 BATONS PHOTOOKNIQUfiS.
cas, il ftut placer le demn entre deux feolUes de verre, «fia de h préserver de tout contact et en assurer la solidités
» Cette dernière application sera très-avantageuse pour la fantasmagorie.
» On peut obtenir des dessins de plusieurs couleurs, telles que du bleu, du violet et du rouge, suivant que Tamidon est plus ou Rioins cuit ; dans le premier cas, il porte au rouge.
» On obtient du bistre plus ou moins foncé en soumettant une épreuve à la vapeur d'ammoniaque ; mais elle reprendrait sa couleur primitive, si on la vernissait après cette opération. Gonséquemment, on ne peut donc vernir une épreuve ainsi modifiée par l^ataoïo** nlaque.
• Je parierai maintenant des épreuves que Ton peut obtenir sut différents métaux. Ainsi, en exposant une gravure à la vapebr ë'ioée (pendant quelque minutes seulement, aQn d'éviter que les blancs 8*en imprègnent), rappliquant enstiite (sans la mouiller) sur bue plaque d'argent, la mettant sous presse, on a, au bout de cinq à ait minutes, une reproduction des plus fidèles de la gravure ; en expo* saut ensuite cette plaque à la vapeur du mercure, on obtient une image semblable à l'épreuve daguerrienne.
» Sur le cuivre, on opère comme 11 Vient d'être dit pour l'argent, et Ton soumet ensuite cette plaque à Ja vapeur de l'ammoniaque liquide, que l'on chauffe un peu afin que le dégagement soit plus fort Mais il fâ\]t avoir l'attention de n'exposer la plaque de cuivre que lorsque les premières vapeurs se sont échappées de la botte ! car, pour cette opération, il faut une boîte dans le genre de celle dont od se sert pour le mercure. On nettoie ensuite cette même plaque avec de l'eau pure et un peu de tripoli. Après cette opération, l'image apparaît en noir comme la précédente, et, de plus, la modification produite par le contact de l'ammoniaque s'étend à une telle prof(Hideur dans la plaque, qu'elle ne peut disparaître qu'en usant sensiblement le métal même.
» Ge dernier procédé pourra faciliter le travail de la gravure au burin.
» On peut aussi reproduire sur du fer, du plomb, de l'étain et du laiton ; mais je ne connais paa de moyen d'y fixer l'image.
» Des ftombreuse^ et nouvelles expérietices que j'ai faites sur
RATONS PIOTOGÉNIQUIBS. i7Qili
t'iodi, je ne citerai icf que cdle3 dont les résultats sont certaine. Ainsi, j'ai huilé une gravure à l'encre grasse, et lorsqu'elle a été sèche, je l'ai exposée à la vapeur d'iode. Le» épreuves ont été ana* logues aux précédentes, sauf que le dessin était moins apparent. J'ai ensuite crayonné des dessins sur une feuille de papier blanc (collé h ramidon) avec du fusain, de l'encre aqueuse (sans gomme) ef du plonib : eh bien I tous se sont reproduits et se reproduisent encore plus nettement lorsqu'ils ont été tracés sur papier prépara ponr la peinture à l'huile. J'ai fait ensuite un tableau k l'huile (non verni) et je l'ai reproduit également, à l'exception de cer* taines couleurs composées de substances qui ne prennent pas l'iode. Il en est de même des gravures coloriées. On comprendra cel? quand je dirai qu'une gravure soumise à la vapeur du m(V*cure ou du soufre ne prend plus l'iode; il en est de mêoae si qp la trempf dans du nitrate de mercure étendu d'eau, dans du nitrate d'argent^ dans des snlfates de cuivre, de zinc, etc, : l'oxyde de Pnjvre, ie mi<* mom, l'outremer, le cinabre, l'orpin, h cérusf , la gélatine, Talbu? mine et la gomme produisent le même effet. Cependant de$ des^in^ faits avec ces matières peuvent se reproduire en leur faisant subir, avec quelques modifications, la préparatigp indiquée plqs haut ? aussi puis-je dire que je n'ai pas trouvé de devins qne je n'aie pu r<^oduire, à l'exception de ceux qui sont faits avec l'iodure d'à* midon.
9 Je parlerai maintenant d'une seconde propriété que j'ai reconnue il riode, et qui est tout i fait indépendante de la preii|ière : c'est pelle dont il jouit de se porter sur les dessins en relief et sur toqs le^ corps qui offrent des tranches, quelles qq'en soient la couleur et la composition.
9 Ainsi , tous les timbres secs sur papier blanc se reproduisent parfaitement.
» Les tranches d'une bande de verre ou de marbre se reproduisent également; les mêmes effets ont lieu avec d'autres fluides élastiques, gaz ou vapeurs, tels que la fumée du phosphore exposé à Tair et la vapeur de l'acide azotique. Mais i'îode n'en a pas moins la propriété dont j'ai parlé au commencement, puisque J*ai obtenu les résultats suivants : j'ai réuni un morcean de bois blanc et un morceau