LIVRE II. — CHAPITRE IV
Autre traité de Copenhague, entre le» mômes, pour ligue de garantie contre la Suède (1650).
Le roi de Suède étant , en 1656, embarrassé dans la guerre de Pologne, et craignant que le roi de Danemark ne le traversât dans ses desseins, fit proposer à ce roi une ligue offensive et défensive, lui faisant espérer de lui rendre ce qui lui avait été ôté par le traité de Bromsebro, à la charge qu'ils se rendraient eux deux seuls maîtres de la mer Baltique et en excluraient les flottes étrangères. Le roi de Danemark penchait vers cette proposition, mais les ambassadeurs des États, auxquels ce traité eût été très-désavantageux, étant venus à Copenhague, persuadèrent au roi de Danemark que le roi de Suède ne lui proposait ce traité que pour l'amuser et le détruire, après qu'il se serait rendu maître de la ville de Dantzig qu'il tenait alors assiégée : ainsi ils renversèrent la négociation des Suédois, et même firent avec le roi de Danemark, le 16 août 1656, un traité qui portait une ligue de garantie pour défendre le commerce de la mer Baltique et le havre de Dantzig, et ils promirent de se secourir mutuellement pour ce dessein, et particulièrement le roi de Danemark s'obligea de joindre douze de ses vaisseaux à la flotte que les États enverraient au secours de Dantzig.
En conséquence de ce traité , le roi de Danemark joignit ses douze vaisseaux à la Hotte hollandaise , commandée par l'amiral Obdam, qui fut à Dantzig quelque temps après que le roi de Suède en eut levé le siège, et y porta toute sorte de rafraîchissements, de sorte que cette ville fut entièrement mise hors de danger.
Troisième traité de Copenhague, entre le» mêmes, pour ampliation des précédents traités (10Ô7).
Le roi de Danemark, ne se contentant pas d'avoir contribué h secourir Dantzig, voulut aussi faire une guerre ouverte au roi de Suède, et commença par la ville de Bremerfurde. dans le duché de
Brème, qu'il p ri t vers le mois de mai 1657. Comme on ne pouvait pas douter que celte entreprise ne dût attirer les Suédois dans le Danemark, le roi Frédéric fit, le 27 juin 1C57, un traité a Copenhague avec les ambassadeurs extraordinaires des Provinces-Unies, par lequel ils confirmèrent l'alliance faite en 1649, et la ligue de garantie conclue le 1G août de l'année précédente, et les autres traités, hormis en tant qu'ils se trouveraient étendus par celui-ci. après quoi ils se promirent de s'assister réciproquement avec six mille hommes de pied en cas qu'ils fussent troublés dans leurs États et places où ils tenaient garnison, et dans leur navigation et commerce, et du reste ils convinrent qu'ils suivraient ce qui avait été réglé pour le secours de quatre mille hommes porté dans le traité de 1649. Que les vaisseaux de guerre des États pourraient passer jusqu'au nombre de cinq par le Sund ou le Belt, sans en avoir averti le roi de Danemark ; mais que quand ils seraient au Sund ils relâcheraient chacun deux écoutes et la plus haute voile du grand mât devant le château de Cronenbourg ; que quand ils rencontreraient les vaisseaux du roi de Danemark, on relâcherait de part et d'autre deux écoutes; que si les États généraux voulaient faire passer un plus grand nombre de vaisseaux, ils avertiraient le roi de Danemark trois semaines auparavant. On convint rjue ce traité d'ampliation et d'élucidation durerait autant que l'alliante de l'année 1649, savoir jusqu'au 13 août 1685.
( !e traité n'eut pas d'abord l'effet que le roi de Danemark pouvait souhaiter; car le roi de Suède étant venu à grandes journées de Pologne dans le Jutland, et étant passé sur la glace dans la Zélande, il obligea le roi de Danemark de faire, au mois de février 1658, les traités de Taastrup et de Rotschild a des conditions fort désavantageuses, avant qu'il eût pu être secouru par les États généraux ni par Lutres alliés.
Troisième traite de La Haye, entre les mêmes , pour le jaugeage des navires
Comme plusieurs vaisseaux qui allaient chercher du bois en Norvège tenaient plus de charretées que ne portaient leurs lettres de