‹ Répertoire de l'affaire Dreyfus, 1894-1899 [microform]Chapitre 124 sur 244 · A la Chambre · texte numérisé non relu

A la Chambre

Ouverture de la session. Brisson, président du Conseil, demande l’ajournement des interpellations sur l’affaire Dreyfus, la Cour de cassation étant saisie de la requête en revision. — Intervention de Paul Déroulède. Il invite la Chambre à renverser le Cabinet : « Dussions-nous éclabousser par nos votes ce général Chanoïine.… »

Le général Chanoine demande la parole. « Il est temps, dit-il, que je parle. » Il déclare qu'il a sur l'affaire Dreyfus une opinion « conforme à celle de ses prédécesseurs », et donne à la tribune sa démission de ministre de la Guerre. (Cf. l’article du Gaulois du 15 novembre 1898, en contradiction avec la déposition du général Chanoine à la Chambre criminelle.)

Brisson répond que c'est en présence du général Chanoine que le Conseil des ministres a décidé que la demande de revision serait transmise à la Cour de cassation, et que rien n'avait pu faire prévoir au gouvernement la démission que, contrairement à tous les usages, le général Chanoiïne venait de donner à la tribune. | ù

La séance est suspendue. Brisson se rend à l'Elysée et se met d’accord avec le président de la République pour confier le ministère de la Guerre à un civil. La séance est reprise à à heures. Brisson demande à la Chambre de s’ajourner au jeudi suivant. Fournière, Ernest Roche, Bos, de Mun, Baudry d’Asson, de la Porte, Ribot, Cavaignac, de Mahy, Sarrien, Georges Berger, Barthou, Chapuis, Piou et Fernand Bougère prennent successivement la parole.

Cavaignac, conspué aux cris de : « L'affichage! l'affichage! » doit abandonner la tribune. De Mahy reproche au gouvernement de n’avoir point fait respecter l’armée. Le garde des Sceaux répond que le général Chanoiïne s’est toujours refusé à demander des poursuites.

Après l’adoption, par 559 voix contre 2, d’un ordre du jour « affirmant la suprématie du pouvoir civil et sa confiance dans l’armée, fidèle observatrice des lois de la République », la Chambre repousse, par 274 voix contre 261, le blime au gouvernement proposé par M. Berger.

Une addition de M. de Mahy, invitant le gouvernement « à mettre fin à la campagne d'injures dirigée contre l’armée », est, malgré l'opposition du président du Conseil, votée par 296 voix contre 243. L’addition des mots : « et confiante en lui pour prendre dans ce but les mesures nécessaires », proposée par Berteaux, est l’objet d’un vote par division. La première partie : « et confiante dans le Ministère » est repoussée par 286 voix contre 254. Les ministres quittent la Chambre et vont remettre leurs démissions au président de la République. La Chambre s’ajourne au 4 novembre.

—Manifestations antisémites place de la Concorde. Le commissaire de police,

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