‹ Répertoire de l'affaire Dreyfus, 1894-1899 [microform]Chapitre 71 sur 244 · Premier numéro du journal la Fronde · texte numérisé non relu

Premier numéro du journal la Fronde

A4. — Manifestation d'étudiants contre Scheurer-Kestner et Émile Zola, au Quartier latin et rue Vivienne.

— L'Aurore dit que l’adjudant Dubreuil et ses camarades du 18° bataillon de chasseurs, autrefois commandé par Esterhazy, ont reconnu l'écriture de ce dernier dans le fac-similé du bordereau publié par un journal.

42 — Me Lucie Dreyfus, dans une lettre à /’Éclair, proteste contre les allégations de ce journal qui la montre comme ayant, auprès de du Paty de Clam, plaidé les circonstances atténuantes en faveur de son mari. Elle dit qu'elle a été, du 15 au 30 octobre 1894, terrorisée par cet officier.

— L'Intransigeant publie un article intitulé : La Pièce secrète, la Vérilé sur le traître. Les lignes suivantes sont placées sous le sous-titre Lettre impériale:

Une des fameuses pièces secrètes est une lettre de l’empereur d'Allemagne luimême.

Elle fut dérobée, photographiée et replacée où elle avait été prise.

Dans cette lettre, adressée à M. de Munster, Guillaume II nommait tout au long le capitaine Dreyfus, commentait certains renseignements et chargeait l'agent de l’ambassade communiquant avec lui d'indiquer au traître les autres renseignements à recueillir, nécessaires à l’état-major allemand.

Telle est l’origine de la principale « pièce secrète ».

Nous possédions depuis longtemps une version, qui nous avait été fournie par une personnalité militaire des mieux placées pour étre admirablement informée, analogue à celle que nous publions aujourd'hui en toute certitude.

Nous avons tenu, d’ailleurs, à nous entourer de toutes les garanties possibles avant de livrer ces importantes révélations au public, bien, encore une fois, que la source d’où elles émanent soit des plus autorisées.

Un attaché militaire étranger à qui nous les avons soumises nous à déclaré ce qui suit :

« J'ignorais les détails extrêmement curieux que vous possédez sur les relations de Dreyfus avec le grand état-major allemand ; mais ce que je sais du fond de l'affaire y correspond admirablement. :

» De même que la plupart de mes collègues, attachés militaires des puissances étrangères, j'ai entretenu des relations de camaraderie assez intimes avec le colonel de Schwartzkoppen, et il m’arriva souvent, dans les conversations nombreuses que j'eus avec lui, de faire allusion à l'affaire Dreyfus.

» En voici, résumé, ce que j'appris :

» Quelques jours avant l'arrestation de Dreyfus, le comte de Munster, ambassadeur d'Allemagne, s'était rendu chez M. Charles Dupuy, président du Conseil des ministres, et lui avait tenu le langage suivant :

« On a soustrait dans les bureaux de l’ambassade une liasse de documents, huit lettres qui m'’étaient adressées.

» C’est une véritable violation de territoire en temps de paix.

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