AUS RACE
AL : Ur
| ie a" “4
tie Février 1899,
— L'arrivée de Henri Rochefort à Alger provoque des troubles.
6. — Chambre criminelle. Bertillon remet à la Cour six photographies qu'il avait été chargé d'exécuter d’un fragment d’une pièce du dossier secret : D... m'a porte beaucoup de choses très intéressantes, où « la lettre D paraît avoir été introduite par une falsification ». (Cass. : 1, 500 ; cf. ibid., 376.)
— La Cour de cassation, réunie en conseil supérieur de la magistrature, s’occupe de l'affaire du juge Grosjean.
Le conseiller Faure-Biguet est nommé rapporteur.
— La Commission parlementaire de revision envoie à l'imprimerie le dossier de l'enquête Mazeau et se prononce pour le rejet de la proposition Rose et du projet du Gouvernement, par 9 voix contre 2 (celles de Cruppi et de Berthet). Renault-Morlière est nommé rapporteur.
— Quesnay de Beaurepaire écrit dans /’Écho de Paris :
Je vais maintenant mettre les points sur les à.
J'ai fait allusion à une pièce importante, soulevant une question très délicate de chiffre et de traduction. Le témoin qui renseignait à ce sujet la Chambre criminelle ne s'expliqua que sous le sceau du secret, à tel point qu'une notable partie de sa déposition orale ne figura pas au procès-verbal. Il importait au plus haut point que certains représentants de l'étranger ignorassent, ne füt-ce qu'au point de vue du chiffre, l’existence de la déposition.
Les magistrats étaient seuls, sans greffier, sans le procureur général, sans l'avocat de Dreyfus. Le secret des délibérations faisait leur loi, leur devoir professionnel était de rester muets comme la tombe.
Or, le lendemain, le représentant de l’étranger était au courant de ce qui s'était passé à la Chambre criminelle ; il connaissait la déposition orale du témoin, j'entends celle qu’une prudence patriotique avait empêché d'écrire.
Est-ce assez clair, cette fois ?
— Le Comité de lAppel à l’Union publie une déclaration adjurant « tous les bons citoyens d'envisager la gravité d’une crise nouvelle qui risquerait de détruire jusqu’à la notion de la loi ».
7. — Chambre criminelle. Dépositions d’Ocagne, Hadamard et Painlevé, reçues par le juge Josse. (Cass. : 7, 754 et suiv.)
8. —— Chambre criminelle. Déposition Rieu, reçue par le juge Josse. (Cass. : I. 675.)
— Lettre de Dreyfus à sa femme :
Quoique je pense, comme je te l’ai dit, que le terme de notre effroyable martyre est proche, que ce soit dans un plus ou moins grand nombre de jours, peu importe ! Le but est tout ; je veux jusqu’au jour où je pourrai te serrer enfin dans mes bras, que ma pensée, qui ne te quitte pas, qui a veillé nuit et jour sur toi, sur nos enfants, te parvienne toujours. D'ailleurs, la lettre que je t’ai écrite le 26 ou le 27 décembre, était l'expression trop profonde, trop adéquate de ma pensée, de mon invincible volonté, et de mes sentiments pour que j'y puisse ajouter un mot, un seul...
— Armand Charpentier propose à Maurice Barrès, qui refuse, une conférence contradictoire sur l'affaire Dreyfus, suivie d’un vote de l'assistance.
9. — Chambre criminelle. Ordonnance du président déclarant l'enquête close. (Cass. : I, 816.)
Déposition Bouton, reçue par le juge Josse. (Jbid., 761.)
— Le Conseil des ministres décide de s'opposer, lors de la discussion du pro-
jet de loi de dessaisissement, à toute motion de sursis et à tout amendement. Le président du Conseil posera la question de confiance.
— Le Temps publie le rapport Renault-Morlière et le dossier de l’enquête Mazeau.