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— 151 — Février 1898.
— Manifestations violentes au Palais, dans les couloirs de la Cour d'assises et galerie du Harlay. Ovations aux généraux. Tout citoyen qui crie : « Vivela République ! » est menacé ou frappé. Paul Desachy, rédacteur au Siecle, déchaîne une bagarre pour avoir poussé ce cri; Boucoiran, rédacteur au Petit Gard, est frappé d'un coup de canne plombée et une foule se rue sur lui. Au premier rang de ses agresseurs, on arrête le jeune Lannes de Montebello, élève à l’école militaire de Saint-Cyr, indûment revêtu d’une robe d'avocat. Grimaux est insullé par un de ses anciens élèves de l'Ecole polytechnique. H. de Bruchard est frappé. Jules Guérin présente Esterhazy à la foule en criant : « Vive l’armée ! »
— Émile Zola recoit de toutes les parties du monde des télégrammes de félicitalions.
— On affiche à Oran un appel au massacre des juifs, pour le surlendemain dimanche,
— Hanotaux, ministre des Affaires étrangères, réitère au Conseil des ministres les observations qu'il avait déjà faites précédemment au sujet du document produit la veille au procès Zola par de Pellieux, et qui lui avait été signalé comme un faux par le comte Tornielli, ambassadeur d'Italie.
Le général Billot proteste, affirme l’authenticité de la pièce; Hanotaux insiste et iui remet par écrit sa déclaration.
49. — Douzième audience du procès Zola : | Rappel de Picquart, de Pellieux et de Gonse. — Déposition de Stock. — Déposition de Lalance. — Déposition (écrite) de Séailles. — Déposition de Duclaux.
— Déposition d’Anatole France. — Arrêt sur les conclusions relatives à la saisie, au ministère de la Guerre, du bordereau. — Arrèt sur les conclusions relatives à l'audition de Billot et de Souffrain.
Au cours de cette audience, le général de Pellieux apostrophe le colonel Ho et le qualifie : «un Monsieur qui porte encore l'uniforme ! » (PR. Zora : TI, 165.) :
— Sur les marches du Palais de justice, le prince Henri d'Orléans donne l’accolade à Esterhazy.
— M. Lalance, ancien député protestataire au Reïichstag, pour compléter sa déposition, adresse au Siècle des renseignements sur les frères d'Alfred Dreyfus.
— M. Zakrewski, sénateur de l'Empire russe, dit que l'affaire Dreyfus « soulève la protestation unanime de ceux que passionne la véritable équité ». {Guriditcheskaya Gazeta.)
20. — Trarieux réunit chez lui quelques amis (Duclaux, Giry, Grimaux, Louis Havet, Héricourt, Paul Meyer, Jean Psichari et Viollet), et leur expose son projet, auquel ils adhèrent, de fonder une Ligue pour la défense des droits de l'Homme el du Citoyen.
(Voir la communication de Psichari sur les origines de la Ligue, dans le Bulletin officiel de la Ligue du 15 juillet 1904.)
— Meeting antisémite, salle Chaynes; Max Régis y prononce ces mots : « On arrosera de sang juif l'arbre de la liberté ». (Le Temps.)
— Rochefort se constitue prisonnier. Des manifestations en sens contraire se produisent aux abords de Sainte-Pélagie.
— La Gazeite de l'Allemagne du Nord déclare que les lettres de Guillaume IL qu'on invoque contre Dreyfus sont des faux.
21. — Treizième audience du procès Zola : RES Réquisitoire de l'avocat général. — Déclaration de Zola. — Plaidoirie de M: Labori (première partie).
— Lettre de du Paty de Clam à M° Jules Auffray pour lui demander d'intro-
mise Février 1898.
duire, le lendemain, un public nombreux d'officiers à la Cour d'assises. La lettre est remise à un autre avocat du même nom qui la renvoie au ministre de la Justice.
— La Personal Rights Association, de Londres, envoie une adresse de félicitations à Yves Guyot, un de ses vice-présidents.