LIVRE II. — CHAPITRE IV
mesure, et que plusieurs maîtres de navires avaient commis quantité de fraudes tant dans ces lettres de mesure que dans les marques qu'on mettait sur les vaisseaux, les péagers du roi de Danemark prenaient ce prétexte pour tirer des maîtres des navires des péages excessifs suivant leur fantaisie, et outre cela le roi de Danemark prétendait qu'on faisait présentement en Hollande des vaisseaux d'une structure nouvelle qui avaient plus de capacité que les vaisseaux de l'ancienne fabrique. Ainsi pour assoupir ces différends, les députés du roi de Danemark et des États généraux firent un traité à La Haye le 15 avril 1658, par lequel ils convinrent qu'en cas que le député du roi de Danemark justifiât tous ces faits, on réglerait les choses en sorte que Sa Majesté Danoise n'en souffrirait point de dommage, et que cependant ces péagers n'exigeraient point de plus grands droits par charretées que suivant le mesurage qui en serait fait en vertu de ce traité, lequel ensemble celui de 1647, seraient exécutés jusqu'à ce qu'on en fut convenu autrement.
Peu après la conclusion de ce traité le roi de Suède ayant rompu la paix de Rotschild, et mis le siège devant la ville de Copenhague qui fut réduite dans une grande nécessité de vivres, les États généraux envoyèrent au secours du roi de Danemark une flotte, laquelle, après avoir combattu au mois de novembre 1658 la flotte suédoise qui lui disputait le passage du Sund, porta des vivres à Copenhague, ce qui obligea le roi de Suède d'en lever le siège, et l'année suivante le roi de Suède ayant refusé la paix , les mêmes Hollandais avec les Danois et les autres alliés attaquèrent et défirent l'armée suédoise dans l'île de Funen, ce qui fut suivi de la mort du roi de Suède, et ensuite de la paix de Copenhague.
Traité entre les mfrnea, pour le règlement de ce qui était da aux Hollandais, et engagement du péage du Sund ( 1063).
Les Ktats généraux avaient dépensé quatorze millions de florins dans ce secours de Danemark, outre la nourriture des matelots et le fret des vaisseaux; ainsi ils souhaitèrent que le roi de Danemark
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arrêtât la somme qui lui était due. Ce roi, après avoir examiné leur compte, fit un traité avec eux en 1663 , par lequel il arrêta la somme qu'il leur devait, et leur engagea le péage du Sund pour recevoir les intérêts de leur somme à raison de 5 pour 100 jusqu'à ce qu'il la leur eût remboursée.
Quatrième traité de La Hayn, entre les niâmes, pour la remise de re que le roi de Danemark devait aux État* généraux février 1068).
Le roi de Danemark s'ennuyait fort de voir que les Hollandais recevaient tous les ans ses plus clairs revenus, de sorte que lorsqu'en 1665, les Anglais faisant la guerre aux Provinces-Unies, le sollicitèrent de se joindre avec eux, lui promettant de le mettre dans la jouissance de son péage , il prêta l'oreille aux Anglais, avec lesquels il fit un traité conditionnel de ligue offensive et défensive dont j'ai parlé ci-devant, et pour avoir lieu de rompre avec les Étals généraux, il forma diverses plaintes contre eux et contre leur compagnie occidentale. C'est pourquoi les États craignant avec raison que le roi de Danemark ne se déclarât absolument contre eux dans un temps auquel ils appréhendaient que les Suédois ne fissent la même chose, résolurent de le mettre entièrement dans leurs intérêts, en faisant à son égard une action signalée de générosité dont il n'y avait point d'exemple dans leur histoire. Ainsi le H février 1666, ils passèrent un traité avec ce roi , par lequel ils lui remirent tout ce qu'il leur devait, qu'ils n'estimaient pas moins de soixante millions, de sorte qu'il rentra, sans rien débourser, dans la jouissance et paisible possession de son péage du Sund, dont les Ktats généraux n'avaient pas joui fort longtemps.
Cinquième traité de \n Haye, entre le* mêmes, pour alliance contre l'Angleterre
(Kvrier 16fl6). '
En conséquence de ce traité , le roi de Danemark voulut bien encore en faire trois autres à La Haye le même jour 11 février 1666. Par le premier, qui fut fait à la persuasion du roi de France, les