LIVRE II. — CHAPITRE IV. 36S
commissaires du roi de Danemark et des États généraux firent au nom de leurs maîtres une étroite alliance pour pouvoir plus facilement parvenir à une bonne paix , et rétablir le commerce, et maintenir leur souveraineté , et le repos de leurs sujets.
Par ce traité ils convinrent que le roi de Danemark ne pourrait point révoquer la défense qu'il avait faite aux vaisseaux de guerre anglais de venir à ses rades, parce qu'ils avaient pris en pleine mer plusieurs navires de ses sujets, commis des hostilités dans ses havres et rivières, canonné ses châteaux, et attaqué et pillé des vaisseaux jusque dans le Sund, sous le château de Cronenbourg, et comme ils jugeaient que les navires de guerre anglais continueraient de troubler le commerce dans ces quartiers , ils convinrent que les navires du roi de Danemark attaqueraient les navires de guerre anglais sans troubler les vaisseaux anglais marchands, pourvu qu'ils se conduisissent comme il faudrait; que les fleuves, rades et havres du roi de Danemark seraient ouverts à tous les vaisseaux de guerre et marchands des Provinces -Unies; que ce roi tiendrait tous les ans, tant que la guerre durerait , depuis le l" avril jusqu'au dernier décembre, quarante navires de guerre bien équipés aux environs du Sund, et que s'il en périssait quelques-uns, il en remplacerait aussitôt le nombre ; qu'il emploierait à l'équipage de cette flotte le secours de six mille hommes qu'il devait fournir suivant les précédents traités , et qui était évalué â deux cent quatre-vingt-huit mille rixdales par an , et qu'outre cela les Ktats généraux lui payeraient par chacun an, tant que la guerre avec l'Angleterre durerait, six cent mille rixdales de subsides, en déduction desquels les États généraux pourraient lui fournir huit navires de guerre, suivant les conditions stipulées dans un écrit particulier qu'ils firent le même jour; que si la paix se faisait en 1666, le roi de Danemark aurait des subsides de toute l'année; que si elle se faisait après la fin de cette année, il aurait les subsides jusque trois mois après l'échange des ratifications ; que si le roi de Danemark ou les États généraux étaient attaqués à cause de ce traité, celui qui ne serait point attaqué défendrait l'autre de toutes ses forces, et entrerait même en guerre ouverte contre l'agresseur; qu'en ce cas un des alliés ne pourrait faire ni paix ni trêve sans le consentement de l'autre , et
Zùh HISTOIRK DES TRAITÉS DE PAIX.
sans le faire rétablir dans les places et droits qu'il possédait auparavant la guerre, et qu'après la pai\, si l'un des alliés était attaqué au sujet de ce traité par le roi d'Angleterre ou quelque autre puissance, l'autre l'assisterait sans aucun délai de toutes ses forces; et qu'enfin ils inviteraient le roi de Suède d'entrer dans cette alliance.
Le même jour que ce traité fut signé, les mômes commissaires signèrent des articles secrets, par lesquels ils convinrent qu'incontinent après l'échange des ratifications, le roi de Danemark entrerait en guerre ouverte contre le roi de la Grande-Bretagne; qu'il la continuerait autant de temps que les Ktats généraux se rendraient maîtres des vaisseaux anglais tant de guerre que marchands; que si les flottes se joignaient, le conseil se tiendrait dans le navire de l'amiral du roi de Danemark, et que cet amiral y aurait la première voix, et ensuite l'amiral des États généraux et ainsi successivement; que s'ils faisaient des prises, elles seraient partagées à proportion du nombre d'hommes de l'une et de l'autre nation qui seraient sur la flotte; que si le roi de Suède entrait dans celte alliance, le roi de Danemark ne serait tenu d'équiper que vingt navires de guerre, et qu'en ce cas les États généraux ne lui paveraient que trois cent mille écus de subsides; qu'ils prieraient les uns et les autres le roi de France de garantir ce traité d'alliance, et les articles secrets, non-seulement pour l'exécution de tout ce qui y serait porté, mais aussi à l'égard des potentats étrangers qui pourraient les attaquer à l'avenir, et contre lesquels ils le prieraient de promettre de les assister de toutes ses forces.
Sixième traité do La Haye, entre les même», pour les bois do Norvège
(février 16M).
Le même jour le roi de Danemark et les États généraux firent un troisième traité pour régler les droits que les habitants des Provinces- Unies payeraient pour les bois qu'ils allaient acheter en Norvège, et pour empêcher les fraudes qu'on pourrait faire en cette occasion, et dont le roi de Danemark s'était plaint en 1658.