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systèmes les plus sagement conrus veulent encore être mûrement médités, avant qu'on puisse en venir à l'application; et l'on ne saurait, en ce qui concerne la matière si délicate de la bienfaisance publique, entrer avec trop de mesure et de réserve dans la carrière des innovations, quelque utiles qu'elles puissent paraître. A côté donc de ces questions d'avenir, il restera long-temps encore des nécessités qui appellent immédiatement toute la sollicitude de l'administration et celle des honorables citoyens qui concourent avec elle à l'exercice de la charité légale.
Deux classes d'hommes travaillent à la même œuvre de bienl'aisance dans des directions différentes. Les économistes, placés plus particuHèrement au point de vue général, étudient les problèmes sociaux et conseillent des réformes plus ou moins radicales. Les administrateurs charitables dans chaque localité, toujours en présence des misères à secourir et aux prises avec les besoins journaliers d'un service pénible, s'appliquent incessamment à soulager les souffrances du pauvre et à régler avec une sage économie l'emploi des ressources mises à leur disposition. Dans le cercle de la législation, et sous l'empire de ses règles nombreuses et compliquées , ils administrent les intérêts des pauvres et portent à la fois 'devant leurs concitoyens le poids des difficultés matérielles que les soins de la charité entraînent et, devant l'autorité supérieure, la responsabilité de l'exécution des lois et des règlemens.
Cette double tâche des administrations charitables n'est pas facile. La première exige cette tendre sollicitude pour le malheur, cette sympathie pour le pauvre qui rend ingénieux dans l'emploi des secours : elle est inspirée plutôt qu'elle n'est apprise.
11 en est autrement de la seconde ; elle exige la connaissance approfondie de la législation et de la jurisprudence ; et c'est là , il faut bien le dire , ce qui manque le plus généralement.
On ne saurait s'en étonner, lorsqu'on réfléchit qu'il n'est pas de service administratif où les détails soient plus nombreux , les règlemens plus multipliés, les matières plus diverses. A part l'organisation intérieure des services hospitaliers , l'assainissement des salles, l'entretien de la lingerie et delà literie, la bojine confection et la distribution des alimens , l'exactitude des soins médicaux, et, en un mot, la surveillance et la direction de toutes les parties qui constituent le régime économique des établissemens ; la régie des biens, le contentieux, la comptabilité en deniers et