‹ Répertoire de reliefs grecs et romainsChapitre 111 sur 120 · BAS-RELIEFS ARCHAÏQUES DE TI1AS0S · texte numérisé non relu

BAS-RELIEFS ARCHAÏQUES DE TI1AS0S

Ces bas-reliefs archaïques, provenant de Liménas (port de Thasos), se répartissent en deux groupes :

1° Trois plaques ( 1 -3) , découvertes en 1864 et rapportées par Emm. Miller au Louvre. 1) A g., Apollon lyricine couronné par une nymphe ; à droite, trois nymphes portant des guirlandes. 2) Trois nymphes portant des couronnes et des fruits. 3) Hermès suivi d’une Kharite. Au-dessus de la porte, on lit (en caractères grecs archaïques) : « Aux Nymphes et à Apollon nymphégète, on peut sacrifier des victimes mâles ou femelles, mais ni mouton ni porc. Le péan est interdit. » En bas du n° 3, on lit encore : « Aux Kharites il n’est permis d'offrir ni une chèvre ni un porc. » C’est donc un autel, un monument votif et non funéraire. A une époque postérieure, le grand relief fut employé pour décorer une tombe; on y grava alors en lettres grossières : « Aristokralès fils d’Erôs. » — Rayet, Monuments, I, pi. 20, 21 ; Brunn-Bruckmann, n° 61 ; Perrot, Ilisl. de l'art , t. VIII, p. 35 1 -353.

20 En 1866, vers le même endroit, on découvrit deux bas-reliefs et une longue inscription ( Hernies , 1869, p. 233). Le premier bas-relief représente une offrande à Dionysos, le second Héraklès (dieu tutélaire de Tbasos) tirant de l’arc. Le long relief 11’est plus connu que par un croquis de Christidès, médecin à Thasos, que j’ai publié (1) ; l’Héraklès,à la suite de ma publication, s’est retrouvé, tristement mutilé, à Constantinople (2). Enfin, plus récemment, on a découvert au même endroit à Thasos une inscription archaïque ainsi conçue : « De Zeus et de Sérnélé et d’Alcmène au long peplos, voici les enfants, gardiens de la ville. » Ces enfants sont Héraklès et Dionysos, l’un et l’autre figurés souvent sur les monnaies de Thasos. A la suite de Mendel (3) et en contradiction partielle avec Studniczka, auteur d’un important mémoire sur les reliefs archaïques de Thasos (4), Deonna, s’étant rendu sur les lieux, a démontré que le bas-relief perdu, l'inscription de 1866 (perdue également) et T Héraklès ornaient autrefois les deux côtés d’une porte de l’enceinte ; le relief de Dionysos décorait l’entrée sur la gauche, celui d’LIéraklès (avec l’inscription) la droite. L’inscription étant du quatrième siècle, tandis que les reliefs sont du cinquième, il est possible que l’inscription ait remplacé plus tard, sur la paroi, un relief analogue à l’Héraklès. Entre les deux s’ouvrait une fausse niche où pouvait être exposé un objet de culte. La dédicace archaïque était gravée audessous, sur la deuxième assise du socle. — Voir Deonna, Revue archéol ., 1908, I, p. 2.5 et surtout la restitution du socle et de la niche ( ibid ., p. 35, fig. 6).

T) S. R., Chroniques d’Orient, t. I, p. 10G.

2 En héliogravure, Bull, de corr. hell., 1894, p], 10, p. 64 (A. Joubin).

(3) Bull, de corr. hell., 1900, p. 560.

4 Oeslerr. Jahreshefte, 1903, p. 180.

Page 1