‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 106 sur 269 · LIVRE I. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE V

avait été établi par le précédent traité, en sorte néanmoins que la reine retînt le droit de tenir de sa part un assesseur dans le conseil d'État. On convint qu'en cas que la reine eût une guerre défensive ou offensive, les États seraient tenus de joindre teritre ou quarante vaisseaux d'une juste grandeur à son armée navale, et cinq mille hommes de pied et cinq cents chevaux à son armée de terre, et moyennant cela ils se quittèrent généralement de toutes chosesc

Trait.- de La Haye, entre Jacques l" et les États généraux, pour une ligue défensive

api*» la paix (juin 1608}.

Jacques, roi de la Grande-Bretagne, était extrêmement pacifique et pressait les Etats généraux de consentir à la paix avec le roi d'Espagne et les archiducs ; mais comme les Etats craignaient que le roi d'Espagne et les archiducs ne violassent cette paix lorsqu'ils en trouveraient une occasion favorable, ce roi pour les rassurer fit avec eux, le 26 juin 1608, à l'imitation du roi Henri IV, un traité de ligue et de garantie qui ne devait avoir lieu qu'après la paix et par lequel il s'obligea, en cas que quelqu'un attaquât les États ou violât la paix, de les secourir à ses frais avec vingt bons navires, six cents hommes de pied et quatre cents chevaux, et les Etats s'obligèrent d'autre part, en cas que le roi de la Grande-Bretagne fût attaqué en quelqu'un de ses royaumes, de l'assister aussi k leurs frais avec, vingt bons navires, .quatre cents hommes de pied et trois cents chevaux.

Second traité de La Haye, entre les mêmes, pour les sommes par la n inc Élisabcth ( septembre 1008).

Le 17 septembre suivant il se fit un autre traité entre ce même roi et les Etats généraux, par lequel les États arrêtèrent le compte de ce qu'ils devaient encore des sommes que la reine Elisabeth leur avait prêtées.

HISTOIRK I1KS THAITftS l>F. PAIX.

Troisième traité de La Haye, entre les mêmes et Henri IV. |iour la garantie du traité de trêve ( ltXK» i.

Les États généraux n'ayant pu convenir d'une paix avec le roi d'Espagne et les archiducs, mais seulement d'une trêve de douze années, ils jugèrent que les traités de garantie, qu'ils avaient faits avec les rois de France et de la Grande-Bretagne, n'étant qu'en cas qu'on fît la paix, il était nécessaire d'en faire un autre par lequel ces deux rois s'obligeassent à la garantie de ce traité de trêve. Ce traité fut donc passé en 1009. entre les deux rois et les Etats généraux, et ils s'y obligèrent de s'assister mutuellement en cas qu'ils fussent attaqués par quelque prince que ce fût. J'en parlerai encore plus amplement dans le livre IVe.

Traité de Londres, entre les mêmes, pour les intérêt* des Compagnies orientale» de l'une et de l'autre nation.

Les Anglais et les Hollandais s'étant , depuis leurs guerres avec l'Espagne, attachés au commerce des Indes orientales, qui auparavant n'était exercé que par les Castillans et les Portugais, la reine Elisabeth et les États généraux établirent chacun en leur pays une compagnie de marchands qui s'associèrent pour ces voyages et équipèrent des vaisseaux , avec lesquels ils chassèrent les Castillans et les Portugais de plusieurs îles, et s'établirent dans tous les lieux où ils crurent trouver leur avantage pour la facilité et l'utilité du commerce.

Dans ces nouveaux établissements les officiers de ces deux compagnies ne se contentèrent pas d'agir contre les ennemis communs, mais aussi se chassèrent souvent les uns les autres de divers lieux sous différents prétextes : ils pillèrent les vaisseaux et les marchandises les uns des autres, et commirent entre eux diverses hostilités auxquelles la jalousie et l'envie du profit les portèrent, en quoi les Anglais, qui étaient moins puissants dans ces quartiers que les Hollandais, prétendirent avoir été les plus lésés. Le roi d'Angleterre et

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les Etats généraux, voulant apaiser ces différends, nommèrent des commissaires pour faire un règlement de commerce entre les deux nations dans les Indes orientales. Ces commissaires s'étant assemblés à Londres en 1613. y firent un premier traité, duquel je ne parlerai point davantage, parce qu'il n'eut aucune suite, et ne fut point agréé par les parties.

Traité de La Haye, entre le* mêmes, pour le même sujet, en 1615.

Ce premier traité n'ayant pas réussi, on en fit un autre pour le même sujet, a La Haye, en 1615, mais il fut aussi inutile que le premier, et ne fut point ratifié.

Traité de Greenwieh, entre les mêmes, pour la restitution des places engagée* ; H>10j.

Les États généraux, voulant retirer les places qu'ils avaient engagées à la reine Elisabeth, firent un traité à Greenwieh avec le roi1, le 16 mai 1616, pour régler la manière dont se ferait le payement de ce qu'ils lui devaient encore, et la restitution de ces places, laquelle fut faite en conséquence de ce traité. Depuis cela, les États généraux ne voulurent plus permettre que l'ambassadeur d'Angleterre eût encore séance dans leur conseil d'État, dont les rois d'Angleterre se tinrent offensés : ils n'avaient plus eu de ministres auprès des États en qualité d'ambassadeurs, jusqu'à ce que le chevalier William Temple y fût en cette qualité en l'année 1668, pour faire le traité de la triple alliance.

Traité de Londres, entre les mêmes, pour le» intérêts des compagnies anglaise

et hollandaise.

Les traités de 1613 et de 1615 n'ayant point eu une heureuse

* . Jacques I".

256 HISTOIRE DKS TRMTÉS DK PAIX.

issue , les Anglais continuaient de se plaindre que leurs compagnies de Moscovie et des Indes orientales avaient reçu de grands dommages des Hollandais, tant sur les côtes de Groenland qu'en Moscovie, aux Indes orientales et ailleurs; et d'autre part, les Hollandais prétendant avoir fait de grandes dépenses pour se rendre maîtres du commerce des îles Moluques, de Banda et d'Amhoine, malgré les Castillans et les Portugais, et pour y construire les forts qu'il y avait fallu bâtir pour les conserver, soutenaient qu'il n'était pas juste que les Anglais eussent un pareil profit qu'eux dans ces îles. Comme il y avait lieu de craindre que ces différends n'éclatassent en une guerre ouverte, le roi d'Angleterre et les États généraux nommèrent encore des commissaires pour régler ces différends. Ils s'assemblèrent à Londres, et travaillèrent si heureusement , qu'ils y conclurent, en 1619, un traité par lequel, entre autres choses, ils liquidèrent a vingtdeux mille livres sterling les dommages que la Compagnie anglaise de Moscovie avait soufferts des Hollandais. Ils convinrent (pie chacune des deux Compagnies orientales, tant l'anglaise que la hollandaise, retiendrait dans les Indes les îles et les forts qu'elle y occupait alors, sans se troubler l'une l'autre dans cette possession, et que pendant vingt années les Hollandais jouiraient des deux tiers du commerce qui se ferait dans les îles Moluques, de Banda et d'Amhoine, et les Anglais de l'autre tiers; qu'on lèverait un droit sur toutes les marchandises pour l'entretien des forts, et que s'ils avaient quelques différends entre eux, ils seraient réglés en Europe par les deux Compagnies et par le roi d'Angleterre, et les États généraux, en cas qu'elles ne pussent pas s'accorder.

Les Anglais et les Hollandais firent de grands feux de joie pour témoigner la satisfaction qu'ils avaient de l'heureuse conclusion de ce traité, et se disposèrent pour aller ensemble aux Indes l'année suivante. Cependant les Hollandais ne se mirent point en devoir de payer ces vingt-deux mille livres sterling, et nous allons voir comment ils observèrent les autres articles de ce traité.

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