‹ Répertoire de l'affaire Dreyfus, 1894-1899 [microform]Chapitre 187 sur 244 · Attentat contre Me Labori · texte numérisé non relu

Attentat contre Me Labori

— Troisième audience du Conseil de guerre.

Le président avertit l'assistance qu'il ne tolérera aucune manifestation. — On apprend que M° Labori est blessé ; l'audience est suspendue sur la demande de M° Demange. — Reprise de l'audience à sept heures et demie. — Le général Mercier rectifie sa déposition sur un point de détail et répond à quelques questions du président. — Confrontation entre le général Mercier et M. Casimir-Perier. — Déclaration de M° Demange. — Dépositions du général Billot, de M. Cavaignac, du général Zurlinden, du général Chanoine et de M. Hanotaux. — M. Hanotaux donne lecture de sa note datée du 7 décembre 1894.

— La municipalité de Rennes fait afficher la proclamation suivante :

Chers concitoyens,

Un abominable attentat dont l’auteur ne peut se réclamer d’aucun parti vient de déshonorer notre chère ville de Rennes.

Vous ne vous laisserez pas émouvoir par un acte de folie qui peut seulement servir les adversaires de l’œuvre de justice et de vérité qu'avec leur patriotisme et leur robuste bon sens les membres du Conseil de guerre sont chargés d'accomplir. Résistez aux provocations d’où qu’elles viennent et sachez conserver le calme plein de dignité dont vous ne vous êtes point départis. Vous aurez ainsi bien mérité de la France et de la République et servi le bon renom de notre vieille cité bretonne.

LaJarT, maire de Rennes, LE HÉRISSÉ, député de Rennes.

— Le Gaulois publie une Lettre ouverte au général Mercier :

.… Un homme des plus sérieux m'a expliqué ainsi qu’il suit le drame dont vous n’avez soulevé qu’un coin.

Le bordereau avait été écrit par Dreyfus sur papier fort et envoyé au chef de l’espionnage allemand, l’empereur Guillaume. En face de chaque pièce se trouvait indiqué le prix exigé. L'empereur renvoya le bordereau à Paris avec une note de sa main en allemand dont le sens était que « décidément cette canaïlle de Dreyfus devenait bien exigeant et qu'il fallait veiller à ce qu'il livrât le plus tôt possible les documents annoncés ».

Ce bordereau, ainsi annoté, fut remis au colonel Henry. On comprend l’émoi de l'ambassade d'Allemagne quand on s’aperçut de la disparition du précieux document. M. de Munster court à l'Elysée, tempête, menace. Il ne se calme que quand le bordereau lui a été rendu, avec promesse solennelle de ne jamais parler de l'incident.

Mais avant de communiquer aux ministres politiques le bordereau, le ministre de la Guerre en avait fait faire une photographie.

Vous possédez un des exemplaires de cette photographie et vous l’avez emporté sur vous à Rennes. :

Ces faits expliquent le quiproquo Esterhazy. Pour motiver la poursuite sans découvrir l’empereur d'Allemagne, on chargea Esterhazy de décalquer sur papier pelure la photographie du bordereau, en omettant l’annotation de l'empereur d'Allemagne.

Ainsi Ésterhazy a pu dire avec vérité que le bordereau avait été écrit par lui, et vous avez pu soutenir avec vérité qu'il était l’œuvre de Dreyfus.

45. — Dreyfus adresse au Conseil de guerre la requête suivante :

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