TRAITÉS ENTRE LE DANEMARK ET LES P RO VIXCES-UNIES
Il y a longtemps que le commerce de la mer Baltique a obligé les habitants des Pays-Bas de rechercher l'alliance des rois de Danemark qui sont maîtres des entrées de cette mer. Ainsi dès l'année 15M, il y eut un traité passé a Spire entre Christian III et les habitants des Pays-Bas , par lequel ce roi leur accorda beaucoup de privilèges. Cette alliance fut peut-être cause que les Provinces-Unies, incontinent après leur soulèvement contre le roi d'Espagne, envoyèrent en 1571, vers Frédéric II, successeur de Christian III, pour en obtenir quelque secours, mais il le leur refusa, ne voulant point attirer sur lui la haine de la maison d'Autriche. Néanmoins les affaires des Étals généraux étant depuis en meilleur état, il paraît que Christian IV, fils de Frédéric, fit alliance avec eux. puisqu'on 1607 il envoya, en qualité de leur allie, ses ambassadeurs à La Haye, pour assister au traité de paix ou de trêve qu'on y négociait entre le roi d'Espagne et les États. Il y eut ensuite quelque mésintelligence entre eux vers 1613, à cause des augmentations du péage du Sund que le roi de Danemark prétendait faire , et qui obligèrent les États généraux de faire .diverses ligues contre lui avec le roi de Suède, la ville de Lubeck et les autres villes anséantiques ; mais ces différends ayant été accommodés, et la trêve entre le roi d'Espagne et les États généraux étant expirée en 1621, ce roi fut le premier qui offrit aux États généraux de faire avec eux un traité d'alliance et d'amitié, et depuis ce temps il y a eu presque toujours une grande liaison entre le roi de Danemark et les Etats, ce qui paraît par le grand nombre de traités qu'ils ont passés ensemble, et par les signalés services que ces deux puissances se sont rendus l'une à l'autre.
En effet, je trouve que depuis 1621 jusqu'en 1674 ils ont passé ensemble vingt-quatre traités.
Traité do La Haye, entre Christian IV et les États généraux, pour alliance (1631 ).
Le roi de Danemark ayant envoyé à La Haye Jacques Ulfeld, son chancelier, pour faire avec les États généraux une alliance encore plus étroite que par le passé, ils conclurent le lli mai 1621 un traité par lequel ils firent une alliance dont ils marquèrent que le but était la conservation de tout le corps évangélique et particulièrement des deux États. Par ce traité ils promirent qu'ils procureraient mutuellement l'avantage les uns des autres ; qu'un des deux États ne ferait rien qui ptït causer (un ique dommage à l'autre, ne donnerait aucun secoure a ses ennemis présents et à venir, et n'entrerait en aucune ligue contre lui. Ils convinrent encore que les traités que les Etats avaient faits en 1613 et dans les années suivantes, ne porteraient point préjudice aux droits du roi de Danemark dans la mer Baltique et ailleurs; que ce traité ne dérogeait point aux alliances qu'ils pourraient avoir faites avec d'autres princes; et que les ambassadeurs de ce roi et des États généraux s'assembleraient au plus tôt au lieu qu'il lui plairait de marquer, pour traiter ensemble du secours qu'ils se donneraient réciproquement en cas qu'ils fussent attaqués, des ports où on n'avait point accoutumé de trafiquer, et de la navigation dans les Indes orientales et occidentales.
Les États généraux, ratifiant ce traité le 19 août suivant, nommèrent des députés pour s'assembler à Brème avec les commissaires du roi <!<> Danemark, et régler les articles qui étaient demeurés indécis, mais nous ne voyous pas que cette assemblée ait eu aucune
suite.
Il et III.
Trn.t' d'Avignon et de Paris entre les mêmes et antres, pour une ligue contre la maison d'Autriche (1633 et 1624}.
J'ai déjà souvent parlé des traités d'Avignon et de Paris des années 1623 et 1624, dans lesquels on prétend que le roi de Dane-