THASOS. RELIEFS VOTIFS
1-3. Louvre. — 4. Perdu. — 5. Constantinople (le croquis de Christidès et ce qui subsiste). Voir la page précédente.
TOPOLIA. FRONTON
Fragment d’un fronton archaïque du temple de Topolia, au Musée de Thèbes. — Curtius, Athen. Miitheil t. XIX, 1905, pl. 13 ; Revue des études grecques , t. XXX, p. 21'.); Furlwaengler, Aegina, t. I, p. 501. Ce bas-relief a été découvert en 1903 par G. Mendel (long., 0 m. 50 : haut., 0 m. 22). Le personnage représenté est une Amazone (1) avec bouclier scythique, le gorvte ou carquois au côté ; la jambe droite d’une autre figure est conservée sur la droite du relief. Probablement plus ancien encore que les sculptures d’Egine (Furtwaengler).
(t) L’apparence d'une longue barbe est due à de malencontreuses cassures.
ADAM-KLISSI ( Tropaeum Trajani).
Le monument dit Adam-Klissi (« église de l’homme ») s’élève dans une vaste plaine de la Dobrudja (Roumanie). Il a été signalé en 1837 par le lutur maréchal de Moltke, un des officiers que Frédéric-Guillaume III de Prusse avait mis au service de Mahmoud II pour réformer l’armée turque. Moltke parla d’Adam-Klissi dans ses Lettres sur la Turquie (éd. Gust. Hirschfeld, 1893, p. 172) et supposa que cette masse imposante était le tombeau d’un général romain (par analogie avec la Moles Hadriani ou Château Saint-Ange à Rome, qui lut le mausolée d’Hadrien). Un préfet de Kustendjé, M.Opran, soutint que le monument était perse ; M. Soutzo, en 1881, en faisait l’œuvre des Thraces, vers le cinquième siècle av. J.-C. (Rev. archéol., 1881, II, p. 287.) Dès 1857, le conservateur du Musée de Vienne, E. von Sacken, étudiant le dessin d’un bas-relief d’Adam-Klissi, y avait signalé la représentation d’un guerrier dace. Après la réunion de la Dobrudja à la Roumanie, Tocilescu commença des fouilles à l’entour d’Adam-Klissi et y découvrit une inscription qui donnait le nom antique du lieu, Tropaeum Trajani. L’exploration méthodique fut l’œuvre de Tocilescu, guidé par Benndorf et Niemann (Das Monument von Adam-Klissi , Vienne, 1895). Il semblait établi que les bas-reliefs d’Adam-Klissi représentaient des guerriers daces enchaînés et des combats entre Daces et Romains,que l’érection du monument avait eu lieu sous Trajan en commémoration de la seconde guerre dacique, conclusions justifiées par une dédicace de Trajan (109 de notre ère), autrefois gravée sur le monument lui-même, lorsque des opinions divergentes se firent jour. A cause de la grossièreté des sculptures, MM. Cichorius et von Domaszewski étaient tentés de les attribuer à l’époque de Constantin ; d’autre part, jusqu’à la fin de sa vie, Furtwaengler a soutenu que ce trophée avait été érigé par M. Licinius Crassus en l’an 29 av. J.-C., à la suite d’une victoire sur les Rastarnes (non sur les Daces) et que Trajan n’avait fait que le restituer. Son opinion, combattue par Benndorf, Petersen, Studniczka et d’autres savants, paraît devoir être abandonnée. Toute la bibliographie antérieure à 1904 est citée et discutée dans la monographie de Fr. Studniczka, Tropaeum Trajani (Leipzig, 1904), à laquelle Furtwaengler a opposé plus de paroles acerbes que d’arguments ( Berl . Philol. Wochenschrift, 1904, p. 1200 et suiv. ; cf., du même, Inlermezzi , Leipzig, 1896, p. 51 ; Abhandl. derbay. Akad., I CL, XXII, 1903, p. 457,310); cf. Cichorius, Rom. Denkmâler in rler Dobrudja, 1904 ; Antonesco, Le Trophée d' Adam-Klissi, 1905.
Le style affreux des sculptures peut s’expliquer soit en les attribuant à des légionnaires romains (comme tant de stèles funéraires découvertes près des camps du Rhin et du Danube), soit en y voyant l’œuvre des lapicides indigènes qui, en Thrace notamment, ont laissé beaucoup d’exemples de leur inexpérience presque barbare. Quant au dessin général de l’édifice, qui est admirable, on peut en faire honneur à Apollodore de Damas, l’architecte de Trajan. — Le monument d’Adam- Klissi a 27 mètres de diamètre et s’élevait à 30 mètres au moins de hauteur.
La plupart des sculptures sont conservées au Musée de Bucharest (Benndorf- Niemann, p. 13). Il y a un modèle du monument au Musée de Saint-Germain.