JANVIER
2. — Par suite d'une grave indisposition de M. Got, Mercadtt, qui devait être donné en matinée, est remplacé par It Barbier de Séville et le Malade imaginaire, M. Got, atteint de coliques hépatiques, garde rigoureusement le lit.
— On prépare une reprise des Effrontés, avec la même distribution qu'autrefois, moins M^^® Tholer, qui sera remplacée par M**® Legault.
— La Souris réalise 7,200 francs de recette.
3. — M. Claretie rétablit une coutume en honneur sous M. Edouard Thierry et ses prédécesseurs, et qui consiste à faire jouer alternativement aux artistes tous les rôles de l'ancien répertoire.
4. — M. Louis Delaunay termine, pour le prochain Salon, un portrait de son père, qu'il a l'intention d'offrir à la Comédie-Française. L^ex- sociétaire, de grandeur naturelle^ est re-
présenté en toilette de Yille et liunt un volume d'Alfred de Musset.
5. -^ M. Thiron, indisposé, est remplacé, au pied levé, par M. Laugier, dans U ùithitr de Crémone.
6. — Le musée de la Comédie-Française reçoit de M. Walewski le portrait en pied de Rachel, en costume de ville, peint par C.-L.
MuUer (de Tlnstitut). Au bas du cadre, la comédienne avait fait inscrire cette dédicace : A mes bons parents. M. Claretie va faire placer le tableau au foyer des artistes.
— Les artistes de la Comédie-Française viennent de donner au Grand-Théâtre de Lille une représentation au pro6t de la Caisse de retraite des typographes, qui a produit 8,ooo fr. de recette. On jouait Hernani, avec M^^® Dudlay, MM. Mounet- Sully, Maubant et Laroche.
7. — On achève, rue Saint-Lazare, n° 18, l'installation du « Théâtre d'application », dû à l'initiative de M. Bodinier, secrétaire de la Comédie-Française. Les trois représentations qui seront données chaque semaine permettront aux jeunes élèves du Conservatoire de se produire devant le public et de mettre ainsi en pratique les leçons de leurs professeurs. — Ouverture le 16 janvier prochain.
— Conformément à un article du décret de Moscou, qui stipule que toute pièce n'ayant pas encore été jouée, pièce nouvelle ou ancienne, doit être lue au Comité, avant d'être
représentée à la Comédie-Française, M. Alexandre Dumas est convoqué pour donner , lecture de la Princesse Georges, où M^^^ Brandès fera son second début.
— - Bulletin rédigé par les médecins de M. Got : <c Etat satisfaisant, faiblesse encore grande ; impossibilité absolue de recevoir. » On attendra le rétablissement du comédien pour réunir le comité d'administration, qui examinera les titres au sociétariat de quelques pensionnaires du Théâtre-Français.
8. — M™o Segond-Weber remplace M"® du Minil dans Manfred, au concert Colonne. Les autres rôles sont tenus par MM. Mounet-SuUy et Silvain, qui les ont créés le i3 mars 1887.
— Mort de M. Auguste Maquet.
9. — M. Claretie demande à M. Théodore de Banville de vouloir bien lire au Comité sa charmante fantaisie le Baiser, dont le Théâtre- Libre a eu la primeur. Cette lecture aura lieu prochainement.
12. — Obsèques d'Auguste Maquet en Téglise Saint-Germain-l'Auxerrois.
— Le rapport de M. Henry Maret, député, sur le budget des Beaux-Arts pour 1 888, permet de publier les détails suivants sur la situation de la Comédie-Française :
« Les recettes de la Comédie-Française, y compris la subvention de l'Etat, en 1886, se sont élevées à la somme de 2,3o2,2o5 francs; les dépenses ont été de 2,297,628 francs. Dans ce dernier chiffre figurent toutes les dépenses,
celles d'administration comme de personnel; plus, les bénéfices venés aux sociétaires.
« Le personnel de la Comédie-Française se compose de 27 sociétaires et de 3 3 pensionnaires, soit, en tout, 60 artistes qui touchent ensemble une somme de 42 3, 3 00 francs. Les appointements des sociétaires se composent d'une allocation fixe tarifée à un taux très modeste et d'un prélèvement proportionnel à leur part sociale sur les excédents de recettes. Ici encore, nous trouvons des chiffres qui ne sont pas d'accord avec ce qu'on s'imagine généralement. La rémunération totale que touche un sociétaire à part entière ne dépasse pas 24 ou 2 5, 000 francs tout compris. Seul, M. Got fait exception à la règle parce qu'il bénéficie d'une pension de 6,000 francs, acquise après quarante-deux ans de service. Le prélèvement de l'assistance publique sur les recettes est de 110,000 francs par an, en moyenne.
« On a calculé que, depuis quarante-sept ans, le droit des pauvres prélevé à la Comédie- Française a produit 4, 5 8 3, 000 francs. Les droits d'auteurs se sont élevés à 5,65 5,117 francs. »
i5. — Aujourd'hui, dimanche, en l'honneur du 266*^ anniversaire de la naissance de Molière. — En matinée : VAvcrt et Tartuffe, Le SOIR : Amphitryon; le Rire de Molière, à-propos en vers de M. Tiercelin, interprété par M. Dupont- Vernon (Tartuffe) et M™» Samary (Dorine); le Malade imaginaire et la Cérémonie. Par suite de la maladie de M. Got, c'est
M. Maubant qui devait jouer le Praeses ; mais, au dernier moment, il a été remplacé par M. de Féraudy.
i6. — Reprise de Pendant U bal, comédie en un acte et en vers de M. Éd. Pailleron, jouée par M^^^ Mûlier et Ludwig.
— L'ouverture du « Théâtre d'application » , qui devait avoir lieu aujourd'hui, est remise à demain mardi. Spectacle d'inauguration : Le Dépit amourtux; U Mariage forci; les Écoliers, à-propos de M. Théodore de Banville; le 4« acte d*Horace et le 3® des Plaideurs,
Voici déGnitivement la composition du nouveau théâtre : la direction artistique est confiée k un comité composé de MM. Got, Delaunay, Wormset Maubant. M. Delaunay est directeur des études dramatiques ; il s*est attaché, comme régisseur général de la scène, M. Guillemot.
M. Bodinier est secrétaire comptable ; M. Breton, ancien directeur du Théâtre d'Angers, remplit la charge de contrôleur général, chef du personnel.
La troupe se compose des quatre classes du Conservatoire; les auditeurs et auditrices pourront aussi être employés à l'occasion.
La salle ne renferme que 140 places. Quelques-unes de ces places seront réservées aux familles des élèves et aux écoles du IX® arrondissement.
Le rideau de la scène est peint par M^^® Abbema. — Innovation ingénieuse : le trou du souffleur est ménagé dans la coulisse. Ce souf-
fleur, doublé d'un mmchinitte, a sous la main le câble qui fait moutoir le rideau de fer.
17. — M. Louis Tiercelin, auteur du Rire de Molière, remet uq exemplaire de sa brochure à M"*® Samary. — En tête figure cette dédicace :
Hommage cordial et souvenir sincère De ce poète à qui le bonheur a souri De faire étinceler, en cet anniversaire. Le Rire de Molière aux dents de Samary.
— Ouverture du Théâtre d'application.
M. Faye, ministre de l'instruction publique, M. et M™° Ambroise Thomas, M. Camille Doucet, l'administrateur des Beaux- Arts, M. Jules Claretie, MM. Détaille, Falguière, Antonin Proust, Porel, etc., etc., assistent à la représentation. — On remarque beaucoup, dans le péristyle, les fameux panneaux des quatre saisons, peints par M^^° Abbema. Chacune des saisons est personnifiée par une étoile de la Comédie-Française : VÉti, par M^^ J. Samary; le Printemps, par M"*e Barretta; l'Automne, par M™® Sarah Bernhardt, et l'Hiver, par M^^® Reichemberg.
19. — M. Berr joue, au cercle de 1* Association générale des Étudiants, On nous attend chez les Berluron, pochade de M. Michel Carré.