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60 Octobre 1896.
28. — Lauth, au cours d’un congé, se rend inopinément au service des renseignements. (Css. : dép. Picquart, 1, 171-172.) Cette date est donnée par Francis de Pressensé dans son livre sur Picquart, Un héros (page 112). Elle n’est pas contredite par Picquart, qui ne se la rappelle pas précisément. (Cass. : 7, 201-202.) Gribelin dit : fin octobre et Lauth, au commencement de novembre.
Lauth tient ce jour-là avec Henry un conciliabule qui s’interrompt subitement au moment ou Picquart entre inopinément dans le bureau d’'Henry.
29. — L'avocat Salles dit à Demange qu'il a appris d’un juge du Conseil de guerre de 1894 que Dreyfus a été condamné sur des pièces qu'il n’a pas connues.
30. — Rapport de Guénée relatif aux articles publiés en septembre 1896 par l’Eclair : ces articles seraient le résultat d’une entente de l’Eclair, Sabatier, et de son conseiller, le député Castelin, avec la famille Dreyfus-Hadamard. Le colonel Picquart, instruit par Guénée de ces faits et des relations de Dreyfus avec madame Bodson, aurait laissé percer des doutes sur la culpabilité de Dreyfus. « Je m'en suis ouvert, aurait-il ajouté, à un vieil ami qui m'a toujours bien conseillé et dans lequel j'ai toute confiance. Eh bien ! comme moi, il a des doutes. »
Dans un second rapport, du 21 novembre 1896, Guénée nomma Leblois. Dans sa déposition du 19 octobre 1898, il attribue à Picquart ce propos : « J'ai l’habitude de prendre conseil d’un vieil ami à moi, avocat, qui demeure tout près d’ici..….Or, nous avons compulsé ensemble le dossier Dreyfus... »
Picquart ne connut ces deux rapports de Guénée qu'après la clôture de l’instruction Tavernier, en novembre 1898,
Voir les dépositions de Picquart (Cass. : 7, 173, 178) et son Mémoire pour la Chambre des mises en accusation, publié par le Figaro, le 18 mai 1899.
Guénée déclara, d’autre part, le 18 janvier 1899, qu'il n'avait jamais fait de rapports sur Picquart pendant qu'il dirigeait le bureau des renseignements. (Cass. : Z, 724.) À
Voir en outre, au 26 avril 1899, le démenti de l’Eclair, et, au 29 mai 1899, les protestations de l’Eclair et de Castelin.
31. — Date du Faux Henry, d’après les aveux de Henry. (Memoire de Picquart du 16 mai 1899 ; Cass. : dép. Picquart, 1, 171, 172.) Voici le texte de cette pièce.
J'ai lu qu’un député va interpeller sur Dreyfus.
Si... je dirai que jamais j'avais des relations avec ce juif. C’est entendu. Si on vous demande, dites comme ça, car il faut pas que on sache jamais personne ce qui est arrivé avec lui.
Picquart discuta cette pièce dès que le ministre lui en parla, vers le 12 novembre (voir plus loin) et, à l'enquête Bertulus, le 19 février 1898, il dénonça le faux. (Cass. : IT, 217, 218.)
Du Paty prétend avoir signalé ses doutes sur l'authenticité de cette pièce en février 1898. Il aurait dit à Boisdeffre :
« Si on s’est trompé, ou si on nous a trompés, ce que je ne crois pas, d’ailleurs, il y a une chose pire que l'erreur, c’est d'y persévérer. » Le général aurait répondu : « Certes, mais soyez tranquille, il y a des preuves inconnues de vous qui font que nous ne pouvons avoir aucun doute. »
(Cass. : dép. du Paty, IT, 55.)
Gonse dit que Picquart s’est absenté du 31 octobre après midi au 3 novembre, voulant ainsi démentir Picquart qui déclarait n'avoir fait aucune absence. (Cass. : lettre de Gonse, 11, 353.) I faut remarquer que le 31 octobre était un samedi et les 1° et 2? novembre fête de la Toussaint et jour des morts. ,
Fin. — D’après Picquart, Gonse lui retire le dossier secret de Dreyfus et refuse de faire le récolement des pièces. (Cass. : dép. Picquart, I, 159, 172.) Gonse place cet acte vers le 12 novembre, ou peu avant le 16, puisle 14. (Proc. Zora : 1, 377. Cass. : Conseil d'enquête Picquart, IT, 157; lettre de Gonse au premier président, IT, 354; dép. Gonse, I, 244, 252-253.)
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Gi — Novembre 1896.
Début. — Picquart fait cesser la surveillance que, d’après ses ordres, Desvernine exerçait sur Esterhazy. (Cass. : dép. Desvernine, 1, 755.)
— Gonse et Boisdeffre demandent à plusieurs reprises à Picquart si le ministre ne lui a rien communiqué relativement à l'affaire Dreyfus. Picquart répond négativement.
Enfin, un jour, déclare Picquart, le ministre me dit qu'il avait une pièce qui prouvait la culpabilité de Dreyfus, et il m’énonça sommairement le contenu de cette pièce. Il me dit, je crois (mais je ne saurais l’affirmer), qu'elle était signé Maximilianne. Je restai très sceptique au sujet de la valeur de cette pièce, mais il me fut impossible d'engager la question à fond avec le ministre. Le général Gonse, qui semblait me guetter, me demanda avec intérêt si le ministre m'avait parlé de l’affaire Dreyfus ; je lui répondis que oui, et je lui exprimai très nettement tous mes doutes au sujet de l’authenticité de cette pièce. Je me souviens parfaitement que le général me dit à ce propos : « Quand le ministre me dit quelque chose, je le crois toujours. »
(Cass. : dép. Picquart, TI, 172-173.)
2. — Remise du faux Henry à Gonse par Henry lui-même. (Cuss. : dep. Gonse, 1, 250-251.)
6. — Bernard Lazare publie à Bruxelles sous le titre: une Erreur judiciaire, une brochure destinée à établir l'innocence de Dreyfus.
7. — Leblois rentre à Paris. (Cass.: dép. Picquart, 1, 178, 204 ; cons. d’eng. Picquart, dép. Leblois, 11, 156. Pr. Zoza: dep. Leblois, 1, 162. InstTk. FABRE : 26, 27, 161-165, 174-177, 183-186. Rennes : II, 244.) Peu après, le 10 novembre, Leblois fit à Picquart une très courte visite pendant laquelle personne 1 dans le bureau de celui-ci. (Cass.: dép. Picquart, IT, 159. InsrR. FABRE :
40. — Le Matin publie un fac-similé du bordereau, et une reproduction en caractères typographiques du texte de la dictée que du Paty fit faire à Dreyfus avant de l'arrêter.
Picquart s’est défendu d'être pour quelque chose dans cette divulgation comme on l’en accusa. (Cass.: Conseil d'enquête Picquart, IT, 165; enquête Bertulus, TI, 209, 210.)
Le commissaire Tomps fut chargé par Picquart de faire une enquête sur cette publication. Il découvrit que le document publié était une reproduction de l'épreuve photographique sur laquelle l'expert Teyssonnières avait travaillé. Les officiers du service des renseignements surent très mauvais gré à Tomps de cette découverte et menacèrent de le renvoyer à la Sûreté générale. (Cass. : dép. Tomps, I, 765- 767.)
12. — Rapport officiel sur les travaux faits pour isoler Dreyfus:
La case elle-même est entourée d’une solide palissade de 2",50 de hauteur et de 6%,30 de longueur sur 12 mètres de largeur.
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(oh Novembre 1896.
Entre la palissade et le mur de la case, il y a une distance de à mètres (côtés tambour et cuisine) et 2,50 à l'est et à l’ouest.
A l’est de la palissade de défense, à élé construite une deuxième palissade de 40 mètres de longueur sur 16,30 de largeur. C’est le promenoir du déporté.
La hauteur de la palissade ne permet pas au détenu de voir la mer.
(Le Matin, 7 août 1899.)
Vers le 12. — Le ministre de la Guerre communique à Picquart le texte du faux Henry sans lui montrer la pièce même. Picquart la discute avec Billot et plus tard avec Boisdeffre et Gonse. (Cass.: enquéte Bertulus, 11, 217, 218. Rapport BARD, p. 9.)
43. — Une interpellation du député Castelin est annoncée. Maurice Weil reçoit celte lettre anonyme : « Un ami vous prévient que M. Castelin, dans son interpellation, va accuser Esterhazy et vous d'être les complices de Dreyfus. » Il porte cette lettre au député de Montebello, qui la fait parvenir au ministre de la Guerre. (Mémoire DE PicquarT, du 16 mai 1899. Cass. : dép. Weil, 1, 309 : dép. Picquart, 1, 171; 11, 210: enquête Bertulus, dép. Esterhazy, 11, 257, 275.)
14. — Picquart, accompagné de Gonse, se rend chez le ministre où se trouve Boisdeffre. Billot lui fit la lettre anonyme adressée à Weil. lui dit que l’indiscrétion ne peut venir que d’une des personnes présentes ou d’un oflicier sous les ordres de Picquart, et annonce enfin à ce dernier qu'il lui confie une mission très importante dans l'Est. (L'ordre était signé du 26 octobre.) (Cass. : dép. Picquart. 1, 171: dép. Gonse, 1, 252; enquête Bertulus, 11, 210.)
Picquart remet son service à Gonse et le petit bleu à Henry en lui recommandant de l’enfermer soigneusement à cause de sa fragilité. (Cass. : dép. Picquart, 1, 146.)
D’après Gonse, ce serait à cette date que, sur les conseils d'Henry, il aurait retiré le dossier secret à Picquart. (Cass. : 7, 255.)
16. — Picquart quitte Paris pour une mission dans l'Est. (MÉMOIRE DE PiCQUART, du 16 mai 1899. Css. : dép. Picquart, 1, 146, 190; dép. Roget, 1, 119; Enquôte Bertulus. 11, 210, 265.)
— Publication à Paris. chez l’éditeur Stock. de la 2° édition de la brochure de Bernard Lazare: Une Erreur judiciaire.
48. — Interpellation Castelin sur l'affaire Dreyfus. Le général Billot, Castelin, Charles Dupuy, André Lebon, Méline, Dejeante, le comte d'Hugues, de Lasteyrie, Gauthier (de Clagny) et Fabérot prennent la parole.
La Chambre adopte à l’unanimité, moins à voix, l’ordre du jour suivant, proposé par Castelin et accepté par le gouvernement :
La Chambre, unie dans un sentiment patriotique, ef confiante dans le Gouvernement pour rechercher, s'il y a lieu, les responsabilités qui se sont révélées à l’occasion et depuis la condamnation du traître Dreyfus, et en poursuivre la répression, passe à l’ordre du jour.
(Les mots soulignés ont été ajoutés sur la demande de Méline, président du Conseil.)
— Gonse fait appeler Desvernine, lui demande où en est son enquête sur Esterhazy. lui ordonne de la reprendre et de le tenir au courant. (C4ss. : dép. Desvernine, 1, 735.)
21. — Second rapport, de Guénée précisant celui du 30 octobre précédent. — Voir à cette date.
— Picquart, ayant écrit à Gonse pour lui demander la permission de revenir à Paris: « entre deux trains pour prendre quelques effets, car mon départ a été un peu précipité », le sous-chef d’Etat-Major général lui répond :
=, (66 Novembre 1896.
Mon cher Picquart,
J'ai reçu bien exactement toutes vos lettres, qui sont jusqu'à ce jour au nombre de quatre. Je n'ai pas voulu répondre à votre dernière lettre sans avoir pris les ordres du Ministre, conformément aux instructions du Chef d'Etat-Major général.
Le général Billot vous prescrit de continuer votre tournée au T corps d'armée, sans revenir & Paris.
Il tient à ce que vous ne perdiez pas une minute, tout en accomplissant votre mission en détail.
Vous serez donc absent au moins jusqu’à la fin du mois. Il est même à présumer que vous serez obligé d'anticiper sur la première quinzaine de décembre, car, après votre visite détaillée au 7 corps, le ministre désire que vous alliez, sans désemparer, examiner les 14° et 15e régions, dans le but d'y établir le plus tôt possible, un service analogue à celui que vous venez de voir aux 6° et 7° corps.
Evidemment, ce supplément de voyage vous demandera beaucoup de temps, car il faut voir les choses plus en délail dans les Alpes que dans l'Est, puisque le pays est plus difficile et qu’il s’agit de créer quelque chose. Mais, dussiez-vous ne rentrer que dans cinq ou six semaines, il faut absolument que le travail soit fait.
C’est l’ordre formel du Ministre et réglez vos affaires en conséquence.
Les généraux commandant les 14° et 15€ corps vont être prévenus ofliciellement.
Je vous serre la main, mon cher Picquart, bien cordialement.
Votre tout dévoué, Signé : À. GoNsE.
— Nouvelle lettre d'Esterhazy à Jules Roche. (Cass. : 7, 703-704.)
27. — Le bureau des renseignements intercepte une lettre de Germain Ducasse écrite, moilié en français, moitié en espagnol, signée J. et à peu près ainsi conçue :
Le grand-œuvre est accompli. Cagliostro est devenu Robert-Houdin. Le Demi-Dieu (capitaine Lallemand) demande tous les jours à la comtesse (Blanche de Comminges) quand il pourra voir le Bon Dieu (Picquart).
Ce billet est décacheté clandestinement, copié au bureau des renseignements, et réexpédié à Picquart. Il a servi à la confection de faux destinés à disqualifier ce dernier. (CAss.: dép. Picquart, 1, 209; enquête Bertulus, interrogat. Esterhazy, IT, 261, 262, 267, 273. Francis DE PRESSENSÉ : un Héros, p. 171.)
Cette lettre a été longtemps, par erreur, datée du 20 novembre. La rectification a été faite par Picquart. (Cass. : /, 209.) Son explication. (Cass. : 7, /92.)
Ga Décembre 1896.
3. — Le député Loriot, rapporteur de la pétition de M# Lucie Dreyfus, invoque le respect de la chose jugée.
7. — Nouvelle lettre de Jules Roche au ministre de la Guerre, insistant pour obtenir la nomination d'Esterhazy. (Cass. : 7, 555-556.)
11. — Lettre d'Esterhazy à Jules Roche. Il lui dit son échec, son désespoir et le remercie de son intervention. (Css. : 7, 704.)