Démission du ministère Méline
16. — La Cour de cassation rejette le pourvoi formé par Zola et Perrenx contre l'arrêt par lequel la Cour d'assises de Seine-et-Oise s’est déclarée compétente.
47. — Le Jour signale la visite à l'Élysée du général de Boisdeffre.
— Le Journal Officiel publie l'arrêté du ministre de la Guerre réglant à 2.108 francs la pension de retraite du colonel Picquart.
— D'après l’Aurore du 15 octobre, le général de Pellieux aurait eu, ce jour-là, à Bruxelles, un entretien avec le prince Victor.
— Le Cri de Paris assure que Waldeck-Rousseau, convaincu de l’innocence de Dreyfus, va intervenir dans la campagne de revision.
— L'Intransigeant publie une adresse de félicitations du groupe « Balagny réformé », signée de quatre individus arrêtés pour vol, assassinat et attentat aux mŒUTS.
21. — Le Siècle publie le fac-similé d’une lettre d’'Esterhazy, de juillet 1892, où il se plaint d’être envoyé à Dunkerque par le général Galimard qui est « l'ami de tous les jésuites, et qui est un fier gueux ».
23. — Charles Dupuy déclare à nouveau à l’Eclair qu'il tient Dreyfus pour « régulièrement et légalement condamné ».
— Duel entre Louis Marsolleau, rédacteur au Rappel, et Adolphe Possien, rédacteur au Jour ; Marsolleau est blessé.
24. — Charles Dupuy, recevant Charles Raffard, rédacteur au Siecle, affirme à nouveau que Dreyfus a été « légalement et régulièrement condamné ». Sur l'insistance du journaliste, Charles Dupuy ajoute : « Enfin, 1l a été condamné commeil devait l'être. »
— Picquart se pourvoit devant le Conseil d'Etat contre la décision présidentielle qui l’a mis en réforme par mesure disciplinaire.
— Réunion du Conseil d’enquête chargé de donner son avis sur la révocation du capitaine de territoriale Reinach, « pour faute grave contre la discipline ». Président, le général Kirgener de Planta; rapporteur, le chef d’escadrons Carle de Carbonnières. (Voir aux #4 et 12 juin.)
Reinach lit une lettre de M. Conybeare, professeur à l'Université d'Oxford, affirmant qu'Esterhazy touchait de Schwartzkoppen une mensualité de 2.000 francs. L’Etat-Major serait menacé de voir publier les fac-similés des documents livrés
— 119 Juin 1898.
. par Esterhazy et écrits de sa main. M. Conybeare proteste d’ailleurs de sa sympathie pour la France.
25. — D'après l'avis unanime du Conseil d'enquête, Joseph Reinach est, par décision présidentielle, révoqué de son grade de capitaine dans l’armée territoriale.
Le commandant Patron, un des juges du Conseil de guerre de 1894, questionné dans un café de Gien, sur la condamnation de Dreyfus, fait d'importantes déclarations.
Voir au 20 avril 1899.