‹ Répertoire de l'affaire Dreyfus, 1894-1899 [microform]Chapitre 113 sur 244 · DATE E ATEN · texte numérisé non relu

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— 193 — Août 1898.

59 Qu'il attendait de moi que je lui donne un coup de main pour en finir avec les juifs.

Clemenceau renouvela ces affirmations dans l’Awrore du 25 avril 1899.

(Instr. Fabre, 186. :

Cinquième interrogatoire de Leblois; modification, à son égard, de l’inculpation : abandonnant l'inculpation de complicité, le Parquet lui impute, comme auteur principal, certains faits de communication. (Instr. Fabre, 194.)

— Ranc affirme, dans /e Radical, que la duchesse d'Orléans à tenu au comte de Blois, à Bruxelles, le propos suivant: « C’est bien triste, c’est bien malheureux pour la France; à la cour de Danemark et en Autriche, on sait la vérité, on

sait que Dreyfus est innocent. » (Voir au 18 juillet.)

— D’après /e Soir, le garde des Sceaux Sarrien aurait demandé au procureur général d'agir sur la Chambre des mises en accusation saisie de l'affaire Esterhazy- Pays.

‘abre. Neuvième et dernier interrogatoire de Picquart.

20. — Instruction Fabre. Sixième et dernier interrogatoire de Leblois.

— Michel Bréal, membre de l’Institut, publie, dans le Siècle, un article où il déclare n'avoir jamais cru à la culpabilité de Dreyfus.

22. — Rapport du colonel Kerdrain sur les faits reprochés à Esterhazy. (Texte, Cass: : ZI. 170.)

— M. Hégler, correspondant du Courrier de Geneve, ramasse à Évian les débris d’une lettre, signée Bluet, que Joseph Reinach avait déchirée et jetée en sortant du casino de cette ville. (Cass. : dép. Hégler, 1, 751.)

23. — Plusieurs Conseils généraux (Côtes-du-Nord, Charente, Morbihan, Lot, Pyrénées-Orientales, Vendée, Sarthe, Aveyron, Haute-Marne, Loire-Inférieure, Ille-et-Vilaine, Mayenne, Maine-et-Loire, Gironde, Loire, Charente-Inférieure). émettent le vœu que le gouvernement prenne les mesures les plus énergiques pour mettre fin à la campagne revisionniste.

Vers cette date. — Trarieux écrit à Cavaignac une longue lettre où 1l réfute le discours du 7 juillet ; il y fait allusion, pour la première fois, aux révélations du comte Tornielli. (Aurore du 29 août 1898 ; Cass.: dep. Trarieux, 1, 466.)

24. — Le Conseil d'enquête formé pour donner son avis sur la mise en réforme d’Esterhazy, se réunit, sous la présidence du général Florentin, à la caserne du Château-d’Eau.

Il entend le colonel Mercier, le lieutenant-colonel Bergouignan, le général de Pellieux, le lieutenant-colonel du Paty et le journaliste de Boisandré.

Esterhazy reconnaît avoir écrit, en 1882, les lettres « Boulancy » à l’exception de celle dite « du Uhlan » ; il donne quelques détails sur les relations qu'il a eues, en octobre et novembre 1897, avec du Paty, Henry et Gribelin ; il dit que le général Billot a envoyé son gendre, M. Wattinne, à M° Tézenas, « pour tout concerter avec lui » et pour amener le commandant à demander sa retraite. Il offre enfin au Conseil la communication d’une pièce importante, qui se trouve entre les mains de M° Tézenas (la note aux deux écritures, voir au 20 novembre 1897). Le Conseil s’ajourne à une date prochaine (voir au 27 août). (Cass.: doss. discipl. Esterhazy, II, 175-185 ; cf. Dép. Esterhazy, 1, 591.)

— L'Aurore publie le texte d’une lettre de menaces anonyme qu'Esterhazy

avait fait copier et adresser par son cousin à M° Lagasse, avocat de Me de Boulancy.

— Dans la soirée, Esterhazy déclare au journaliste Strong Rowland qu'il a écrit le bordereau, sur l’ordre du colonel Sandherr, pour fournir à l'État-Major

AO Août 1898.

une preuve matérielle contre Dreyfus. (Cass.: dép. Strong, Æ, 745. — Voir au 24 septembre 1898.)

25. — Instruction Fabre. Réquisitoire définitif, signé du substitut Siben. Ordonnance du juge Fabre.

Picquart et Leblois sont renvoyés devant le tribunal correctionnel, Picquart par application de l’article 1°", et Leblois par application de l’article 2 de la loi au 18 avril 1886.

L'inculpation de complicité avec Picquart, relevée contre Leblois, est l’objet d’une ordonnance de non-lieu.

En ce qui concerne les trois chefs de communication suivants, imputés à Picquart : communication du dossier Boulot, du dossier des pigeons voyageurs et du dossier « de trahison Dreyfus », le juge se déclare incompétent.

— Le général Zurlinden rend compte, par écrit, au ministre de la Guerre, de ce qui s'est passé au Conseil d'enquête entre Esterhazy et du Paty de Clam. L'existence de ce rapport, très sévère pour du Paty, sera révélée par /e Siécle, le 10 mars 1899.

— Enquête du journaliste Philippe Dubois à Dommartin.

— Esterhazy télégraphie à M° Tézenas (à 5 h. 45 m. du soir):

Votre abandon me perd, votre présence est le salut. Conseil a sursis à demain pour vous entendre : confirmer mes affirmations sur rapports que vous savez et vous entendre confirmer déclarations à vous faites sur partie liée et devant être gagnée ou perdue ensemble. Importance capitale. Mon salut est dans vos mains. On dit que vous me lâchez. J'ai également promis production pièce confiée à Boisandré et à Ménard, ou attestation formelle son existence et son contenu sur les hauts personnages ayant connaissance relations qu’elle certifie. Venez à tout prix. É

Si refusez venir, envoyez par votre cousin ou télégraphiquement Président déposi tion attestant formellement propos à vous tenus sur partie liée et attestation formelle pièce attestant relations et qu'agissais sur indications précises.

Me perdez par votre absence que personne comprendra. Où est la pièce ? Donnez indications. Allez être cause ma perte. Si venez triompherai. Aurions gagné si étiez là. Venez n'importe comment.

26. — Dans un discours prononcé à Collonge-sous-Salève, M. Favon, conseiller national de Genève, expose que l'inquiétude que fait naître à l’étranger l'affaire Dreyfus est partagée par les amis comme par les adversaires de la France.

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