CHAPITRE IX
TRAITES ENTRE LES BOIS DE LA GRANDE-BRETAGNE ET LES PRINCES D'iTAUE
La distance des lieux est cause que les rois de la Grande-Bretagne ayant peu d'intérêts a démêler avec les princes d'Italie, ont fait fort peu de traités avec eux ; ainsi je ne trouve que quelques négociations entre le roi Jacques, la république de Yenise et le duc de Savoie, et un traité entre Cromwell et la république de Gênes.
Négociation entre Jacques I*' et la république de Venise, pour alliance.
La jalousie que les Vénitiens avaient au commencement de ce siècle contre la maison d'Autriche, les obligea d'entretenir amitié avec tous ceux auxquels sa grandeur était autant suspecte qu'à leur république. Ainsi , ils eurent beaucoup de liaison avec le roi Jacques, en
sorte que lors des différends de la république avec le pape Paul V, quand l'on croyait que l'on en viendrait aux armes, ce roi leur offrit du secours, en cas qu'ils en eussent besoin.
Depuis, en 1612, il les sollicita de se joindre aux princes protestants unis, ce qu'ils promirent de faire secrètement, et d'autre part ils le prièrent de s'employer pour la conclusion de leur Ligue avec les Suisses, et le renouvellement de celle qu'ils avaient faite avec les Grisons. Cependant, encore qu'il y eût bonne correspondance entre ce roi et la république, je ne trouve pas qu'ils aient jamais passé aucun traité ensemble; et même Louis \1II, la république et le duc de Savoie ayant conclu à Paris, en 1023, la Ligue qu'ils avaient projetée à Avignon l'année précédente, et étant convenus par ce traité d'inviter le roi Jaccpies d'y entrer, il refusa de le faire, quoi qu'il en fût pressé par l'ambassadeur de Venise, et qu'il eût lieu d'espérer que cette Ligue, divertissant les forces des Espagnols, pourrait contribuer beaucoup au rétablissement de son gendre ; mais il aimait tellement son repos, qu'il ne pouvait prendre aucune résolution vigoureuse. Cependant plusieurs auteurs veulent que ce roi et la république soient entrés avec plusieurs autres puissances dans deux Ligues qu'ils prétendent avoir été conclues à Avignon en 1623, et à Paris eu 162/i. Mais encore que ce roi ne voulût point se joindre ouvertement à cette Ligue, son ambassadeur ne laissa pas de se trouver au mois d'octobre de la même année à l'assemblée de Suse, où les ministres des trois alliés résolurent comment ils agiraient en conséquence de la Ligue. Cette bonne intelligence entre la Grande-Bretagne et la république de Venise continua encore du temps du roi Charles 1", auquel la république et le grand-duc communiquèrent , comme à leur allié , la Ligue qu'ils avaient faite en 16ft3 contre les Barberins.
Négociations entre le roi Jacques et Cliarles-Einnianuirl , duc de Savoie.
Charles-Emmanuel, voyant qu'après la mort de Henri IV la reine Marie dë Médicis ne voulait pas accomplir le mariage qui avait été résolu entre le prince de Piémont, son fils aîné, et Madame Elisabeth