Constitution du cabinet Brisson
Henri Brisson, ministre de l'Intérieur ; Cavaignac, ministre de la Guerre; Sarrien, ministre de la Justice ; Delcassé, ministre des Affaires étrangères ; Trouillot, ministre des Colonies ; Peytral, ministre des Finances; Léon Bourgeois, ministre de l’Instruction publique; Lockroy, ministre de la Marine; Viger, ministre de Re Maruéjouls, ministre du Commerce; Tillaye, ministre des Travaux publics.
30. — Jaurès fait à Montpellier une conférence publique sur l'affaire Dreyfus. li déclare tenir de Charles Dupuy, président du Conseil en 1894, que Dreyfus n’a fait aucun aveu au capilaine Lebrun-Renault.
— 160 Juillet 1898.
4. — Le député Georges Berry écrit au ministre de la Guerre pour lui demander la production du document Lebrun-Renault, relatif aux aveux de Dreyfus, dont Cavaignac a affirmé l'existence.
— Paul Viollet, A. Giry, Paul Meyer, membres de l’Institut, et Fernand Bournon protestent, dans une lettre adressée au Siècle, contre l’article d’Urbain Gohier, l'Armée de Condé.
— L'Intransigeant publie une prétendue adhésion d’un comité socialiste de Marseille, dont les signatures sont des mots de patois injurieux pour Rochefort.
3. — M"° Alfred Dreyfus remet à la Chancellerie une requête par laquelle elle demande au ministre, en se fondant sur la communication secrète faite au Conseil de guerre, de faire annuler par la Cour de cassation, comme contraire à la loi (article 441 du Code d’Instruction criminelle), le jugement qui a condamné son mari.
— Chambre des députés :
Coutant demande l’urgence pour une proposition d’amnistie des délits de grève et de presse. Paulin Méry, appuyé par Jourde et Coutant, veut excepter de cette amnistie les défenseurs de Dreyfus. Le garde des Sceaux fait écarter la demande d'urgence.
— Dans la matinée, Esterhazy se rend chez le général de Pellieux. Il à fait le récit de cette entrevue dans le Sunday Times du 16 avril 1899. IL dit notamment :
.… J'ajoutai que. j'avais en ma possession onze lettres d'officiers arrivés aux plus hauts grades de la hiérarchie, à moi adressées dans la plus absolue intimité, et que ces lettres, pour le moins aussi violentes que les miennes, aussi amères, prouvaient que je n'étais pas le seul à écrire de pareilles choses.
… Je fis allusion à ces faits (révélation de l’inauthenticité du faux Henry) ; une lettre que j'ai adressée à ce moment et dont on a eu l’indignité d’essayer de se servir contre moi est là pour en faire foi ; on était donc sûrement averti dès avant le 7 juillet.
Suivant le rapport du colonel Kerdrain, Esterhazy « manifesta son intention de peser sur l'esprit de ses chefs par des procédés inavouables ». (Cass.; LT, 173.)
Devant le Conseil d'enquête réuni pour donner son avis sur la mise en réforme d’Esterhazy, le général de Pellieux déclara qu'au cours de cette entrevue, il engagea vivement Esterhazy à faire cesser la campagne de presse dirigée contre VEtat-Major. Esterhazy le lui promit. Il dit au général que « les juifs lui avaient offert 600.000 francs pour qu'il se déclaràt l’auteur du bordereau et qu'ils avaient également offert 150.000 francs à M"° Pays ». (Cass.: Cons. d'enquête Esterhazy ; dép. de Pellieux, IT, 176.)
— Dans la soirée, agression d’Esterhazy contre Picquart, place Victor-Hugo. Le colonel riposte par un coup de canne et fait dresser procès-verbal par un agent.
— Sarrien, ministre de la Justice, interrogé par un rédacteur du Petit Temps au
— 181 — Juillet 1898.
sujet de la requête de Me Dreyfus, allègue le défaut de preuves, en ce qui concerne la communication secrète. Il vient toutefois de commencer l'étude du dossier Dreyfus.
4. — Cavaignac, ministre de la Guerre, fait appeler le capitaine Lebrun- Renault et lui demande quelles ont été les paroles dites par Dreyfus, le jour de sa dégradation.
Le capitaine lui communique une feuille détachée de son calepin sur laquelle il avait, le 6 janvier 1895, inscrit une note (Voir à cette date). Le ministre copie lui-même cette note et rend la feuille au capitaine.
Quelques jours après le 7 juillet, Lebrun-Renault détruisit cette feuille, ne la jugeant plus, dit-il, utile à conserver. (Cass. : dép. Lebrun-Renault, 1, 276; dossier des aveux, IT, 141.)
5. — Les capitaines [unck et Laville, en exécution d’un ordre du ministre de la Guerre, interrogent Savignaud (à Amberre). (Cass.: dép. Cuignet, I, 377; eng. Tavernier, dép. Savignaud, 11, 308.)
6. — Le procès en diffamation intenté à Zola par les experts Varinard, Couard et Belhomme est plaidé au fond devant la 9° Chambre, présidée par M. Richard.
— Me Lucie Dreyfus envoie au garde des Sceaux un mémoire justificatif.