‹ Répertoire de l'affaire Dreyfus, 1894-1899 [microform]Chapitre 96 sur 244 · Onzième audience du procès Zola · texte numérisé non relu

Onzième audience du procès Zola

Incident relatif à l’existence, au ministère de la Guerre, depuis novembre 1896, d’une pièce qui établirait la culpabilité de Dreyfus (suite). Déclaration du général de Boisdeffre. Refus par le président de laisser M° Labori poser des questions au général de Boisdeffre. -— Déclaration d'Esterhazy. — Incident. Refus par M° Labori de poser des questions à Esterhazy, avant le dépôt de conclusions sur l'incident précédent. — Incident. Demande d’audition d’un témoin par Pellieux. — Conclusions relatives au refus du président de laisser M° Labori poser des questions au général de Boisdeffre. Observations de l'avocat général. Réponse de M° Labori. Arrêt. —- Incident relalif à la demande d’apport de la lettre dite du « uhlan » et à l'audition de M"° de Boulancy. — Rappel de Picquart. — Rappel de Gonse. — Appel à la barre de Jules Huret et de Stock. — Déposition d'Esterhazy. Refus par le témoin de répondre aux questions posées par les défenseurs. — Dépositions de Autant et de Jules Huret. — Incident relatif à l'audition de divers témoins.

Voici la déclaration du général de Boisdeffre :

Je serai bref. Je confirme de tous points la déposition de M. le général de Pellieux, comme exactitude et comme authenticité. Je n’ai pas un mot de plus à dire; je n'en ai pas le droit, je le répète, messieurs les jurés, je n’en ai pas le droit. Et maintenant, messieurs, permettez-moi, en terminant, de vous dire une chose : Vous êtes le jury, vous êtes la nation ; si la nation n’a pas confiance dans les chefs de son armée, dans ceux qui ont la responsabilité de la défense nationale, ils sont prêts à laisser à d’autres cette lourde tâche, vous n'avez qu'à parler. Je ne dirai pas un mot de plus.

(Pr. ZorA : II, 127.)

Au cours de la même audience, Picquart, au sujet de cette pièce, déclare :

... Elle est arrivée à point, paraît-il On ne me l’a jamais montrée, mais on m'en a parlé, tout en ne voulant jamais me dire d’où elle venait. Mais je trouve que cette pièce, étant donné le moment où elle apparaissait, étant donnés surtout les termes dans lesquels elle était conçue, termes qui sont absolument invraisemblables, eh bien! cette pièce, il y a lieu de la considérer comme un faux.

Et, sur une question de M° Labori, il s’écrie : « C’est un faux ! » (Pr. ZoLa : IT, 441 ; cf. Cass. : Instr. Bertulus, IT, 217.)

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