Chambre criminelle. Déposition de Maurice Weil
— La Gazette de Cologne affirme à nouveau « que l'Allemagne n’est mêlée er rien à l'affaire Dreyfus et que la publication des documents qui peuvent exister ne saurait troubler les relations que l’Empire allemand entretient avec la France ».
— Manifestation, à la Sorbonne, au cours de Ferdinand Buisson. — Francis de Pressensé, Pierre Quillard et Octave Mirbeau, donnant une
réunion publique dans un théâtre de Toulouse, sont expulsés de la scène par des gendarmes et des agents, et livrés par eux aux brutalités d’une foule hostile.
23. — Seconde déposition de M"° Gérard, reçue par le conseiller Dumas. Le journaliste de Boisandré démentira, en ce qui le concerne, les assertions du témoin. (Libre Parole du 16 avril 1899.)
— 937 — Décembre 1898.
— Dreyfus reçoit communication des documents envoyés par le ministre des Colonies. Aucune modification n’est apportée au régime du prisonnier.
— La Chambre, à la suite d’une interpellation de Drumont sur la suspension de Max Régis comme maire d'Alger, vote l'affichage en Algérie d’un discours de Charles Dupuy et adopte, par 406 voix contre 10, un ordre du jour en faveur de la liberté de conscience.
— Les membres de la Ligue des Droits de l'Homme, réunis en assemblée générale, « affirment leur résolution de rester fidèles à la Déclaration des Droits de l'Homme, et réclament, tant pour le capitaine Dreyfus que pour Zola et pour l’héroïque colonel Picquart, le retour au droit, à la vérité et à la justice ».
— La Post, de Berlin, répète l'affirmation officieuse de l’inexistence ou de la falsification des documents du dossier secret concernant l'Allemagne et l'Empereur.
24. — Chambre criminelle. Dépositions Depert et Durlin. Confrontation des deux témoins. Déposition Forzinetti.
25. — On apprend qu'Ernest Lavisse, de l'Académie française, directeur des conférences d'histoire à l’école de Saint-Cyr, a envoyé sa démission au ministre de la Guerre, pour conserver sa liberté dans les affaires Dreyfus-Picquart. — Plusieurs écrivains refusent, pour la même raison, de remplacer Lavisse.
—— La Cloche raconte qu’en 1894, au cours du procès Drevfus, un mystérieux agresseur essaya de tuer à coups de rasoir, en wagon, le lieutenant-colonel Zimmer qui avait fait partie du 2° bureau de l’Etat-Major.
— L'Éclair affirme que Quesnay de Beaurepaire aurait entendu le conseiller Bard dire au colonel Picquart: « Mon cher Picquart, donnez-moi donc votre avis sur La déposition de... »
Le conseiller Bard écrit à ce sujet à Quesnay de Beaurepaire qui lui répondra, le lendemain, en termes équivoques.
L'Agence Havas démentira le 30 décembre le propos attribué à M. Bard.
Le 3 janvier, le Soir n’en publiera pas moins la déclaration suivante de M. Grosjean, juge à Versailles :
J'ai bien entendu M. Quesnay raconter le grave incident dont il a été pour ainsi dire le seul et unique témoin.
Oui, M. Bard, des dossiers à la main, ouvrant précipitamment la porte du cabinet de M. Quesnay, s’est écrié : « Mon cher Picquart, quel est votre avis sur la déposition du général Roget ? »
Voir, au 6 janvier, la note du Temps.
— Philippe Dubois publie une brochure sur les Hachinations contre le colonel Picquart.