‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 166 sur 269 · LIVRE 11. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE 11. — CHAPITRE V

donc plusieurs alliances avec les rois de France et d'Angleterre, avec les États généraux et plusieurs princes de l'empire, auxquels cette grandeur de la.maison d'Autriche était autant suspecte qu'à lui, après quoi il se fit élire chef du cercle de la Basse-Saxe , où il possédait le duché de Holstein, et persuada aux princes qui le composaient, et qui étaient tous luthériens, que l'empereur y tenait son armée commandée par le comte de Tilly pour y rétablir la religion catholique, ôter les évêchés aux protestants et s'en rendre le maître absolu, de sorte qu'il était nécessaire de lever des troupes, ce qu'il fit. Il écrivit cependant à l'empereur pour le prier de retirer le comte de Tilly de la Basse-Saxe; mais l'empereur l'ayant refusé à moins qu'il ne licenciât auparavant l'armée qu'il avait levée et ne se démît de la dignité de chef du cercle de la Basse-Saxe , la guerre commença en 1625 , et l'empereur envoya dans la Saxe une nouvelle armée commandée par Wallenstein.

L'hiver suivant, les électeurs de Saxe et de Brandebourg, voulant accommoder ces différends, obligèrent Wallenstein et Tilly, généraux de l'empereur, et le roi de Danemark et les princes de la Basse- Saxe, ses alliés, d'envoyer des députés à Brunswick pour y traiter de la paix. Wallenstein et Tilly y proposèrent d'abord que le roi et ses alliés licenciassent les troupes qu'ils avaient levées et se conformassent aux autres princes qui obéissaient à l'empereur, après quoi ils consentaient de sortir du cercle.

L'assemblée du cercle demanda au contraire qu'avant toutes choses les armées de l'empereur en sortissent ; qu'elles réparassent les dommages qu'elles y avaient faits, et donnassent caution qu'à l'avenir il ne serait fait aucune entreprise sur le cercle; que les princes de ce cercle ne seraient point troublés en la liberté de leur religion suivant la confession d'Ausbourg; qu'ils seraient maintenus en leur juridiction tant ecclésiastique que séculière et dans leurs élections capitulaires ; que l'on n'userait point de la clause proprio motu dans les mandements concernant la religion, et que des abbés étrangers ne pourraient point faire de visites dans leur territoire ; et ils consentaient qu'après qu'on les aurait assurés de l'exécution de ces articles , et que les troupes de l'empereur se seraient retirées du

37n HISTOIRE DES TRAITÉS DE PAIX.

cercle, ils licencieraient celles qu'ils avaient levées, et cependant ils proposèrent une trêve de quatorze jours pour parvenir à la paix.

Les députés des généraux de l'empereur, voyant toutes ces demandes, insistèrent de leur côté à ce que le roi de Danemark eût à sortir de l'empire et à en retirer ses troupes; que ces princes leur livrassent le comte de Mansfeld, l'évêque d'Ilalherstat , et tous les autres proscrits, et ceux qui s'étaient révoltés contre l'empereur; qu'ils donnassent caution de demeurer désormais dans l'obéissance; qu'ils ne fissent à l'avenir aucunes levées sans le consentement de l'empereur; qu'ils réparassent les dommages qu'ils avaient fait souffrir au prince Christian , le vieux duc de Lunebourg et de Brunswick, et que le roi de Danemark et ces princes donnassent aussi caution de l'exécution de tous ces articles ; moyennant quoi les armées de l'empereur se retireraient , et les laisseraient jouir de l'exercice de leur religion, et les conserveraient dans la paix faite pour les choses séculières.

Ainsi les propositions étant si différentes, on ne conclut rien, et surtout ils ne purent convenir de celui qui désarmerait le premier, ni du payement des frais de la guerre, et des dommages soufferts par le duc de Brunswick, à la réparation desquels les impériaux voulaient obliger les princes du cercle.

Traité de fwiiï de LuImhtIc entre les mêmes (16'2t>).

Cette conférence n'ayant donc point opéré la paix, le roi de Danemark et ses alliés firent publier en 1626, à Rottenbourg, près de Verde, un manifeste par lequel ils déclarèrent que leur dessein n'était point d'opprimer les princes et Etats catholiques de l'empire, et qu'ils n'avaient pris les armes que pour rétablir la liberté de l'Allemagne, se plaignant de ce que l'empereur n'avait point voulu faire grâce à l'électeur palatin , encore qu'il eût offert de lui demander pardon et de renoncer au royaume de Bohême, et de ce que les armées impériales avaient fait de grands ravages dans la Basse-Saxe.

La guerre fut poursuivie fort malheureusement pour le roi de

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