‹ Répertoire de l'affaire Dreyfus, 1894-1899 [microform]Chapitre 125 sur 244 · U NER AT NT AU · texte numérisé non relu

U NER AT NT AU

— 917 — Octobre 1898.

Leproust, est frappé à coups de canne et jeté par terre. Jules Guérin et trois de ses amis, désignés par lui comme ses agresseurs, sont arrêtés.

— Séverine publie dans la Fronde des révélations sur l'agent Lemercier- Picard, dont la mort reste mystérieuse.

26. — Esterhazy écrit au procureur général Manau une longue lettre où il proteste contre la remise à la Chambre criminelle du dossier de la procédure suivie contre lui devant le Conseil de guerre, du dossier de l'instruction Bertulus et du mémoire adressé au ministre de la Justice par le colonel Picquart. (Cass.: (oct. 1898), 85.)

— Deux groupes républicains de la Chambre des députés et les trois groupes républicains du Sénat se déclarent en faveur de la politique d'union et de défense républicaine et d’un Gouvernement résolu à aflirmer la suprématie du pouvoir civil.

Les groupes du Sénat réclament, en outre, la répression des agitations anticonstitutionnelles et le libre fonctionnement des institutions Judiciaires.

— Jules Guérin, poursuivi devant la 8° Chambre correctionnelle pour coups et blessure, en compagnie de ses amis Chanteloube, Girard et Ottaviani, est remis en liberté provisoire. — Manifestations antisémites au Palais de justice.

— On annonce qu’à Debreczin, en Hongrie, lors de la représentation d'un drame sur l’Affaire Dreyfus, la foule acclama l'acteur chargé du rôle de Dreyfus et hua celui qui représentait du Paty de Clam.

27. — La Chambre criminelle de la Cour de cassation commence l’examen de la demande en revision.

Le conseiller Bard donne lecture de son rapport.

— Le groupe radical socialiste de la Chambre des députés lance un manifeste rédigé par Camille Pelletan, dénonçant « la reconstitution d’une coalition entre les débris de toutes les réactions et d'anciens républicains devenus leurs complices ».

— Lettre de Dreyfus à sa femme (On vient de l’aviser qu'il allait « recevoir une

réponse définitive à ses demandes de revision adressées au chef de l'Etat ») : Ma chère et bonne Lucie,

Quelques lignes pour t’envoyer l'écho de mon immense affection, l’expression de toute ma tendresse. Je suis informé que je recevrai la réponse définitive à mes demandes de revision. Je l’attends avec calme et confiance, ne doutant pas que cette réponse soit enfin ma réhabilitation.

28. — Deuxième audience de la Chambre criminelle. Le conseiller Bard achève la lecture de son rapport. La vraie justice exige avant tout la lumière, dit-il; il faut que cette lumière soit

faite, qu’elle soit éclatante pour tous les hommes de bonne foi : les autres ne comptent Pas

Mettre la vérité en évidence, dit-il en terminant, voilà la mission que vous impose la loi ; vous l’accomplirez…. Il y a eu assez de défaillances dans cette longue série d’incidents déplorables. Dégagés de toute autre considération que celle de la justice, inaccessibles à toute suggestion, insensibles aux menaces comme aux outrages, vous êtes en présence d’un grand devoir. Vous apprécierez ce qu'il exige, et vous ferez ce que votre conscience vous dictera.

M° Mornard lit ses conclusions, prises au nom de M"° Lucie Dreyfus, tutrice d'Alfred Dreyfus, et qui tendent à la recevabilité de la demande de revision et à l'ouverture d’une instruction.

Le procureur général Manau prononce son réquisitoire. Il conclut à la recevabilité de la demande de revision, à la cassation du jugemeat du 22 décembre 1894, et au renvoi de Dreyfus devant un Conseil de guerre; subsidiairement, à une instruction, et, dans l’un et l’autre cas, à la suspension de la peine.

Le conseiller Bard donne lecture d’une lettre du général Gonse, protestant

— 918 — Octobre 1898.

contre les propos que lui prête le colonel Picquart, dans son mémoire adressé au ministre de la Justice.

M° Mornard commence sa plaidoirie.

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