‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 116 sur 269 · LIVRE I. — CHAMTKK V · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAMTKK V

Britannique, quoique du temps du feu roi d'Angleterre ils se tinssent heureux qu'on leur permit d'y pécher moyennant un certain tribut.

Le roi de la Grande-Bretagne, ayant donc déclaré la guerre aux États généraux, les attaqua vigoureusement par mer, et la flotte de France étant jointe à celle d'Angleterre, il y eut deux batailles navales donnée* en 1672 et 1673, où les Hollandais eurent du désavantage. Le roi de Suède s 'étant entremis de rétablir la paix entre toutes les parties qui étaient en guerre , on choisit Cologne pour y traiter une paix générale, parce que les rois de France et d'Angleterre s'étaient obligés par le traité d'IIarwich de ne point faire la paix l'un sans l'autre.

Pendant qu'on traitait la paix générale à Cologne, le marquis del Fresno, ambassadeur d'Espagne en Angleterre, s'entremit de conclure à Londres une paix particulière entre le roi d'Angleterre et les États généraux. Four y parvenir, il communiqua à ce roi, par un mémoire, le nouveau traité entre l'Espagne et les Etats généraux, et lui présenta un projet d'articles d'un traité de paix avec les Etats. Le roi d'Angleterre, dans la réponse qu'il lit à ce mémoire, vers la fin du mois de décembre 1673, se plaignit de cette alliance, qui était contraire au Imité fait entre l'Espagne et l'Angleterre, qui porte que l'un des deux rois n'assisterait point ceux avec lesquels l'autre serait en guerre ouverte; néanmoins il offrit de faire la paix, ne demandant que trois conditions, outre celles dont les États étaient déjà convenus à Cologne : savoir, qu'on fit un traité de commerce équitable et réciproque poulies Indes orientales; que ses sujets qui étaient à Surinam fussent mis en liberté avec leurs effets ; et enfin que les sujets des États s'abstinssent de pécher sur les côtes de ses royaumes sans avoir de ses passe-ports. Les États généraux convinrent des deux premiers articles, et offrirent 800,000 écus au lieu du troisième. Ainsi le parlement d'Angleterre ayant sollicité avec des instances extraordinaires le roi de la Grande-Bretagne de conclure au plus tôt cette paix, il ne leur put résister; de sorte que le traité de paix fut signé le 10 février 1674 par ses commissaires et par le marquis del Fresno, ambassadeur, au nom des États généraux, en vertu du plein pouvoir qu'ils lui avaient envoyé.

Par ce traité, les États généraux reconnurent le droit du roi d'Angleterre à l'égard du salut de son pavillon, et promirent que lorsque leurs vaisseaux et même leurs flottes rencontreraient un ou plusieurs vaisseaux ou yachts de Sa Majesté Britannique portant son pavillon, depuis le cap de Finistère, qui est dans la Galice, jusqu'au cap Van-Staten, situé dans la Norvège, ils ôteraient leur pavillon et baisseraient les voiles de leur grand mât avec les mêmes honneurs dont ils en avaient usé envers ce roi et ses prédécesseurs; que le gouverneur de Surinam permettrait aux Anglais d'en sortir sur les vaisseaux que le roi d'Angleterre y enverrait, et d'en emporter leurs effets, meubles et esclaves; que les terres, îles et villes prises par l'une des parties pendant cette guerre, soit en Kurope ou ailleurs, seraient restituées au premier possesseur en l'état auquel elles se trouveraient au jour de la publication de la paix, après laquelle on ne pourrait rien dégrader; que le traité de Breda serait exécuté- dans les articles où il n'y était point dérogé par celui-ci ; que le traité de commerce de l'année i668 aurait encore cours pendant neuf mois, et que cependant des commissaires de part et d'autre travailleraient à un nouveau traité de commerce et à un règlement touchant le commerce des Indes; que si ces commissaires ne demeuraient pas d'accord après trois mois du jour de la première conférence, on s'en remettrait à la reine régente d'Espagne ; et enfin que les États généraux payeraient 800,000 écus au roi d'Angleterre en quatre payements, un quart comptant incontinent après l'échange des ratifications, et le reste en trois années consécutives, en trois payements égaux.

En conséquence de ce traité , les États généraux furent obligés de rendre au roi d'Angleterre la Nouvelle-Hollande1, sise en Amérique, que les Hollandais avaient découverte et depuis cédée aux Anglais par les traités précédents, et dont ils les avaient chassés pendant cette guerre.

Page 1