Dix-septième audience du Conseil de guerre
Déposition du capitaine Lebrun-Renault. — Déposition du capitaine Anthoine. Rappel du témoin Lebrun-Renault. — Déposition du lieutenant-colonel Guérin. Rappel du témoin Lebrun-Renault. — Déposition du commandant de Mitry. — Déposition du contrôleur Peyrolles. Déclarations du général Gonse. — Déposition du commandant Forzinetti. Rappel du témoin Lebrun-Renault. Déclarations du général Roget, du général de Boisdeffre, du capitaine Anthoine.
— On annonce de Rome, dit /e Siècle, que le pape vient d'avoir une conférence sur l’affaire Dreyfus avec le Père Martin, supérieur général des Jésuites. Le même journal reproduit la dépêche suivante, adressée au Daily Mail :
Sa Sainteté serait très alarmée de la tournure des événements survenus en France. Elle craint que, si Dreyfus est de nouveau condamné par le Conseil de guerre, cette condamnation ne soit immédiatement suivie par une violente campagne contre les ordres religieux.
En vue de prévenir cette campagne, le pape a conseillé au clergé français, et surtout aux jésuites, d'adopter une attitude modérée, et de s'abstenir de toute parole violente contre Dreyfus et ses partisans.
— Lola et Perrenx sont assignés pour le 23 novembre devant la Cour d'assises de Versailles.
— Dans un article publié par le Figaro, Gabriel Monod rapporte les déclarations suivantes qui lui auraient été faites, le 29 août, par de Freycinet :
.… La condamnation, c’est la perpétuité de nos discordes. Tout le monde doit désirer l'acquittement.
— Permettez-moi, monsieur de Freycinet, de vous dire combien je suis heureux d’avoir vu la légende du syndicat définitivement enterrée par vous.
— Oh! oui, c’est absurde, dit M. de Freycinet, c’est absurde !
De Freycinet écrivit, le lendemain, de Thoune, au Figaro :
J’ai le devoir de protester contre l’article que M. Monod me consacre à la suite de notre rencontre fortuite dans la gare du Mans.
Notamment, je ne lui ai pas exprimé d'opinion au sujet de l’acquittement ou de la condamnation de Dreyfus.
Je me suis borné à répéter le vœu que le jugement du Conseil de guerre nous procurât, eafin, l’apaisement.
Sur ce point, comme sur tous les autres, je m'en tiens strictement aux termes de ma déposition.
Gabriel Monod n’en maintint pas moins ses affirmations. (Figaro du 2 septembre.)
— 361 — Septembre 1899.