LIVRE I. - CHAPITRE III
fait un payement au commencement de 1670, et les trois alliés voyant que le roi d'Epagne prenait la chose à cœur, ils firent peu après un traité avec lui, par lequel ils réglèrent ce que chacun des quatre alliés fournirait en cas qu'un d'entre eux fût attaqué. Ainsi ils convinrent que les Anglais armeraient cinquante vaisseaux de guerre, et les États généraux quarante, et une armée de terre de douze mille hommes; que la Suède mettrait en campagne une armée de seize mille hommes, et l'Espagne une de treize mille.
Tous ces traités furent sans effet, lorsque, deux ans après, la France attaqua les Provinces-lnies. L'Angleterre s'étant jointe a elle contre ces provinces dès le commencement de la guerre, et la Suède trois années après, il n'y eut que l'Espagne qui demeura ferme dans leur alliance et les préserva de leur ruine.
Traité de Stockholm, entre Charles net Charles XI, pour une ligue
défensive (1672).
Le roi d'Angleterre étant dans le dessein de rentrer en guerre contre les Etats généraux fit, à Stockholm, le 14 avril 1672. un traité d'alliance défensive pour trois années avec le roi de Suède ; mais comme ce roi pouvait craindre que, s'engageant dans cette guerre, le roi de Danemark ne prît le parti des Etats généraux et n'attaquât ses Etats pour tâche]1 de rentrer dans les provinces qu'il avait perdues par les traités de Rolschild et de Copenhague, le roi d'Angleterre lui promit par un acte particulier que, si quelque prince lui faisait la guerre pendant ces trois années, il l'assisterait de toutes ses forces par mer et par terre jusqu'à la fin de la guerre, quand elle durerait plus de trois années, et sans qu'il pût cesser de l'assister, ni traiter de paix ou de trêve que de son consentement. Les deux rois confirmèrent de nouveau les traités de Stockholm de l'année 1665, et de Westminter de l'année 1668. et la garantie du traité de Copenhague, et convinrent que, s'ils rentraient l'un et l'autre en guerre contre les États généraux, le roi d'Angleterre ne pourrait faire la paix que du consentement de celui de Suède, en sorte qu'on lui conservai ses droits et son
autorité à l'égard des impôts qu'il levait et du commerce de ses sujets, ce que les Suédois firent ajouter a cause de l'obligation à laquelle les États généraux avaient assujetti le roi de Suède par l'élucidation de l'année 1658.
Traiu' entre les mémo*, pour proroger le trait/- de 1664 — 1674.
Le 10 octobre 1074 les plénipotentiaires d'Angleterre et de Suède firent un autre traité, par lequel ils prorogèrent pour deux années celui qui avait été fait entre l' Angleterre et la Suède en Tannée 1666, et convinrent que, si un des deux rois axait besoin de secours, l'autre le lui fournirait, s'il se pouvait, avant les quatre mois portés par les précédents traités ; qu'ils s'uniraient encore plus étroitement à l'avenir pour la défense de la religion protestante, tant l'évangélique que la réformée, et qu'ils nommeraient de part et d'autre des commissaires qui s'assembleraient à Londres, pour changer, augmenter et expliquer ce qu'ils jugeraient a propos dans les précédents traités de commerce et de navigation faits entre les deux nations.
Ce traité n'a point eu d'effet à l'égard de la Suède, que le roi d'Angleterre n'a point assistée pendant les années 1675 et 1676. qu'elle a été attaquée par divers ennemis et a souffert de grandes pertes.