LIVRE I. — CHAPITRE IX
de France, envoya en Angleterre, en 1611, pour proposer au roi Jacques un double mariage de leurs enfants, et une Ligue offensive et défensive. Ce roi fit difficulté sur ces mariages, à cause de la différence de religion, et encore plus sur la Ligue offensive et défensive; l'aversion qu'il avait pour la guerre l'éloignant absolument de ces sortes d'engagements. Peu après le prince de Galles mourut, de sorte que le roi Jacques , congédiant le ministre du duc , lui donna ordre d'assurer son maître que sans cette mort il aurait fait le mariage et conclu la Ligue offensive et défensive; mais qu'on pourrait marier le fils qui lui restait avec la cadette du duc , pourvu qu'il laissât en paix ceux de Genève.
Cette bonne intelligence continua depuis entre eux, en sorte qu'encore que ce roi , ayant en tête de marier son fils avec l'infante d'Espagne, ne songeât plus au mariage de Savoie, il ne laissa pas de protéger ce duc dans les occasions. Ainsi, lorsqu'en 1614 il eut plusieurs différends contre les Espagnols, le roi d'Angleterre envoya en Italie un ambassadeur extraordinaire, qui pressa la république de Venise de secourir le duc de Savoie. Ensuite cet ambassadeur intervint comme médiateur au traité d'Ast, et promit par un acte particulier, au nom du roi son maître, de défendre ce, duc en cas qu'il fût attaqué par les Espagnols après avoir désarmé, ainsi qu'il le craignait. J'ai marqué sur l'article précédent comme ce roi , qui n'aimait point à s'engager dans aucune guerre pour ses amis, ne voulut point entrer dans la Ligue de Paris, de 1623; mais suivant plusieurs auteurs, le duc de Savoie entra avec le roi d'Angleterre dans les Ligues qu'ils prétendent avoir été faites à Avignon en 1623 et à Paris en 1624 , sur quoi j'ai dit ailleurs mon sentiment.
Traité entre Olivier Cromwell et la république de Gènes, puur alliance ( 1651 ).
La république de Gênes étant en 165ft sur le point de rompre avec les Espagnols, Cromwell lui promit de la secourir, fit alliance avec elle pour le commerce, et commanda à tous les marchands anglais de quitter le trafic de Livourne et de se transporter à Gênes.