‹ Répertoire de reliefs grecs et romainsChapitre 87 sur 120 · LA COLONNE AURÉLIENNE A ROME · texte numérisé non relu

LA COLONNE AURÉLIENNE A ROME

La colonne historiée, élevée de 176 à 193 en mémoire des campagnes de Marc-Aurèle, est généralement qualifiée cl 'Automne ; mais il vaut mieux l’ap peler Aurélienne, pour éviter toute confusion entre Antonin le Pieux et son successeur. Les Romains l’appelaient Columna cenlenaria divnrum Marri et Faustinae ( Corp . inscr. /aA,t.VI,n. 1 585) , parce qu’elle avait 100 pieds de haut et supportait les images de Marc-Aurèle et de l’impératrice Faustine. Cette colonne souffrit, au moyen âge, beaucoup plus que celle de Trajan. Sixte- Quint la fit restaurer en 1.389 par Domenico Fontana. Cet architecte la pourvut d’un nouveau socle, qui lit disparaître ou recouvrit les débris de l’ancien, connu en partie par des gravures ; on y voyait des Victoires, des guirlandes (Petersen, pl. 2) et, au-dessous, sur un dé allongé, un chef barbare agenouillé devant l’empereur et son cortège (gravure d'Enea Vico, ap. Petersen, p. 9). Fontana fit aussi restaurer les bas-reliefs, d’une manière grossière et capricieuse. La première publication fut celle de Pietro Santo Bartoli, avec texte de Bellori (vers 167b). Ces 7b planches ont été souvent reproduites ; elles sont inexactes et fortement interpolées, mais donnent seules toutes les figures de la spirale déroulées sur un plan horizontal. A cet égard, elles sont bien plus utiles que les grandes et belles planches de Piranesi, qui reproduisent l’aspect même de la spirale. Nos dessins sont calqués sur une édition réduite des planches de Bartoli (îoo pl., Rome, 1779). En 1893, Guillaume II, étant à Rome, fut frappé de l'intérêt de ces reliefs pour la connaissance des Germains du second siècle ; à partir de mai 189^, il fit photographier Ions les reliefs et en fit mouler une partie pour le Musée de Berlin. Inde : Petersen, Domaszewski, Calderini, Die Marcus-Saule in Rom , Munich, 1896; 2 vol. in-fol. de 128 pl., avec un excellent i n - 4 explicatif de Petersen (1). Les planches photographiques sont d’un format absurde et d’un poids invraisemblable ; le prix est exorbitant.

(l i Voir aussi l’excellent résumé donné par le même savant dans Y Archaeologischer Anzeiger, 189(5, p. 1-18. Sur les difficultés de l'interprétation de la colonne, souvent en contradiction apparente avec les textes historiques, voir Stuarl Jones, Papers of lhe Brilish School al Rome, t. III, p. 254.

ROME. COLONNE AURÉLIENNE ( 1 -2)

Mon texte dérive de la notice de Petersen ( cf. la page précédente) ; voir aussi, pour la première partie de la colonne, le commentaire de Mme Strong, Roman Sculpture T p. 273 et suiv., avec de fines observations sur la qualité artistique de ces reliefs. 11 m’a paru inutile de donner la concordance avec les planches des in-folio allemands, que leur prix et leur poids rendent inabordables.

1 remièhe partie. Duerre germanique. — 1, 2. Maisons entourées de palissades, meules de fourrage et piles de bois le long du Danube ; deux soldats romains montent la garde.

ROME. COLONNE AURÉLIENNE (3-6)

3-6. Les barques de transport romaines évoluent devant Carnuntum ; le dieu Danube, sortant de sa grotte, témoigne sa bienveillance aux Romains, qui traversent le fleuve sur un pont de bateaux orné de deux arcs (motifs imités de ceux de la colonne Trajane).

7-10. L’empereur harangue ses troupes; la cavalerie se met en roule pour une revue et Marc-Aurèle oITre le sacrifice de lustration. — Je renonce à signaler toutes les inexactitudes et interpolations des planches (d’ailleurs admirables) de Bartoli, qui devront un jour êlre dessinées à nouveau d’après un moulage développé de la colonne.

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