L1VRK II. - CHAPITRE IV
Septième traité de La Haye, entre les même» et le roi de France, pour garantie et secours réciproques (février 1666).
Enfin la France , le Danemark et les Provinces-Unies firent ce même jour un quatrième traité, par lequel ils se garantirent réciproquement les traités d'alliance qu'ils avaient faits les uns avec les autres, et promirent de s'assister mutuellement contre tous ceux qui voudraient les attaquer.
Huitième traité de La Haye, entre le roi de Danemark , les État» générant, l'électeur de Brandebourg, et les ducs do Brunswick et de Lunebourg, pour la quadruple alliance ( octobre 1006 ).
Le 25 octobre 1666, on fit à La Ilaye entre le roi de Danemark, les États généraux, l'électeur de Brandebourg, les ducs de Zell et de Volfembutel et l'évêque d'Osnabruck , un traité de ligue défensive, qu'on appela la quadruple alliance, parce qu'on ne comptait ces trois derniers princes qui sont d'une môme maison que comme une des parties dans ce traité. Il fut fait pour six années , et les alliés s'y promirent réciproquement de procurer les avantages les uns des autres , d'empêcher les dommages qu'ils pourraient souffrir en Europe, et d'assister celui qui serait attaqué, avec les troupes marquées dans le traité, savoir le roi de Danemark et les États avec dix-huit cents chevaux, et trois mille six cents hommes de pied, l'électeur de Brandebourg avec douie cents chevaux et deux mille quatre cents hommes de pied, et les ducs de Lunebourg avec six cents chevaux . et douze cents hommes de pied, en sorte néanmoins que la partie al laquée pourrait demander un équivalent au lieu de troupes, et aurait la direction de la guerre qui se ferait pour sa défense.
Traité de La Haye, entre Christian V, les États généraux et autres, pour alliance ( 1074 ).
Lorsque les rois de France et d'Angleterre déclarèrent la guerre aux États généraux, Christian V, roi de Danemark, fut sur le point i. 24
de signer une ligue offensive et défensive contre eux avec le roi d'Angleterre. Le projet en fut dressé, et il n'en fui empêché que parce qu'il voulait qu'avant que de se déclarer contre eux, le roi de Suède en fil autant. Mais après que le roi d'Angleterre eut fait sa paix avec les États , Christian fut tellement sollicité par l'empereur, par le roi d'Espagne et par les États généraux, qu'il conclut avec eux, le 10 juillet 1674, un traité par lequel il s'obligea de tenir sur pied une armée de seize mille hommes, savoir : cinq mille chevaux , dix mille fantassins et mille dragons, pour la levée et l'entretien desquels le roi d'Espagne et les États promirent de lui payer chacun par moitié 170,000 rixdales une fois payées , et ensuite 14,000 rixdales par mois tant que cette guerre durerait, .H raison de douze mois par an, et 10,686 rixdales aussi par mois courant pour la solde des généraux qui commanderaient cette armée au-dessus des colonels. Ils convinrent qu'en cas qu'il survînt de nouveaux ennemis aux alliés, le roi de Danemark serait tenu de rompre avec eux et de défendre ses alliés avec ses troupes, dont le roi d'Espagne et les États entretiendraient la moitié, et le roi de Danemark entretiendrait l'autre moitié, moyennant les 14,000 écus ci-dessus par mois. Ils réglèrent aussi par ce traité le nombre des régiments et des compagnies dans lesquels ces troupes seraient divisées, la paye que le roi d'Espagne et les États donneraient tant aux officiers qu'aux soldats, le nombre des pièces d'artillerie et de ses officiers, et la quantité des munitions. Ils convinrent que le roi de Danemark serait tenu de tenir cette armée en un corps, et en étal d'agir contre les ennemis lorsqu'on le jugerait a propos, et selon la pluralité des voix des trois alliés et de ce roi; que s'il était attaqué par qui que ce fût, il pourrait employer cette armée pour sa défense, et les trois alliés seraient tenus de le secourir avec autant de troupes qu'ils le souhaiteraient; que s'il était attaqué à l'occasion de ce traité sans en avoir donné aucun sujet, le roi d'Espagne, les États généraux. Sa Majesté danoise, payeraient également les frais faits pour la levée et entretien d'une armée, pourvu que le roi de Danemark eût été requis d'entrer dans la rupture comme les autres; que si cette armée de seize mille hommes n'était pas capable de résister aux ennemis ni de les contraindre à faire la paix, on la renforce-
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rait ; que si les al lit s jugeaient à propos que ce roi équipât une armée navale , ou qu'il tînt en nier une escadre de vaisseaux de guerre, le roi d'Espagne et les États payeraient la moitié des frais que le roi de Danemark ferait pour la levée et l'entretien de cette armée, conformément à l'accord fait entre le roi de Danemark et les Ktats généraux en l'année 1666; que le roi de Danemark ayant mis en état cette armée navale, un des trois alliés ne pourrait traiter ni de paix ni de trêve sans le consentement des autres , et que si un des alliés traitait en son particulier il en avertirait les autres, et ne pourrait rien conclure qu'il n'y comprit ses alliés, et ne leur fît rendre, s'ils le requéraient, toutes les places et domaines qui pourraient leur avoir été pris pendant cette guerre; que si le roi de Danemark, en ayant été requis, était entré en rupture, et qu'ensuite on traitât de la paix, les alliés protégeraient les ministres de ce roi; et qu'à la fin de cette guerre les alliés demeureraient en amitié, conservant les intérêts les uns des autres, autant qu'il leur serait possible.
Outre ce traité public , les mêmes alliés signèrent le même jour un article secret, par lequel le roi de Danemark et les Ktats généraux convinrent qu'en cas, qu'après la fin de cette guerre, un des deux partis fût attaqué en Europe, les États généraux seraient tenus de secourir le roi de Danemark de toutes leurs forces, de rompre avec ses ennemis, et de continuer jusqu'à ce que la paix fût faite , et qu'il fût remis, s'il le requérait, dans les places, terres et droits qui pour- • raient lui avoir été pris durant la guerre, sans qu'ils pussent prétendre aucun remboursement de leurs frais ni aucune récompense, et le roi de Danemark promit aussi de son côté de rompre avec tous ceux qui, après la fin de cette guerre , attaqueraient les États généraux en Europe, de continuer ensuite la guerre jusqu'à ce que la paix fut faite et les États rétablis dans tout ce qui leur aurait été pris pendant cette guerre, et de lever jusqu'à seize mille hommes, si les États le souhaitaient, aux mêmes conditions et à la même solde portées par ce traité; et comme le roi de Danemark n'avait pu secourir les Etats généraux dans cette guerre avec les six mille hommes auxquels il était obligé, ils se désistèrent de toutes les prétentions qu'ils pouvaient avoir contre lui pour ce regard, promettant de ne lui en jamais rien demander, et
de ne le lui pas même reprocher ; enfin ils promirent que cette alliance durerait quinze ans après la fin de la présente guerre.
Ce fut en conséquence de ce trait»'* que le roi de Danemark déclara la guerre à la Suède et lit une invasion dans ses Etats , ce qui obligea le roi de France, comme allié de celui de Suède, de déclarer aussi la guerre au Danemark.