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CHAPITRE V

TRAITÉS ENTRE LA GRANDE-BRETAGNE ET t.ES PROVINCES - UNIES

La conformité de religion obligea les Provinces-Unies de demander la protection de la reine Elisabeth presque aussitôt après qu'elles se furent soulevées contre le roi d'Espagne; mais la crainte qu'eut cette princesse d'attirer sur elle l'indignation du roi d'Espagne en favorisant ses sujets rebelles fut cause qu'elle refusa de les assister. Depuis, les peuples de ces mêmes provinces étant dans la dernière désolation après l'assassinat du prince d'Orange, et voyant que le roi de France, Henri III, ne les voulait point recevoir pour ses sujets, ils s'offrirent en k même qualité à la reine Elisabeth, qui refusa aussi do les avoir

252 HISTOIKE DES TKA1TÉS DE PAIX.

pour sujets, leur promettant seulement de les assister. Ainsi elle fit avec les Ktats généraux, en l'année 1585, un traité par lequel elle promit de leur entretenir à ses dépens cinq mille hommes de pied et mille chevaux, à condition que son lieutenant aurait la principale autorité dans les Piovinees-l nies et assisterait, avec deux autres Anglais, à leur conseil d'Ktat ; (pie les Provinces-Unies joindraient a la flotte qu'elle équiperait un pareil nombre de vaisseaux, et que, jusqu'à ce que les Provinces-Unies l'eussent remboursée de ses frais, elle pourrait tenir garnison dans Flessingue en Zélande, la Brille en Hollande et Zeebourg 1 dans l'île de Walcheren. Kn conséquence de ce traité, la reine leur fournit des secours qui leur furent très-utiles.

Traité de Londres, entre la reine Éliwbeth et les État* généraux, au sujet

de ce qu'Us lui doivent (1598).

Le roi Henri IV ayant fait la paix à Yervins, et la reine Elisabeth étant dégoûtée de la guerre, tout ce que les États en purent obtenir fut un nouveau traité qu'ils tirent avec elle en 1598 par lequel elle fut déchargée de l'obligation de leur fournir aucun secours. On fit le compte des sommes qu'elle avait dépensées pour eux, et qui se trouvèrent monter à 8,000,000 de florins , dont on convint que les Ktats payeraient la moitié avant de rentrer dans les places qu'ils lui avaient engagées, savoir 300.000 florins par an tant que la guerre durerait, et 200,000 aussi par an après la guerre finie , en cas que celte première moitié ne fût pas encore acquittée; que lorsque la paix serait faite, on demeurerait d'accord de la manière dont le payement, de l'autre moitié serait fait, en rendant ces places; que cependant les Anglais continueraient d'y demeurer au nombre de onze cent cinquante ; que les États leur fourniraient les ustensiles ordinaires et 5,100 florins tous les trois mois; que les Anglais que les États lèveraient à l'avenir ne feraient serment qu'à eux, qu'ils leur seraient soumis et seraient payés de leurs deniers. On supprima les pouvoirs du lieutenant anglais qui

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