‹ Répertoire de l'affaire Dreyfus, 1894-1899 [microform]Chapitre 8 sur 244 · Article de Drumont · texte numérisé non relu

Article de Drumont

… On jugera le scélérat à huis clos, car, dans ce pays qui est censé être un pays de contrôle et de publicité, la France ne doit rien savoir de ce qui l’intéresse le plus.

On le condamnera à cinq ans de prison. On le mettra en liberté au bout d’un mois et on lui servira à l'étranger une pension de retraite qu'on aura liquidée dans les conditions les plus favorables.

A quoi bon, sous un régime aussi complètement pourri que le nôtre, se dépenser en d’inutiles colères ?

Cet homme, après tout, est dans son type; il fait du commerce comme tous les fils de Sem, et ce qu'on à pu articuler de plus grave contre lui, au point de vue de ses coreligionnaires, c’est qu'il n’avait touché que des sommes dérisoires; ce qui tendrait à en faire un gäte-métier.

Vous fusilleriez ce Youtre par derrière, après l'avoir dégradé publiquement et l'avoir souffleté avec ses épaulettes, que vous ne parviendriez pas à lui mettre dans le cerveau des idées qu’il n’a pas, des idées sur l’honneur, sur le devoir, sur la patrie.

… Le vrai coquin, ce n’est pas Dreyfus, c’est ce ministre politicien, familiarisé avec toutes les bassesses…

Il y a près de quarante mille officiers dans l’armée. Parmi ceux-là, il en est, comme Brémond d’Ars et tant d’autres, qui sont soldats de père en fils depuis quatre cents ans. On trouve là des descendants de vieilles familles plébéiennes qui sont sur le sol gaulois depuis des temps immémoriaux, qui sont, pour ainsi dire, incorporés à la terre de France.

Le Mercier ne prend pas un de ces officiers-là.

Il choisit, pour lui confier le secret de la défense nationale, un cosmopolite-né, un homme pour lequel la superstition du drapeau n'est évidemment qu’une superstition comme une autre.

N'est-ce pas que ce Mercier est bien vil ?

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