Première audience du procès Zola
Président : le conseiller Delegorgue ; assesseurs : les conseillers Bousquet et Lauth ; ministère public : l'avocat général Van Cassel.
Jurés titulaires : MM. Pierre Emery, négociant; Auguste Leblond, entrepreneur de couvertures ; Charles Huet, maraicher ; Emile Nigon, mégissier ; Edouard Gressin, employé ; Charles Fouquet, grainetier ; Auguste Dutrieux, négociant : Albert Chevannier, marchand de vins; Joseph Moureire, tréfileur ; Victor Bernier, monteur en cuivre ; Jean Bouvier, rentier; Désiré Bruno, marchand de nouveautés.
Jurés suppléants: MM. Antoine Jourde, commerçant, et Alfred Boucreux, boucher.
Interrogatoire des prévenus. — Tirage au sort des jurés. — Plainte du ministre de la Guerre. — Assignation. — Exposé et conclusions de l’avocat général, tendant à restreindre les débats. — Réponse et conclusions de M° Labori. — Incident. Demande d'intervention des experts Belhomme, Varinard et Couard. Conclusions pour les experts. — Arrêt sur les conclusions de M° Labori. — Arrêt sur les conclusions prises pour les experts. — Lettres d’excuses d’un certain
+ | NS Février 1898.
nombre de témoins. — Incident relatif à la lettre d’excuses de du Paty de Clam et conclusions. — Incident relatif à la lettre d'excuses de M": de Boulancy. — Incident relatif à la lettre d’excuses de Lebrun-Renault. — Conclusions relatives à M! Blanche de Comminges, — Conclusions relatives à l'audition de Casimir- Perier. — Conclusions relatives à l’audition de divers témoins. — M° Demange, avocat de Dreyfus en 1894, affirme sa conviction de l'innocence de son client et de la communication d’une pièce secrète aux juges.
— On affiche la réhabilitation de Pierre Vaux.
—- Lettre de Dreyfus :
Depuis trois mois, dans la fièvre et Le délire, souffrant le martyre nuit et jour pour toi, pour nos enfants, j’adresse appels sur appels au chef de l'Etat, au gouvernement, à ceux qui m'ont fait condamner, pour obtenir de la justice enfin, un terme à notre effroyable martyre, sans obtenir de solution. à
Je réitère aujourd'hui mes demandes précédentes au chef de l’Etat, au gouvernement, avec plus d'énergie encore s’il se peut, car tu n’as pas à subir encore un pareil martyre, nos enfants n'ont pas à grandir déshonorés, je n’ai pas à agoniser dans un cachot pour un crime abominable que je n’ai pas commis. Et j'attends chaque jour d'apprendre que le jour de la justice a enfin lui pour nous.
(Lettres d'un Innocent, 256.)
— Manifestation à la statue de Voltaire, où un groupe dépose une couronne : Au défenseur de Calas.
— Yves Guyot publie, dans /e Siècle, un Appel aux Français, en réponse à l'affiche de Drumont. Thiébaud et Jules Guérin.
— À une date voisine de l’ouverture du procès Zola, Gonse, dans son cabinet. au ministère de la Guerre, affirme à Bertulus que la culpabilité de Dreyfus n’est pas douteuse et lui montre la photographie d’un écrit signé Alexandrine. En reconduisant le juge, Gonse lui demande de dire à Picquart « que de son attitude à l’audience dépend toute sa carrière », mais il ne l’autorise pas à faire connaître à Picquart l’origine de cette communication. Gonse conclut en disant: « Arrangez-vous pour lui faire comprendre que vous tenez de bonne source l’assurance que sa carrière ne sera pas brisée s'il sait demeurer militaire. » (Cass.: dép. Bertulus, 1, 221 ; cf. dép. Gonse, 1, 570-571.)