‹ Répertoire d'optiquemoderne, ou analyse complète des travaux modernes relatifs aux phénomènes de la lumièreChapitre 59 sur 81 · RATONS PHOTOGÉNIQUES · texte numérisé non relu

RATONS PHOTOGÉNIQUES

dV'bènc ; après les avoir collés , je les ai rabotés ensemble , ce qui m'a donné une tablette blanche et noire parfaitement plane; je l'ai ensuite soumise à la vapeur d'iode, puis appliquée sur une plaque de cuivre : la bande noire seule s'est reproduite. J'ai fait de pareils assemblages avec de la craie et uue pierre noire, et j'ai toujours obtenu les mêmes résultats.

9 Tous ces phénomènes se manifestent dans l'obscurité la plas grande que l'on puisse obtenir aussi bien que dans le vide.

» Je répéterai ici que, si on laisse trop longtemps les objets exposés à la vapeur d'iode , les blancs finissent par s'en imprégner, mais les noirs se distingueront toujours sur la plaque du métal d'une manière frappante.

» J'ai fait également des expériences avec le chlore et le brome : le premier m'a donné les mêmes résultats que l'iode ; mais le dessin reproduit est si faible, qu'il faut soufQer sur le métal pour l'apercevoir, ou bien soumettre la plaque de cuivre à la vapeur d'ammoniaque, et la plaque d'argent k la vapeur du mercure, pour qu'il apparaisse visiblement

» Je n'ai rien obtenu avec le brome : toutes mes expériences ont été faites sur des plaques d'argent ou de cuivre.

» Il est une expérience que je crois devoir citer dans Fintérêt de la théorie : c'est qu'ayant appliqué une couche d'empois sur du plaqué d'argent propre au daguerrotype et sur du cuivre , le dessin d'une gravure que je comptais reproduire sur la couche d'empois s'est fixé sur le métal sans laisser de trace sensible sur la couche d'empois: il est donc jclair que l'iode a passé au métal en faveur d'une affinité supérieure à celle qu'il a pour l'amidon.

Deuxième partie. — Du phosphore. — « J'ai trouvé au produit de la combustion lente du phosphore exposé à l'air libre la même propriété qu'à l'iode , de se porter sur 1rs noirs d'une gravure et de toute espèce de dessins , quelle que soit la nature chimique du noir»

» Ainsi, en soumettant une gravure à la vapeur du phosphore brûlant lentement dans l'air, en l'appliquant ensuite sur une plaque de cuivre, la mettant sous presse pendant quelques minutes, et la soumettant à la vapenr de l^mmoniaque liquide , on a un dessin par-

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faitedient net et très- bien flxé ; le dessin n'apparaît nullement lorsqu'on sépare le dessin de la plaque de cuivre , et il faut absolument recourir à Tammoniaquepour le rendre visible, de même que, si on veut ravoir sur une plaque d'argent, il faut soumettre celle-ci à la vapeur du mercure.

» J*ai tracé des raies noires et blanches avec des couleurs à l'huile sur de la toile à tableaux ; je les ai soumises à cette même vapeur, et les bandes noires seulement se sont reproduites sur la plaque de a\étal, c'est-à-dire que les noires s'étant imprégnées de vapeur, et qu'ayant été mises en contact avec du enivre , la matière de la vapeur a agi sur le métal, et les bandes blanches qui n'en contenaient pas ont laissé le cuivre à nu. Cette plaque ayant été soumise à la vapeur d'ammoniaque, Tlmage est devenue très- visible.

» Quelle que soit la durée de l'exposition d'une gravure à la vapeur du phosphore, les noirs seuls s'en imprègnent ; mais dans le cas où elle resterait longtemps , le dessin apparaît un peu sur la plaque » comme si l'on y avait tracé des caractères avec un morceau de phosphore ; et en la soumettant à la vapeur d'ammoniaque, le dessin apparaît comme en relief.

» Une plaque d'argent ou de cuivre , soumise à cette même vapeur, reproduit par contact toute espèce de dessins , et donne une épreuve positive. II est entendu que, pour faire paraître les dessins, il faut les exposer au mercure ou à Tammoniaque.

» La vapeur du sulfure d'arsenic jaune ( orpiment) chauffé dans l'air donne à la gravure qu'on y expose pendant cinq minutes environ, la propriété d'imprimer sa propre image à une plaque de cuivre ou d'argent poli, sur laquelle on la pressesans aucune préparation. C'est une opération très-facile à faire, et qui, par cela même, pourra être très-utile au graveur au burin.

Troisième partie. — De Cadde azotique. — » Avec l'acide azotique, j'ai obtenu les résultats suivants :

» En soumettant une gravure (quelle que soit la composition du noir) à la vapeur qui se dégage de l'acide azotique pur, l'appliquant ensuite sur une plaque d'argent ou de cuivre, l'y laissant pendant quelques minutes, on obtient une épreuve négative très-visible^ Les

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Uaocs sont chargés d*une vapeur blanche, et les noirs sont le cuivre pur.

» Une gravure huilée, et des caractères tracés avec du fusain sur du papier blanc, m*ont donné les mêmes résultats. J'ai ensuite soumis à la même vapeur une tablette composée de bois blanc et d*ébène, et la bande blanche seule est reproduite.

» Je préviens que si on laisse longtemps une gravure exposée à la vapeur de cet acide , les noirs unissent par s*imprégner comme les blancs , et que la plaque de métal sur laquelle on a appliqué la gravure se trouve alors recouverte d'une couche uniforme qui n'offre plus aucune trace de dessin.

» Une gravure ne peut servir qu'à faire une ou deux épreuves an plus ; il faut, après cela, la laisser à l'air vingt-quatre heures avant de pouvoir opérer de nouveau, et souvent elle ne reproduit plus son Image. On voit par là que Feffet n'est pas caractérisé, comme il Test nvec l'iode et le phosphore.

» Celte vapeur se porte également sur les reiiefis et sur les tranches; aint)i an tableau à l'huile et des timbres secs se reproduisent trèsbien par ce moyen.

» Les mêmes efifeis ont lieu avec le chlorure de chaux sec; seulement ii faut le chauffer uu peu avant d'exposer la gravure à la vapeur qui SQ dégage de cette substance, et qui donne, comme l'acide azotique, une épreuve négative. »

Jm&x0 au Mémoire préeédmu

f Ayant pris des plumes d'oiseaux présentant d|i noir et du blanc (comme celles des ailea de |a pie ou de la queue du vanneau), les ayant soumises à la vapeur d'iode , les noirs se sont distingués des blancs d'une manière sensible , et j'ai fait avec la même plume [huit à dix épreuves sur cuivre , qui toutes m'ont donné une ligne de déaMTcailon trèi^prononcée entre Je noir et le blanc.

» J'ai ensuite plongé une gravure dans de k teinture d'iode, et j'ai fini , après piueieurs épreuves successives sur papier collé à l'amidon , par avoir une épreuve positive parfaitement nette , cooime si j'avais opéré avec la vapeur d'iode ; il on est de oiéme â l'on tremp* k gravure dtps de l'eau d'iode.

RàTOm PHOTdtÉBIIQUBS. 1707

» Je dois préfenir que, dans la reprodoction d'une grafure, tous les points noirs ou colorés qui se trouYent presque toujours dans la pâte du papier se reproduisent comuie les traits de la gravure ; il faut, dans ce cas, les faire disparaître de Tépreuve en les touchant ayec de ramuiohiaque , ou partout autrç moyen.

» Avant de quitter les épreuves positives pour passer aux négatives, je dirai que j*ai obtenu avec la pyrite de fer ce que j'avais obtenu avec le sulfure d'arsenic ; cependant ce dernier est préférable sous le rapport de la facilité de l'exécution du procédé , et parce qu'il ne laisse ailcune trace sur la gravure. Ces dessins résistent à l'eauforte.

» J'ai également obtenu une épreuve positive avec le deutocblorure de mercure ( sublimé corrosif); si l'on passe le dessin sur cuivre à la vapeur d'ammoniaque , il apparaît beaucoup mieux et se trouve très-bien fixé.

9 Je parlerai maintenant des épreuves négatives que j*ai obtenues avec des substances douées de la propriété de se porter sur les blancs d'une gravure de préférence aux noirs « telles que l'acide azotique. Voici ce que j'ai obtenu de nouveau avec cette substance : j'ai trempé des caractères d'impression dans de l'acide azotique pur (ayant eu l'inteniion de les retirer de suite); je lésai appliqués sur une plaque de cuivre , et les ayant enlevés après un certain temps , j'ai trouvé des caractères en relief ressemblant à une planche typo* graphique.

» ^ l'on trempe une gravure ^ans de l'eau acidulée d'acide azotique ; qu'on la laisse sécher jusqu'à ce qu'elle n'ait plus qu'un peu d'humidité, et qu'on l'applique ensuite sur une plaque de métal, on a une épreuve négative habituellement très-lisible ; mais » dans le cas oà elle ne le serait pas, il suffit de souffler sur la plaque pour faire paraître le dessin. Une plaque noire et blanche, traitée de la même manière , m'a donné également une épreuve où le blanc seul s'est reproduit : résultat inverse de celui que l'on obtient en imprimant sur le métal la plume qui a été exposée à la vapeur d'iode.

» L'aeide chlorhydriqne pr^uit à peu près, le même effet que l'tcide azotique ; mais ce dernier est bien préfirabie.

» J'ai dit que le cbloriire de chaux (hypochlorite de cbaax) donnait une épreuve négative lonqu'on soumet une gravure À la va-

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