Chambre criminelle. Dépositions Chincholle et Gobert
— Brunetière assigne en 3.000 francs de dommages-intérêts Yves Guyot et l’éditeur Stock, qui, sous le titre Les Raisons de Basile, ont réuni en un volume ses lettres et les réponses d'Yves Guyot dans le Siecle,
— La quatrième liste de la souscription Henry porte le nom du général Lebelin de Dionne.
48. — L'Observer annonce qu’Esterhazy renonce au procès qu'il avait menacé de lui intenter.
Ce journal ajoute que Schwartzkoppen reçut d’Esterhazy cent soixante-deux communications dont beaucoup étaient sans valeur. Esterhazy n'en aurait pas moins touché près de 80.000 francs par an. (Temps daté du 19 décembre.)
Le Matin du 19 reproduit d’autres détails donnés par l'Observer :
Pour se procurer des ressources, il vendit au deuxième bureau des renseignements ou des documents qu’il prétendait s'être procurés dans différentes ambassades. Il se faisait payer également par les attachés militaires étrangers des renseignements provenant du deuxième bureau.
49. — Chambre criminelle. Dépositions Lebrun-Renault, Darras, Guérin (lieutenant-colonel), Peyrolles, de Mitry et Anthoine.
— A la Chambre :
Interpellation de Lasies « sur les mesures que le président du Conseil compte prendre pour protéger contre les indiscrétions possibles des secrets qui intéressent la sûreté de l'Etat ».
Freycinet répond qu'il n’a plus en sa possession que le dossier secret. Il ne le communiquera qu'avec les précautions nécessaires.
Lasies retire son interpellation qui est reprise par Millerand sous une autre forme : « Dans quelles conditions le dossier secret sera-t-il communiqué à la Cour de cassation? »
Déclaration de Henri Brisson :
M. le garde des Sceaux et moi, nous avons vu tout le dossier secret chez le ministre
de la Guerre.
Sauf les trois pièces lues à la tribune de la Chambre par Cavaignac le 7 juillet der-
nier (le faux Henry et les deux autres documents apocryphes), aucune, à mon avis, ne pouvait intéresser par sa communicalion la sûreté de l'Etat. Cavaignac répond qu'il existait d’autres documents qu'il n’a pas montrés à
Brisson et Sarrien.
Un ordre du jour de Larose, approuvant les déclarations du gouvernement, est
voté par 370 voix coutre 80.
— Maurice Vernes, dans une réunion publique, avenue La Bourdonnais, accuse Hanotaux d’avoir influencé la cour de Russie dans le sens de la culpabilité de Dreyfus.
VE TO Décembre 1898.
— Articles de Clemenceau, dans l'Aurore, et de Jaurès, dans /a Petite République, sur les fausses lettres de l’empereur d'Allemagne.
— Le Petit Journal publie un long article sur les aveux de Dreyfus.
— La sixième liste de la souscription Henry porte le nom du général La Veuve.
20. — Chambre criminelle. Dépositions Risbourg, Guérin, sénateur, Poincaré, Cordier et Valadier.
M. Poincaré déclare :
... M. Dupuy nous a dit récemment, à M. de Lanessan et à moi : « Je commence à croire que nous pouvons avoir été victimes d’une immense mystification en 1894 », ou bien, car je n’oserais préciser : « Je me demande si nous n’avons pas été victimes, etc. » Mais ce sont Jà des conversations privées que je ne répète que par scrupule de vérité et qui n’ont évidemment rien de démonstratif,
J'ajoute que ces inquiétudes, nous en avons souvent échangé l'expression, M. Barthou, M. Leygues, M. Delcassé, M. Guérin, M. Dupuy, M. Develle, qui avait été ministre des Affaires étrangères avant l’Affaire Dreyfus et qui, je crois, avait eu l’occasion de connaître la pièce « Ce canaille de D... ». Je crois que M. Develle pourrait donner à la Cour des renseignements intéressants.
— Réunions publiques :
A Paris, des Alsaciens-Lorrains, sous la présidence de Psichari ; à Mâcon, où la conférence est troublée par des scènes de violence.
— Le comité de la Lique des Droits de l'Homme dénonce à l'attention du gouvernement « les persécutions abominables dont les israélites sont victimes à Alger ».
21. — Le groupe radical-socialiste de la Chambre expulse de ses rangs les nationalistes et les antisémites.
— Le Petit Journal prétend que le colonel Picquart est fils d’un juif de Mulhouse nommé Spitzer, marchand de peaux de lapin et usurier. Or, le colonel Picquart descend d’une vieille famille catholique de Lorraine, et son père était percepteur à Strasbourg.
— Rochefort, dans l’/ntransigeant, déclare que le syndicat de trahison a déjà dépensé quarante-cing millions pour la revision du procès Dreyfus. Judet, trois semaines auparavant, avait, dans /e Petit Journal, fixé le chiffre des sommes dépensées par ce syndicat à trente-sept millions.
— Jaurès dit, dans /a Petite République, que la fausse lettre de l'empereur d'Allemagne à Dreyfus à été payée 27.000 francs par Hanotaux. M. de Munster en révéla la fausseté à M. de Turenne, attaché d’ambassade, qui prévint le ministre.
M. de Turenne confirme, en ce qui le concerne, dans /e Temps, le récit de Jaurès. (Voir dép. Turenne, Uass.: 1, 612.)