II AVANT-PROPOS
parens dos heures qu'ils peuvent consacrer au travail ; des caisses (i'épart>;nes (l) ont été fondées, qui sollicitent et conservent les économies que la loterie , maintenant supprimée , engloutissait autrei'ois ; la loi sur les chemins vicinaux a occupé un grand nombre de bras, en même temps qu elle a favorisé la production, en ouvrant des voies nouvelles à la circulation des denrées. Enfin , plus récemment , la loi de 1838 sur les aliénés (2) vient d'assurer aux malheureux atteints de cette triste infirmité, des asiles où ils reçoivent les secours que réclame leur situation, en même lenq^s que leur famille se trouve dégrevée de la charge pénible qu'occasionnent la garde et l'entretien d'un aliéné.
c A coté de ces mesures nouvelles, les services anciennement constitués ont reçu de notables améliorations. Les hôpitaux et les hospices (3) ont été augmentés et assainis ; la somme des secours distribués à domicile s'accroît sensiblement d'année en année (4) ; enfin, les rnonts-de-piété (5), qui procurent aux besoins imprévus une ressource si précieuse , ont successivement réduit l'intérêt (le leurs prêts et offert des facilités nouvelles aux emprunteurs. >
Ces observations, que nous empruntons à la circulaire de M. le ministre de l'intérieur, en date du 6 août 1840, sur le paupérisme et la charité légale (6) , exposent parfaitement l'état des esprits en France, et les tendances de l'administration sur tout ce qui concerne l'importante matière des secours publics. Tandis que des économistes distingués recherchent les causes de la misère et proposent des systèmes pour la prévenir ou la soulager, le gouvernement ouvre une espèce d'enquête auprès des conseils généraux et des préfets; il veut connaître tous les faits, apprécier les opinions diverses, recueillir toutes les vues utiles, afin de retirer de cette étude les élémens de modifications progressives qui pourraient améliorer les services de bienfaisance.
Mais ces réformes, hautement réclamées par l'opinion publique, et que, pour notre part, nous croyons nécessaires , ne sauraient , alors même que le gouvernement veut en prendre la noble initiative, intéresser qu'un avenir plus ou moins éloigné. Les
(i) y, au Répertoire les mois Caisse d'épargnes. (2) Id., Miénés.
(5) Id., Hospices.
(4) Id., Bureau de bienfaisance.
(5) Id., Mor^t- de-piété, (•e) Id., Paupérisme,