‹ Répertoire de l'affaire Dreyfus, 1894-1899 [microform]Chapitre 136 sur 244 · Chambre criminelle. Déposition du général Gonse · texte numérisé non relu

Chambre criminelle. Déposition du général Gonse

— Ajournement du 2° Conseil de guerre qui devait se réunir à cette date pour juger le colonel Picquart. (Voir au 8 décembre.)

— A la Chambre :

Interpellation de Paschal Grousset « sur les menées antinationales de certains fonctionnaires et ci-devant fonctionnaires du département de la Guerre ».

(Cette interpellation vise surtout les auteurs inconnus des fausses lettres de l’empereur d'Allemagne, dont les journaux antirevisionnisies, et en particulier l’Intransigeant et la Libre Parole, ont si largement fait usage.)

— La manifestation organisée par Millevoye et Déroulède avorte devant les déploiements de troupes. Un groupe de nationalistes, conduit par les députés de Ramel, comte d’Aulan, Millevoye, M. de Cuverville et le lieutenant-colonel Monieil, est refoulé par étapes de la rue du Cherche-Midi aux Invalides, puis au Palais-Bourbon, où il se disperse.

— Max Régis, maire d’Alger, est suspendu de ses fonctions pour trois mois. — M. Lutaud est nommé préfet d'Alger. — Manifestations dans cette ville. 43. — Chambre criminelle. Suite de la déposition du général Gonse. Déposition du général de Boisdeffre.

= 9e Décembre 1898.

Interrogé sur la communication d’un dossier secret au Conseil de guerre de 189%, le général de Boisdeffre se refuse à « répondre à cette question, qui n'est pas soumise, en ce moment, au jugement de la Cour ». (Cass. : 1, 264.)

Au sujet du faux Henry, le général déclare :

Son authenticité ne faisait pas de doute, d'abord en raison de la situation de l'officier, qui était un officier tout de confiance, amené à l’Élat-Major par le général de Miribel, dont il était l'officier d'ordonnance, dont il avait toute la confiance, qui en avait fait le commandant du grand quartier général; la comparaison avec d’autres pièces de la méme provenance paraissait donner une identité d'écriture et de style complète ; elle ne pouvait donc soulever aucun doute; elle n’en souleva aucun, et si elle ne fut pas communiquée au colonel Picquart, ce fut parce qu'à cette époque il n’était déjà plus, en fait, chef du service des renseignements. Et ce fut l'avis du ministre qu'il était préférable de ne plus le mêler. en quoi que ce soit, à l’affaire Dreyfus.

(Cass. : 7, 263.)

— M'e Marie-Anne de Bovet ouvre, dans /a Libre Parole, une souscription en faveur de M"* veuve Henry.

— On apprend que deux officiers et deux sous-ofliciers ont été punis par le général Grasset pour avoir pris part à un diner de francs-macons.

— Rencontre au pistolet, sans résultat, entre les députés Antide Boyer et Gauthier de Clagny.

44. — Le juge Bertulus décerne un mandat de comparution contre Esterhazy.

— Le lieutenant-colonel Monteil fait placarder une affiche invitant « les Français de toute la France » à constituer « une ligue des intérêts de la Défense nationale » dont il serait le président.

— Réunion revisionniste au théâtre Moncey, sous la présidence de Vaughan, assisté de Mirbeau et Pressensé.

— Le prince Henri d'Orléans écrit à Ranc qu'il a salué Esterhazy au Palais de Justice, mais ne l’a pas embrassé. (Voir au 23 février.)

15. — Déclaration de Paschal Grousset à l'Agence Nationale, au sujet des lettres de l’empereur d'Allemagne.

— Interview d’Esterhazy dans le Handesblad. I dit que, si la Cour de cassation ne le convoque pas comme témoin, il partira pour la Havane.

— Le général Mercier dit à Poincaré à propos de son intervention à la Chambre :

Je ne vous en veux pas d’avoir fait cette déclaration à la Chambre, mais la Cour de cassation a été achetée par les juifs depuis trois ans.

— Zola écrit d'Angleterre à un de ses amis :

Je vous avoue que je garde l’absolue conviction que ma rentrée est maintenant possible en France, que nous saurions bien empêcher le gouvernement de recommencer le procès de Versailles, avant que la Cour ait terminé son enquête, et que ce serait un nouveau succès pour nous. Mais je m'incline, puisque vous m'aflirmez que mon retour mettrait en péril les autres lutteurs et nuirait à la cause. C’est bien certainement le plus gros sacrifice que je lui aie fait jusqu’à ce jour.

Mon état d'âme est que je suis las de paix et de sécurité. Vous n’imaginez pas mon angoisse, tous les matins, en lisant les journaux. Il me semble.que je ne suis plus bon à rien, que je suis un mort, pendant que les autres se battent. Et cela va durer pendant des mois encore, loin de tous ceux que j’aime, loin de mes habitudes d’esprit et de cœur.

46. — Le ministre de la Guerre, en réponse à une lettre de M° Labori, demandant des renseignements sur le témoin Savignaud, écrit que deux hommes de ce ‘nom étaient, en 1897, présents au 4° tirailleurs. Cette erreur a été plus tard, sur les instances de Trarieux, éclaircie dans la mesure du possible. (Cass. : Z1, 309 ; Rennes. 11. 295 et III, 454-460 ;: cf. Instr. Fabre, 57, 68.)

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