‹ Répertoire d'optiquemoderne, ou analyse complète des travaux modernes relatifs aux phénomènes de la lumièreChapitre 60 sur 81 · RAYONS PHOTOGÉNIQUES · texte numérisé non relu

RAYONS PHOTOGÉNIQUES

pear qni s'en dégage, résultat opposé à celui que produit le chlore. L*épreufe est encore négative si Ton plonge une gravure dans da chlorure de chaux liquide, tandis que Téprenve est positive si on la trempe dans du chlore pur.

» Lorsqu'une gravure est exposée au contact du chlorure de chaux dissous dans l'eau ou à la vapeur qu'il exhale par âa chaleur, il arrive qu'en l'appliquant ensuite sur un papier de tournesol bleu, les blancs de la gravure sont reproduits en blanc, tandis que si la gravure est exposée au contact de l'eau de chlore ou à la vapeur qu'elle exhale, les noirs sont reproduits en rouge. Mais ponr obtenir ces résultats, il faut surtout, pour le chlorure de, chaux, élever la température à UO degrés environ. Les mêmes efforts ont lien sur argent et sur cuivre. »

De la photographie sur verre, par M. NiEPCE DE St-Vigtor.

« Quoique ce travail ne soit qu'ébauché, je le publie tel qu'il est, ne doutant pas des rapides progrès qu'il fera dans des mains plut exercées que les miennes, et par des personnes qui opéreront dans de meilleures conditions qu'il ne m'a été permis de le faire.

» Je vais indiquer les moyens que j'ai employés, et qui m'oDt donné des résultats satisfaisants, sans être parfaits ; comme tout dépend de la préparation de la plaque, je crois devoir donner la meilleure manière de préparer l'empois.

« Je prends 5 grammes d'amidon, que je délaye avec 5 grammes d'eau, puis j'y en ajoute encore 95 grammes, après quoi j'y mêle 35 ct*ntigrammes d'iodure de potassium, étendu dans 5 grammes d'eau. Je mets sur le feu : lorsque l'amidon est cuit, je le laisse refroidir, puis je le passe dans un linge, et c'est alors que je le coule sur les plaques de verre, ayant l'attention d'en couvrir toute la surface le plus également possible. Après les avoir essuyées en dessous, je les pose sur un plan parfaitement horizontal, afin de les sécher assez rapidement au soleil ou à l'étuve, ponr obtenir un endroit qui ne soit pas fendillé, c'est-à-dire pour que le verre ne se couvre pas de cercles où l'enduit soit moins épais qu'ailleurs (effet produit, selon moi, par l'Iodure de patassium). Je préviens que l'amidon doit toujours être préparé dans un vase de porcelaine, et que la quantité

RATOIfS PHOTOGÉNIQUES. i709

de 5 grammes qae je viens d'indiquer est soflBsante poar endaire DDe dizaine de plaques, dites d'un quart. On voit par 1^ qu'il est facile d€ préparer une quantité de plaques à la fois. Il importe encore de ne pas y lasser de bulles d*air, qui feraient autant de petits trous dans les épreuves.

» La plaque étant préparée de cette manière, il suffira, lorsqu'on voudra opérer, d'y appliquer de Cacétonitrate d'argent, au moyen d*un papier trempé à plusieurs reprises dans cette composition ; on prendra ensuite un second papier imprégné d'eau distillée, que l'on passera sur la plaque. Un second moyen consiste à imprégner ^ préalablement la couche d'empois d'eau distillée, avant de mettre l'acétonitrate ; dans ce dernier cas, l'image est bien plus noire, mais Texposition à la lumière doit être un peu plus longue que par le premi(>r moyen que j'ai indiqué.

« On expose ensuite la plaque dans la chambre obscure, et on Ty tient un peu plus de temps peut-^tre que s'il s'agissait d'un papier préparé par le procédé Blanquart. Cependant, j'ai obtenu des épreuves très-noires en 20 ou 25 secondes, au soleil, et en 1 minute à l'ombre. £n chauffant un peu la plaque, on peut opérer en moins de temps. L'opération est conduite ensuite comme s'il s'agissait de papier, c'est-à-dire que l'on se sert de l'acide gallique pour faire paraître le dessin, et du bromure de potassium pour le fixer.

» Tel est le premier procédé dont je me suis servi ; mais ayant eu l'idée d'employer l'albumine (blanc d'œuf), j'ai obtenu une supériorité remarquable sous tous les rapports, et je crois que c'est à cette dernière substance qu'il faudra donner la préférence.

» Voici la manière dont j'ai préparé mes plaques : j'ai pris dans le blanc d'œuf, qui a d'autant plus de viscosité qu'il est plus frais, la partie la plus claire (cette espèce d'eau albumineuse) dans laquelle j'ai mis de l'iodure de potassium, puis, après l'avoir coulé sur les plaques, je l'ai laissée sécher à la température ordinaire (si elle était trop élevée, la couche d'albumine se gercerait). Lorsqu'on veut opérer, on applique l'acétonlirate en le versant sur la plaque, de manière à en couvrir toute la surface à la fois, niais il serait préfé* rable de la plonger dans cette compositioi) pour obtenir un enduit bien uni.

47i0 KATOIIS PHOWeéiHQVIii.

ff L'«célMijtrate r«iMl ralbmiiie ioMMbl^ «da^s i'^n ^)f^ àonn^ 4Hie graiiâe ftdhéreo«« au verf^. Avec l'AUbiiiniii^t d f^ ^nm^ va l^u (>)h8 )fii»gl<eiBpj» k faction «l^ in lnoùèiw qm 4^q4 <)|^ ^ra Mf^ Vunidm ; y^îm 4ê Vmd% gallique lO^t égii)ei«e#l plm io^gjue ; ffi^ en compensation on obtient une pureté et une ûnes^ d^ tna^$ Jier learquaUeS) et qui, j^ Gtoi»^ poi^rnont wix j/ow att^driç h la p^rfectioji d'uae image ^ur Je plaq«ié d'arge^u.

. » J'ai essayé des géjaiiaes : cUes donneol ^u^si des 469»ip$ 4*mif grande pureté (surtout à l'o^ a la précpuxioB de les fii^^, fie q^»*)^ esl essentiel de faire pour iouies les sub&taiiices ), mais elles ^e ài^ solvent trop facilemem daas Tiedu. Si ïm veut employa Tag^ideii ^ il faudra choisir le plus fia ; pour moi , qui n*ai employé quç cei^ du cûmmeree , le mejUenr que j'aie trouvé est cel^i de te «daisai» Grouet.

» J'ajouterai q^sie r<>a jiou^ra oi^enir de très-jolies i^^yes positives sur verre opale.

» Ne pewt-onpas espé^rer que, par£;e tmym^ o^ p^vi^ie i jUpgr des épreuves de jla pierre Uthogr^phique, f^e 3era^^çe qu'en crayonnant le dessin reprpduit , gi Tq;) #e peuj p^s ^*.ep,€rV ^utr.ement; J'ai .obtenu de très-belljçs épreuvç;s ^r j,in .^chisie (p^eire |i r^SQîr) enduit d^yne co^ucbe il'albuiuine, A l'aicie 4^ ce nipyep, Jes grjiveiii^ sur cuivre et sur bois po.urropi obtenir desiwage^ q^'jij jeurjsera trèsfacile ^e. reproduire. »

Deuxième Note sur la photographie sur verre , par M. NiEPCE de Saint-Victor.

» Les épreuves que j'ai Thonneur de présenter ne sont encore que des reproductions de gravures et de naonuments d'après nature, it longueur de l'opération ne m' ayant pas permis de fa\re le portrait «i employant l'albumine seule ; cependant, j'ai obtenu des épreuves de paysages en quatre-vingts et quatre-vingt-dix secondes à l'ombre ; et si l'on mélange du tapioka avec l'albumine, on accélère l'opération , mais on perd^en pureté de traits ce que l'on gagne en vitesse.

» J'ai indiqué dans mon mémoire deux substances propres à la photographie sur verre : l'amidon et l'albumine ; j'ai donné les moyens

d» prépiur^r raN^doD » mte imifo^ i'aUNiJoioa lui m f^^fkMe» j« ne parlerai que 4« ceiui'^ci*

» Voici la manière de procéder :

' 9 Oji {xnend dauik w {rm bla«c« d'c^f^ i selon 1q ^apoibr^ 4^ pla- <|iie«À^p«r«r} daiis l^uel»o« v«r«eda Aq^zb à quiii^se gooUe« d'eau raturée d^odure de potaesiu^i, »e\ou la gro^ur «les mijJ»; w bat ««suite le bUac «u aeige , jusqu'à ce qu'ils ^iej»t asse^ àa çwsistance pour lenir sur le bord d'une assiette creuse. On AeUoie par- £iitemejQt la partie de l'assiette libre » afia d'y laiisser l'albtiaiine liquide qui js'écbappe da la mousse eu plaçant l'assi^tie sur un plan incliné. Âpr«s «ne l^ew^ ou^leux, le liquide est «r«^fué dans unAapop 4e verre pour s'eu servir au be^eÂci.

A On peut conservée l'albuuiÂae pendant quaraute^buit bevres au moins en le tenant au frais.

» Une grande difficulté existe pour étendre Talbunoine égakment&ur la plaque de verre. Le pr4M>édé qui m'a le inieux réussi e&t celui-ci.

« Je mets l'albumine dans une capsule de porcelaine plate carrée, de manière que le fond en soit recouvert d'une couche de deux à trois millimètres d'épaisseur; je place la feuille de verre verticalement contre une des parois de la bassine; je rioclinc ensuite eu la soutenant avec un crochet 9 de façon à lui faire prendre tout doucemeait la position horizontale ; je la, relève avec précaution au moyen d'un jcrocbet, et je la place sur un plan parfaitement horizontal.

» Tel est le moyen qui m'a donné les meilleurs résultats et avec lequel on peut obtenir une couche d'égale épaisseur ; chose essen* tielle, car s'il y a des excès d'albumine dans certaines parties de la plaque, elles s'écailleront sur le cliché.

» Lorsque l'albumine aura été appliqué comme je viens de le dire, on le fera sécher à une température qui ne doit pas dépasser 15 à 20 degrés; «ans cette précaution, la eouche se fexkdillerait ^t ne donnerait plus que de mauvais résultats. C'est pour cela qu^, dans le cas ou la température dépasserait 20 degrés, il conviqu^i^it de ne préparer les plaques que ie soir, et de les placer «ur un marbre recouvert d'un linge mouillé, elles sèchent alors lentement la nuit: et le lendemain matin on les place dans un lieu frais jusqu'à ce que l'on veuille s'en servir, âans cette précaution, la couche, quoique sècbe, se fendillerait aussitôt qu'elle serair erposée à une température un

1718 fUYOni FMfOCiNfQUIg.

peu élevée: mais pour obvier à cet inconvénient, on passe lesplaqaes, dès qu'elles sont sèches, dans Tacéto-azotate d*argenl, et on les conserve à Tabri de la lumière.

» L'expérience m'a appris que l'image venait tout aussi bien, la couche étant sèche que si elle était mouillée ; seulement Topération est un peu plus longue dans le premier cas ; mais cet inconvénient est bien compensé par la iiacilité que Ton a de transporter les plaqoes pour opérer an loin.

» La feuille de verre étant enduite d'une couche d'albumine qui contient de Tiodure de potassium, on la pasne dans la composition d'acéto-nitrate d*arçent, en eui|:doyant les mêmes moyens que j'ai indiqués pour Tapplication de l'albumine, et on la lave avec de Teau distillée, puis on l'expose dans une chambre obscure ; on se sert d'acide gallique pour faire paraître l'image, et du bromure de potassium pour la fixer.

» Quant à la supériorité du cliché en verre snr celai en papier, je crois qu'elle est (sauf la vitesse) incontestable sous tous le» rapports.

» Pour les épreuves positives, il est reconnu que le papier est plus avantageux que le verre, mais pour obtenir une grande pureté de traits et de plus beaux tons, il faut fortement l'encoller avec de l'amidon.

» Je crois devoir appeler l'attention de l'Académie sur l'avantage que ce nouvel art peut avoir pour l'histoire naturelle et la botanique: je veux parler d'une fuute de sujets qu'il estdiflScile aux dessinateurs et aux peintres de retracer fidèlement : par exemple, les insectes, et particulièrement les lépidoptères^ i^s quadrupèdes et les oiseaux empaillés seront très faciles à reproduire ainsi.

» La botanique pourra également acqutTir ainsi des figures de fleurs et de plantes d'une fidélité parfaite, qu'un cliché sur verre permettra de reproduire à l'infini, et que l'on pourra ensuite colorier.

» Tel est le résultat où mes nombreuses recherches m'ont amené, et que je m'empresse de livrer à la publicité.

» J'annoncerai que j'ai l'espoir de trouver bientôt une substance accélératrice qui me permettra d'opérer sur papier aussi promptement

RAYONS PH0T0CBMIQUB8. 1715

que sur le plaqaé d'argent ; déjà j'ai obtenu des résultats qui me font espérer de pouvoir présenter avant peu des épreuves de portraits d'après nature. « 20 mars 1850. M. Niepce fait des portraits en dnq secondes. «

Recherches photographiques, par M. Blanqdabt-Evrard, de Lille.

» L'idée d'employer l'albumine rendue sensible à l'action de la lumière par son mélange avec de l'acéto-nitrate d'argent et étendue en couche légère sur une plaque de verre, appartient à M. Niepce de Saint-Yictor.

> Eq^ proposant de substituer à la pâte du papier un corps cornpiètemelxt transparent et solide qui pût contenir les 'éléments chimiques, AI. Niepce de Saint-Yictor ouvrait une nouvelle voie à la photographie sur papier. Répondant à l'appel qu'il fait aux expérimentateurs pour arriver à des résultats pratiques, je crois devoir publier une méthode qui réunit toutes les conditions nécessaires \ l'application de la photographie à Tindustrie. Les matrices obtenues sur verre par les préparations que je vais décrire sont inaltérables à la lumière, ne perdent aucune de leurs qualités après un nombre infini de tirages, sont susceptibles d'être reconstituées, si par accident on venait à les perdre, pourvu que l'on ait une seule épreuve de la matrice perdue, et enfin elles peuvent dans tous les temps, sous toutes les températures et conditions de lumière, donner des résultats satisfaisants.

aYoici mon mode de préparation. Recueillir, dans un vase profond, un certain nombre de blancs d'œufs; en extraire toute partie solide ou non transparente; éviter aussi toute poussière qui serait, par la suite > une cause de tache ; ajouter quinze gouttes d'une dissolution saturée d'iodure de potassium, pour chaque blanc d'œuf; battre les œufs en neige et laisser reposer jusqu'à ce que cette neige revienne à l'état liquide; nettoyer la glace dont on veut se servir , avec de l'alcool , la déposer sur un support qu'elle débordera , et verser dessus une quantité suffisante d'albumine; étendre cette albumine sur toute la surface de la glace, en se servant, pour cela, d'un fragment de verre, de manière que sa tranche reste en contact avec la surface, de la glace; faire parcourir par ce fragment , poussant devant lui l'albumine , toute l'étendue de la glace et à plusieurs re-

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prises. Cette opératioil, qui pAratt puérile, a pour effet démettre ralbfliniDe eo contact parfait «vec la surface de la glace , de manière qu'elle ea reste encore bien cooTerte lorsque, par un de ses angles, on fera écouler tout Texcès. Après cette dernière opération, on dispose la glace bien à plat et on laisse sécher.

«L'albumine étant bien séchée sur la glace, on devra la soumettre à une tentpérdtiire trèS'élevée, ou à un tr^-grand rerroidîSsement, ce qui revient au même , jusqu'à ce que là cduche d^albumine présente on aspect totalement fendillé; il ne faut cependant pas pousser jusqu'à l'écartement complet. Ainsi prête, la glace peut être soumise à l'acéto-nitrate d'argent. Il faut que le contact de l'acéto-nitrale avec ralbumine se fasse en un seul temps; car l'albumine se contractant lors de sa combinaison avec l'acéto-nitrate , il y aurait autant de séparations dans la couche qu'il y aurait eu de reprises dans l'immersion. Yoîci le moyen le plus facile : on verse dans une cuve plus grande que ta glace albuminée , une couche d*un demi-décimètre d'âcéto-nitrate, on donne ensuite à la cuvetle une inclinaison de 45 degrés. Tout le liquide étant ainsi réuni dans la partie inférieure, on place le bord de lâ glace, le côté albuminé en regard avec le fond de lâ cuvette , et la cuvette sur la table dans la position horizontale. Ceci fait , on retire à l'instant la glaCe de la cuvette et on la plonge dans une autre contenant de l'eau; on agite fortement pendant quelques secondes; puis^ la retirant, on la fait égoutter en la tenant par un de ses angles et en frappant fortemeat Tautre sur la table.

6 Les glaces ainsi préparées sont photogéniques, elles peuvent être employées indifféremment à l'état humide ou à l'état sec, si t'oii' doit opérer au loin ou en voyage. De même, m peut fc^ire v^ujr l'épreuve avec l'exposition à la chambre noire* soil mmédiàtefm»^ , soit au retour d'une excursion.

« Cette opération se pratique comme js l'ai ÛMl)qf)ôpoiv le papier, en plongeant la glace dans un bain d'acide ||aUk|ua smspé ; toUteiiMi, pour donner à l'épreuve toute sa valeur, il o^vi^nt ë'iyouter au bain d'acide gallique > quelque peu d'acét^-uttrate d'nrgisni. II sera prudent de retirer l'épreuve du bain d'aeiée I^LUque a<rant que ees diverses parties aient acquis le Ion detiraUe ; car si l'on poussait ractioo trop loin» o« lae powrcait pas atténuer les tons trop foncés

MTom rmnPMAmQcn. 1715

qu'elle présenterait alors; tandis que si les nuances étaient trop MbiM I 6b pourfÉt i mâÊ teconTénient * la soumettre de ntaVeatt à Taction de racidegaiUque, la nalfice eOt«eOe déjà serri k produire un très-grand nombre d'épreuTes.

« Âj^irës cette opération ^ on doit laver là glacé à grande éàn et Ii lasser enfin dans ùné dissolution dé bromiifë de poti&iîiin, io gramrbes pàt* 100 grànirhès d^eau, puis la laver encore i grande eau; et enfin la faire sScher ëû là thàifitenaiit étendue liorïzôiitalenient dans la chambre noire , A la cbiiché d^albumine à formé quelques cloches et s'est soulevée par places» par suite des diverses imméMei» qii*«Ke àum SGibies.

« Ainsi traitée, Talbumiiië acquiert sur la glace une dureté et une solidité extrêmes y à tel point que» lorsqu'une épreuve incomplète doit être détruite pour faire servir de nouveau la glace, il faut avoir recours à un agent chimique très-énergique, comme le cyanure de potassium, par exemple, pour Tenlever complètement.

» Les épreuves positives s'obtiennent de la même manière ^u'avee les clichés sur papier. »

Personne n'essaiera de constater l'habileté de H. Blanqùàrd-Ëvéfard qui est certainement passé maître en photographie ; mais (mi pourrait lui reprocher, dans l'intérêt de la vérité historique, une trop grande tendance à s'approprier l'œuvre de ses prédécesseurs. Il h*a pz& assez rehdu justice à M. Talbôt, et à M. Taitiler, élevé de M. Talbot, qui Pinkia, loi, M. Blanquart-Everat'd, au âëctet de la t^ho-' tographie sur papier. Dans sa lettré it l'Âtadénlié insérée dàn» les comptes rendus du 1 1 janvier 1 847 , il demandait que le paquet contenant là description de ses procédés, ne fût ouvert qu'autant que ces procédés seraient publiés dans les comptes rendus. Qui ne fut temé de croire, en voyant M. Blanquart-Everard imposer ses con«ditions, qu'il s'agissait d'une méthode entièrement nouvelle, inventée par lui et restée sa propriété? Et cependant il n'en est point ainsi; les procédés publiés par l'Académie, sont à quelques variations insignifiantes près, la méthode calotype de M. Talbot enseignée k Lille en 18&4 par SI. Tanner, et remise par écrit i plusieurs amateurs qui l'avaient achetée, et au nombre desquels se trouvait M* Blânquàrt- Bverard. Vnicuiquciuum»

i716 BAYONS PHOTOGENIQUES.

Méthode chimique et pratique de photographie sur papier^ par M. le docteur GuitLOX-SAGilET.

Nous n'avons remarqué rien de neuf dans ia brochure de M. Guillot-Sagney ; si ce n'est peut-être le conseil de soumettre au feu, pour la fixer défiDiti?ement et mieux, Timage positive plongée dans la solution d*byposulûte de soude : la décomposition du sel serait ainsi plus complète et plus prompte.

Expériences concernant faction des rayons continuateurs^ par M. Gaudin.

M. Gaudin a démontré : 1* que les rayons transmis par le verre jaune-orangé continuent si bien les impressions subies parles plaques d'argent iodurées, qu'on obtient des épreuves complètes sans mercure par le seul effet de continuation, épreuves qui ne le cèdent en rien aux plus beaux produits du mercure; 2** qu'en faisant succéder à l'action du verre jaune, celle du mercure, on obtenait aussi des épreuves complètes, et c'est par ce moyen qu'il a fait les premières images.

Observations sur les expériences de MM. Fizeau et Foucault^ relatives à l'action des rayons rouges sur les plaques daguerriennes, par M. Edmond Becquerel.

MM. Fizeau et Foucault croyaient avoir démontré, comme nous l'avons rappelé ailleurs, que la partie la moins réfrangible du spectre solaire agit sur Fiodure d'argent en sens inverse de la partie la plus réfrangible.

M. Ed. Becquerel conteste la légitimité de la conclusion que ces physiciens tiraient de leurs expériences. Il n'est nullement disposé à admettre l'existence des rayons négatifis ou protecteurs : suivant lui, toute la partie active du spectre agit chimiquement de la même manière ; les nombreuses anomalies observées doivent être attribuées à la composition et à l'épaisseur variable des diverses couches sensibles, à la durée de l'exposition, etc. etc. Ce qu'il y a de plus singulier, c'est

RATONS PHOT06i!VI(|UES. i717

que M. Ed. Becquerel persiste à maintenir sa distinction entre les rayons excitateurs et continuateurs, quoique la différence soit un phé^ nomène purement accidentel et tout à fait relatif, entièrement analogue h celle qui distingue les rayons positifs, négatifs, protecteurs, distinction dont M. Ed. Becquerel ne veut absolument pas.

Sur tm procédé qui permet de reproduire avec une égale perfection dans une image daguerrierme les tons brillants et les tons obscurs du modèle, par MM. Belfield-Lefbyre et Léon FOUCAULT.

La nouvelle méthode consiste à polir la plaque et à Tiodurer comme à l'ordinaire, puis à lui faire absorber par un procédé quelconque une quantité de vapeur de brome égale à trois fois celle que la pratique et Tusage ont reconnu susceptible de communiquer aux plaques le maximum de sensibilité. Tandis que la dose de brome ordinaire ne change pas visiblement la teinte de la couche iodurée, la nouvelle dose lui fait acquérir une teinte foncée d'un violet bleuâtre. La sensibilité des plaques ainsi surchargées de brome se trouve réduite au tiers, mais elles sont devenues aptes à donner une épreuve complète et détaillée de sujets qui présentent les plus grandes variétés de tons.

Action de la lumière sur le bleu de Prusse exposé dans le vide, par M. Chevreuil.

L'illustre chimiste résume ainsi lui-même sa note :

« Il résulte de mes expériences :

» l^^Que, sous l'influence du soleil, le bleu de Prusse dans le vide perd sa couleur bleue en perdant du cyanogène ou de l'acide cyanhydrique;

» 2* Qu'il reprend sa couleur bleue instantanément sous l'influence du gaz oxygène absolument sec ; .

» 3** Que dans cette coloration il se produit une quantité de peroxyde de fer correspondante à la quantité de fer décyanuré, peroxyde qu'on peut dissoudre dans l'acide chlorbydrique;

» &• Qu'il reste à expliquer pourquoi le bleu de Prusse fixé sur le coton et la soie^ peut être décoloré en perdant du cyanogène ou de l'acide cyanhydrique, et recoloré sous l'influence de l'oxygène jus-

171^ BATQw fvmmnmimmm*

c|B> dwi fq^ nm |9qittrf a)ti^f din» i» ^olwr*» ^ nniii fQ^W il f4d« ^m qiwrt^^ np|<9l49 d^ peroxf 4i 4e fer )t l'ici^A çUorby^

RATONS PHOSPHOROGÉNI9UES.

Sur la pkosfhare^ence produite par insolaixon ; par M. £dh0I9D

Becquerel.

t Eq r^tomé, dit IL Ed«w4 Benqoivdl . Ici rt^m)^m omaîsQés dans cette note, conduisent aux conséquences suiyantes.

» 1" Le sulfure de calcium phosphorescent, ou, pour mieux dire/ le phosphore de Canton préparé de diverses manières , de façon à luire avec des teintes différentes, devient lumineux entre des limites différente^ du spectre solaire.

» On remarque, en général, deux maocima d'action, dont Tan, le phis éloigné du violet, conserve sensiblement la mftme position dans les diverses préparaticms. Cet effet est-ll dû ft utt méiânge de siAstances, e» à des eoBcHtions pbyritfiies différentes de la mette na^ tièrel c^estce qoeMus B'avons pa» encore pa décider

» 2f II se mattifesie deox actioBa bten distinclea da ta ptft da rayonnement solaire sur les substances phosphorescenteaaagéaéldi et sur le sulfure de calcium en particulier : 1"* phosphorescence pi«4uîto > M modifieaiioa latfe qœ ia matièffe davîMt knftiMvaa après une exposition préalable daR&aertailies parties du spectre ; cet effet a lieu, en {;éaéral| ^u de}à da violet; 2'' des|;ri(çtj^ 4q V^ 1^^' pborescence, ou action telle, que la mpdificfl^tioi^ pTpdwi'^ IK^: [es prfniavs rayons est d^truita ooaH^étai^ea^ : ç^t effet se n^plfeate depuis 11» ?iol«t jusqu'au delii du Koagi». Itt^ia ce ijpj'll ffuM; cilis#r¥a|p«. c'est que cette destruction ne s'opère pas en rendant immédji^leiifliMi obfpiy' I9 snlfiure ^^fsm^ préalal4f m^ aux r«y W^ 1^ ¥^^^ rétaraagibles : le sulfure brille même pendant Qm^lfli)^ ^WfH^ V^t )9sa%ii'il a taiis t9m« U Inmi^ qa'il P^t 4mtf9^» c'^st-à^^jm ^^ qu'il aurait mmf!^^ «A le çhauffioli j^p(in'9n rQ^ml ^h^ 4 9*^ Shii lomineux.^i eg^^^ qr ^tàw 4« |j^«W^tw^, || rçshi qliM^qr ^ m papt ém§l)^*« (^ WW^m <to ^ bwjîire qm m iW^ ewwfiioa 909-

vi$9e 9^ f^qm \^ iI^9 ir4i^s»>^i^4t

^ ••9IWI •TFV^a~~*9 IfMWWF ^"w* ^9PM9«ifffir)(^ fr*'1lr|^9lTrnPTB^I^H-^9* fHRIF

BATi)S9 PHOSPHORQGfiNIQUE». 1719

lation à l*actioii des rayons les plus réfraogibles, rentrée dan$ Tohscurité , cette substance devient lumineuse, et peu de temps après cesse de luire, mais la modification qu'elle a reçue du rayonnement, n*est pas détruite pour cela, et une élévation de température la rend de nouveau lumineuse. La lumière qu'elle émet ainsi est de courte durée ; peu d'instants après, la substance redevient obscure, et pour que la chaleur donne lieu à une nouvelle émission de lumière, il est nécessaire que cette substance soit de nouveau exposée au rayonnement solaire. Mais le fait principal que j'ai voulu mettre en évidence dans cette note est le suivant.

» Lorsque la substance phosphorescente a été modifiée par les rayons les plus réfrangibles, de manière à ce que, quoique non lumineuse à la température ambiante, elle le devienne dans l'obscurité par .l'action de la chaleur, alors les rayons les moins réfrangibles, même en n'écha«iffaat pas cette substance, agissent de la même manière que la chaleur, donnent lieu à une émission de lumière, et la suèfiftance {Aesphor^seente redevient obscure. »

Matière phosphorescente des poissons et phosphorescence de (antcf, par M. Matteuccl

La lumière des poissons phosphorescents persiste longuement dans des milieux dans lesquels le phosphore ordinaire ne luit pas, comme dans les gaz qui ne contiennent pas d'oxygène, et dans la vapeur d'éther. L'eau dans laquelle on agite des poissons phosphorescents devient d'apparence laiteuse çt très-lumineuse ; dans Tobscurité, la lumière disparaît peu à peu , mais k la moindre agitation de Teau, elle reparaît. Introduite dans le vide ou recouverte d'une couche d'huile, cette eaa présente les mêmes phénomènes, c'est-à-dire cesse d'iêtre lunajneuse, et le redevient par l'agitation.

Un poisson vivant, mis dans un gaz privé d'oxygène, n'est pas devenu phosphorescent, même après plusieurs jours ; remis dans l'air après ce temps, il n'y donne plus de lumière ; il est vrai qu*il ne présente pas non plus les phénomènes d^ la putréfaction ordinaire. Il semblerait que ta lumière des poissons phosphorescents est due à une substance qui se développe dans la putréfaction , et qui exige pour cela la présence de l'oxygène^ mais qui luit indépendamment de l'oxygène, et par uneactiop presqoe physique.

1720 RAPPORTS DU MAGNénSME ET DE LA LbMIERB.

La phosphorescence de la mer se comporte en gteéral comme celle des poissons ; cependant elle en diffère par deax circonstances ' notables,

A 2 ou 3 degrés, la phosphorescence des poissons cesse, tandis qu'en refroidissant de Teaa de mer à 3 on /j degrés, la lumière des points brillants devient plus vive et plu^ persistante.

En jetant de Tammoniaque, de Talcool, des acides sur Teau de la mer, elle devient très-lumineuse ; c'est même une jolie expérience à voir. Il en est tout autrement pour la phosphorescence des poissons. .

Ces deux résultats sont de nature à faire croire, comme il parait que c'est l'opinion générale des physiologistes, que la phosphorescence de la ^er et celle des poissons ont une origine différente.

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