PURE
éd us LATE , W En" SUN EP IOIA + AMENONE 1% i \ £ PL NE LL EP Fr Û r:5 «TE 4 il 5 Ft À À 4 51 AR Al PR: "+ Te : ] ù 4 ; V x ; # et Ho in k è A | » # ÿ Le dr U | PA EG ï As)
AS 1 — Juillet 1898,
24. — Le Siècle publie, en gros caractères, la note suivante qu'il répétera cinq jours de suite :
La presse d’Esterhazy se tait ; mais cet aveu par le silence ne saurait suffire à la conscience publique.
Puisqu'il faut préciser, nous précisons.
Le complice en faux d’Esterhazy et de la fille Pays, c’est M. du Paty de Clam.
L'oflicier qui a averti Esterhazy, qui a trahi, pour sauver le traître, le secret des enquêtes, qui a renseigné Esterhazy, qui l’a documenté, conseillé, conduit par la main, c'est M. du Paty de Clam.
La faussaire « Speranza », la « dame voilée », l'inventeur de tant de machinations criminelles, les unes odieuses, les autres stupides, c’est M. du Paty de Clam.
Celui qui a fait sortir de la caisse secrète du ministère de la Guerre le « document libérateur », qui l’a donné à Esterhazy, c’est M. du Paty de Clam.
L'inspirateur des dépêches « Blanche » et « Speranza », le complice de ces faux, c’est
M. du Paty de Clam.
Ce que nous disons aujourd'hui, les principaux membres du cabinet Brisson le
savent, les principaux membres du cabinet Méline l’ont su.
Nous attendons.
— Aux obsèques de M. Couat, recteur de l’académie de Bordeaux, le doyen, Stapfer, révèle que le défunt est mort attristé par l'attitude du pays : « Si la justice se trouve parfois éclipsée par les nuages de la passion, dit-il en terminant, si aujourd’hui nous ne savions pas où elle est, suivons toujours les pas de ce juste : nous serons toujours certains d’être dans la vérité. » Ce langage provoque des protestations.
— Le Siècle annonce qu’il poursuit M. de Beauregard, maire du Blanc, pour lacération des affiches Réponse à M. Cavaignac.
— L'Intransigeant prétend que Dreyfus a trahi pour sauver son père, acculé à la faillite.
Or, en 1874 déjà, le père de Dreyfus était retiré des affaires et habitait la France.
— Le major commandant le dépôt du 20° régiment de chasseurs à cheval porte à l’ordre la communication suivante :
Le major commandant le dépôt est très heureux de porter à la connaissance de tous que le pornographe Zola, l’ignoble insulteur de notre armée, vient d’être condamné au maximum de la peine qui pouvait lui être infligée. Tous ceux qui ont du cœur applaudiront à cet arrêt de la justice militaire.
25.— M° Labori, au nom du colonel Picquart, dépose entre les mains du juge Bertulus une plainteen faux contre le colonel du Paty de Clam.
— Le juge Bertulus procède à l’interrogatoire récapitulatif d’Esterhazy.
— Bourgeois, ministre de l’Instruction publique, suspend de ses fonctions pour six mois M. Stapfer, à la suite du discours prononcé par lui aux obsèques de M. Couat. (Voir au 24 juillet.) — La réouverture du cours de M. Stapfer, le 10 janvier suivant, donna lieu à des manifestations opposées.
— Trarieux écrit au Temps que M. Couat s'était souvent ouvert à lui « des angoisses que lui causait la crise que la France traversait ». Le 12 juillet, M. Couat lui écrivait :
Les fautes s'accumulent les unes sur les autres, conséquences inévitables de la faute initiale qu’on n’a pas eu le courage de réparer à temps. Et cependant, il faudra bien que le moment arrive où la légalité aura son tour. Je souhaite bien vivement que ce moment soit prochain : le mensonge et la lâcheté ont déjà fait trop de victimes.
— Le député Chaulin-Servinière est trouvé écrasé, près du Mans, sur une voie de la ligne de Paris.
La Libre Parole insinuera le lendemain qu'il a été assassiné, parce qu'il avait reçu du capitaine Lebrun-Renault la confidence des aveux de Dreyfus, confidence qu'il avait récemment rendue publique.
tin ŒULE
Hu U Pire
ES ARS Juillet 1898.
26.— Le Conseil de l'Ordre de la Légion d'honneur suspend Zola de son grade d'officier de la Légion d'honneur.
— Le Temps publie une interview de Marcel Prévost: Un témoignage sur M° Leblois.
— Lionne, collaborateur de l’Antijuif, est condamné à quinze jours de prison par le tribunal correctionnel d'Alger.
27. — Le procureur de la République requiert le juge Bertulus de se déclarer incompétent pour instruire sur la plainte de Picquart contre du Paty de Clam.
28. — Ordonnance du juge Bertulus sur la question de sa compétenceen ce qui concerne du Paty.
Le juge se déclare incompétent pour instruire contre du Paty, en tant qu’auteur unique du faux télégramme Blanche. Il se déclare par contre compétent pour instruire contre du Paty considéré seulement comme complice des crimes de faux et usage de faux relevés contre Esterhazy et la fille Pays par le réquisitoire du 12 juillet.
— Jules Barbier proteste contre la suspension de Zola en adressant au général Davout, grand chancelier de l'Ordre, sa démission d'’officier de la Légion d’honneur.
— À la distribution de prix du lycée Charlemagne, M. Sarrut, avocat général à la Cour de cassation, recommande le culte du droit, le redressement des erreurs et flétrit les haines de religion, de classe, de race et de nationalité.
— À la salle d'Arras, conférence de Louis Lapicque, docteur ès-sciences, sur l'affaire Dreyfus.
29. — Le procureur de la République et Picquart se pourvoient respectivement, devant la Chambre des mises en accusation, contre l'ordonnance du juge Bertulus.
— Francis de Pressensé, chevalier de la Légion d'honneur, écrit au grand chancelier qu'il ne portera plus sa décoration :
Il me répugnerait de m'orner la boutonnière d’un petit morceau de ruban rouge devenu le symbole du mépris de la légalité et de la violation des principes de 1789, puisque le Conseil de l'Ordre en relire le port à un écrivain qui n'a fait que réclamer le respect des garanties élémentaires du droit.
— Le grand chancelier de l'Ordre avise Jules Barbier que sa démission d’officier de la Légion d'honneur est non avenue.
— Le Jour rétracte les insinuations émises par lui contre Trarieux.
— À la sortie de la distribution des prix du Concours général, Bourgeois, ministre de l'Instruction publique, est l’objet, de la part des étudiants, d’une manifestation hostile.
30. — Le Siècle publie le texte de l'ordonnance rendue par Bertulus dans l'affaire des faux télégrammes.
— La souseription ouverte par le Siécle pour l’affichage de la réponse à Cavaignac est close, après avoir atteint la somme de 21.054 francs.
— Maurice Bouchor écrit à Sully-Prudhomme, membre du Conseil de l'Ordre de la Légion d'honneur:
Je me refuse à reconnaître que Zola ait failli à l'honneur ; je crois, au contraire, qu'il a fait beaucoup pour l'honneur de la France, et je me sentirais humilié si je continuais à porter un insigne que le Conseil de l'Ordre vient d’arracher à Zola tout en le laissant à la boutonnière d’Esterhazy.
— M. Louis Bruyerre, lieutenant d'artillerie de réserve démissionnaire, invité à faire connaître les motifs de sa démission, adresse au colonel de son régiment une lettre se terminant ainsi :
CES TC RS Juillet 1898.
Je ne crois pas devoir continuer à faire partie d’un corps dont tous les principes vont être opposés aux miens. Redevenu homme de troupe, je cesse apparemment de faire partie de « l’armée », suivant la formule restaurée. On ne peut m'infliger aucune responsabilité, je reste simplement soumis à toute réquisition lors du vrai danger, quand sonne l'heure des capitulations. Officier, j'aurais à accepter dans l’accomplissement d'actes faciles à prévoir une solidarité que Je repousse hautement.
A la suite de l'envoi de cette lettre, M. Bruyerre fut révoqué de son grade. (REN- Nes :111, 310; cf. dép. Bruyerre, Roget et Deloye ; ibid, 144, 152, 153.)
31. — Les Droits de l'Homme publient les états de service, dans l’Université, de Judet, chef du service politique au Petit Journal.
Res LUTÉRCE 2 af
— 190 — Août 1898.
4. — 9° Chambre. Procès en diffamation intenté par Zola à Judet, à Marinoni et au gérant du Petit Journal.
M° Labori dépose entre les mains du substitut une plainte en faux contre X et une plainte en usage de faux contre Judet, qui, de son côté, demande l’ouverture d’une instruction.
— Scheurer-Kestner est entendu par le juge d'instruction de Belfort, en exécution d’une commission rogatoire du juge Fabre. (Instr. Fabre, 108.)
— Picquart somme par huissier le procureur général Bertrand de lui communiquer le dossier de la procédure suivie contre Esterhazy, la fille Pays et du Paty.
— La Revue Blanche publie un article d’Urbaïin Gohier sur l'Armée de Condé.
— Le Gaulois publie une lettre de M° Emile Salles, ancien avocat, qui a révélé à M° Demange l’illégalité de la condamnation de 1894. Il déclare croire à la culpabilité de Dreyfus, mais n’aborde pas la question de l’illégalité. (Cf. Pr. Zora : I, 258, 261, 262, 381, 382.)
2. — La Chambre des mises en accusation examine l'affaire Esterhazy-Pays-du Paty de Clam, sur les oppositions formées contre l'ordonnance du juge Bertulus.
3. — La 9° Chambre condamne pour diffamation: Judet à 2.000 francs d'amende, Marinoni à 500 francs et tous deux solidairement à 5.000 francs de dommages-intérêts envers Zola.
Violentes altercations dans la salle. Michon, rédacteur aux Droits de l'Homme. envoie des témoins au député Marcel Habert.
— Aux obsèques de M. Félix Pécaut, M. Buisson, professeur à la Sorbonne, prononce un discours où il rappelle que M. Pécaut avait, avant de mourir, donné sa démission, afin de pouvoir signer une protestation en faveur de la revision, « seul moyen de préserver la France, la République et l’armée du seul déshonneur qui pourrait les atteindre: le refus de réparer une erreur ».
— La presse antirevisionniste annonce que des mesures énergiques seront demandées au Conseil des ministres pour réprimer l’agitation entretenue par les défenseurs de Dreyfus.
— Sully-Prudhomme répond à la lettre de Maurice Bouchor. (Voir 30 juillet 1898.)
— Violentes manifestations à Nantes contre Grimaux, président du Congrès de l'Association française pour l’avancement des sciences, Yves Guyot et le docteur Fleury.
Démonstrations hostiles contre les magasins israélistes de Nantes.
M. Branger Perraud, maire de Clisson, écrit le lendemain au secrétaire du Congrès qu'il ne permettra ni à Grimaux, ni à Yves Guyot, ni à aucun dreyfusard, de franchir la porte du château des Garennes,
' AN (Re D 7!
— 191 — Août 1898.
La fraction socialiste du Conseil municipal de Nantes prendra la défense du Congrès.
4. — Le Siècle publie une interview de Christian Esterhazy, établissant les relations d'Esterhazy, de du Paty de Clam et de Marguerite Pays, et leur participation à la fabrication des faux télégrammes Blanche et Speranza.
5. — La Cour de cassation rejette les pourvois de Zola et de Perrenx contre les arrêts de la Cour d’assises de Versailles.
— La Chambre des mises en accusation déclare, conformément aux conclusions de l'avocat général Blondel, que le juge Bertulus est incompétent ponr instruire contre du Paty de Clam, inculpé, par la plainte de Picquart, de complicité avec Esterhazy et la fille Pays.
— Instruction Fabre. Confrontations de Picquart et de Leblois avec le général de Pellieux.
— Maurice Bouchor répond à Sully-Prudhomme « qu’il n’y a pas de droit contre le droit et que la patrie injuste ne serait plus la patrie française ». (Voir 30 juillet et 2 août 1898.)
— Discours du général Derrécagaix à Bayonne : « Dans les circonstances où le devoir semble obseur, il faut écouter sa conscience et lui obéir. »
7. — Picquart se pourvoit en cassation contre l’arrèt de la Chambre des mises en accusation, mettant hors de cause du Paty de Clam.
8. — Instruction Fabre. Confrontation de Picquart avec Henry, Gribelin, Lauth et Valdant.
Confrontation de Leblois avec Henry et Gribelin.
9. — Bertulus renvoie Esterhazy et Marguerite Pays devant la Chambre des mises en accusation pour faux, usage de faux et complicité.
— Le Journal du Médoc ayant accusé Trarieux de s'être fait « le très obéissant serviteur du syndicat qui depuis de trop longs mois s’est constitué le détracteur, l’insulteur de l'armée française », le sénateur de la Gironde met ce journal au défi de dire où est le syndicat dont il parle, de quels éléments il se compose et par quels actes il a révélé son existence.
— Le député Fournière, socialiste indépendant, et Albert Goullé, socialiste révolutionnaire, protestent contre l'attitude de neutralité adoptée par certains marxistes dans l'affaire Dreyfus.
10. — La Cour d’appel, jugeant l'affaire des experts en écritures, élève à un mois, sans sursis, la peine de prison prononcée contre Zola, à 1.000 francs l'amende infligée à Perrenx, à 10.000 francs les dommages-intérêts alloués à chaque expert ; insertion de l'arrêt dans quarante journaux de Paris ou des départements.
— Instruction Fabre. Confrontation de Picquart avec Gonse, Lauth et Capiaux. Confrontation de Leblois avec Capiaux.
Picquart ayant demandé à Gonse pourquoi on avait ouvert sa correspondance, Gonse refuse de répondre; il s’ensuit une altercation assez vive ; le juge refuse de poser aucune question, Picquart refuse de signer le procès-verbal. (/nst. Fabre, 172; Cass.! I, 167, 195.)
— Picquart proteste contre la communication incomplète qui lui est faite de l'ordonnance du juge Bertulus.
— Le procès de Picquart contre le Jour est renvoyé au 19 octobre.
— Jaurès commence, dans /a Petite République, la série de ses articles : les preuves de l'innocence de Dreyfus.
— 192 — Août 1898.
— Des dames de Liège et de Bruxelles adressent une pétition à M": Félix Faure pour lui demander d'intervenir en faveur du martyr de l’île du Diable.
42. — Sur les réquisitions de M. Trouard-Riolle, la Chambre des mises en accusation rend un arrêt de non-lieu en faveur d’Esterhazy et de Marguerite Pays. Les inculpés sont mis en liberté. (Voir Cass. : dép. Gérard et Tournois, I, 753- 785, et les dép. Marguerite Pays, I, 796.)
— Picquart s'oppose à la restitution à Esterhazy des documents saisis chez Marguerite Pays.
— Le Soir annonce que l'ex-général de la Commune Cluseret va entreprendre en province une campagne de conférences antirevisionnistes.
— La Libre Parole publie une lettre signée « Souligaud », attribuée au planton de Picquart, à Sousse, l’ex-musicien Savignaud.
43. — Dans la soirée, le capitaine Cuignet constate que la lettre datée d’octobre 1896, attribuée à Panizzardi, et lue à la tribune de la Chambre le 7 juillet précédent par le ministre de la Guerre, est un faux. (Cass. : dép. Cuignel,l, 539 ; dép. Roget, I, 121.)
— Les journaux antirevisionnistes ayant annoncé que Christian Esterhazy avait pris la fuite, celui-ci leur adresse un démenti.
14. — Cuignet fait part au général Roget de sa constatation de la veille. Tous deux se rendent chez le ministre de la Guerre qui, « bien que convaincu de l'existence du faux, ne voulut pas mettre Henry en demeure de s'expliquer immédiatement ». Il prescrivit à Cuignet de procéder à un examen plus minutieux des pièces. (Cass. : dép. Cuignet, T1, 540; dép. Roget, I, 121.)
— Le capitaine Tavernier est nommé rapporteur près le 2° Conseil de guerre de Paris.
— A Ja suite des attaques de l’Éclair, M. Buisson, qui avait été désigné pour présider une distribution de prix à Montfort-l’Amaury, est remplacé par ordre du ministre.
— Une polémique s'engage dans le Siècle entre Yves Guyot et Ferdinand Brunetière.
45. — Au banquet de la Jeunesse royaliste, M. Eugène Godefroy déclare que le duc d'Orléans se refuse à croire qu’un innocent soit maintenu au bagne par le gouvernement de la République. Il accuse « les intellectuels » d’inconscience.
— Au banquet bonapartiste, le baron Legoux, qui préside, proteste « contre les injures et les outrages dont l’armée est abreuvée ».
— Hyacinthe Loyson écrit au Siècle qu'il est « de cœur et d'esprit avec ceux qui remontent un des plus formidables courants qui aient jamais entrainé un pays ».
16. — L'Intransigeant ayant dit qu’une perquisition, faite chez M. Goldmann, ancien correspondant à Paris de /a Gazette de Francfort, avait amené la découverte de lettres adressées à ce dernier par Schwartzkoppen, M. Goldmann dément cette allégation dans la Gazelte de Francfort.