LIVRE 11. — CHAPITRE V
Danemark, et ses alliés furent défaits, en 1620, a Dessau, sur l'Rlbc, dans la principauté d'Anhalt, et à Lutter, dans l'évêché d'Hildesheim , outre plusieurs autres moindres combats, où ils eurent du pire; de sorte que Wallenslein et Tilly chassèrent les Danois et leurs alliés de la Silésie, de la Saxe, du duché; de Meklenbourg et de la Poméranie; l'électeur de Saxe s'élant voulu mêler, en 1027, d'accommoder ce roi avec l'empereur, celui-ci proposa des conditions si dures que ce roi ne les voulut point accepter. Ainsi la guerre continua, et les généraux de l'empereur chassèrent encore les Danois du Holstein, du Jutland et de toute la Chersonèse Cimbrique.
Enfin les quatre électeurs catholiques, auxquels la trop grande puissance de l'empereur commençait d'être suspecte , s'entremirent de faire la paix entre l'empereur et ce roi. La ville de Lubeck ayant été choisie pour le lieu de l'assemblée, les députés s'y rendirent sur la fin de l'année 1028. Ceux de l'empereur demandèrent d'abord que le roi de Danemark renonçât aux duchés de Holstein, de Slesvig et des Dithmarses, et aux é\êchés que sort fils avait dans l'empire; qu'il donnât le Jutland par engagement au duc de Saxe au lieu de la Lusace ; qu'il remboursât l'empereur de tons les Irais de la guerre, et les États voisins de tous les dégâts qui y avaient été faits; et enfin qu'il ne permit le passage du détroit du Sund qu'aux amis de la maison d'Autriche, et en réduisit le péage à une somme modique.
Le roi de Danemark ayant rejeté ces conditions, qui étaient les mêmes qu'il avait déjà refusées; enfin, après quatre mois de conférence, l'empereur voulant s'appliquer entièrement à la guerre d'Italie pour la succession de la maison de Mantoue . il se relâcha de toutes ses prétentions, et la paix fut conclue le 27 mai 1029.
Par le traité on convint (pie le roi de Danemark ne se mêlerait plus des affaires de l'empire qu'autant qu'il lui appartenait comme duc de Holstein, et que l'empereur ne se mêlerait point non plus des royaumes et pays dont le roi de Danemark était souverain ; que lui et son tils renonceraient aux archevêchés et évèehés qu'ils prétendaient dans l'empire; qu'il n'y aurait aucune restitution de frais de la guerre de part ni d'autre; que ce roi rendrait au duc de Holstein- Gottorp les îles de i'emern et de Nordstrand, avec sa part héréditaire
HISTOIRK DKS TRAITÉS DE PAIX.
dans celles de Worde et Salda, sans préjudice du droit de fief qu'il avait sur ces provinces, et que moyennant ces conditions l'empereur lui rendrait le Jutland et les provinces qui dépendaient de la maison de Slesvig et de Holstein , en conservant néanmoins les droits que lui et l'empire avaient sur le Holstein, les Dithmarses et la Stormarn, et leurs dépendances.
Depuis ce temps-là ce roi vécut en si bonne intelligence avec l'empereur que ce dernier empêcha en grande partie, en 1658, que Frédéric III ne se soit vu enlever son royaume par Charles-Gustave, roi de Suède.
Traité de Brunswick outre l'empereur Leopold, Christian V, Frédéric-Guillaume, ('lecteur de Brandebourg, George-Guillaume et Rodolphe- Auguste, ducs de Brunswick et de Lunebourg, et la landgrave douairière de Hesse-Cassel (1672).
La guerre qui s'émut en 1672, entre les rois de France et d'Angleterre d'une part, et les États généraux d'autre, obligea l'empereur, le roi de Danemark, l'électeur de Brandebourg, les ducs de Zell et de Wolfenbûttel , de la maison de Brunswick , et la landgrave de Hesse- Cassel, de s'unir ensemble, afin de se défendre mutuellement si quelqu'un les attaquait. Ainsi ils firent à Brunswick, le 22 septembre 1G72, un traité de ligue défensive, laquelle ils déclarèrent n'être point faite au préjudice de qui que ce fût, soit dans l'empire ou hors de l'empire, mais seulement pour la manutention de la paix d'Osnabruck et de Munster. Ils convinrent que si quelqu'un d'entre eux était attaqué ou troublé dans ses terres, ou dans les droits qui lui étaient acquis, les autres alliés seraient tenus de l'assister, de lui envoyer les troupes marquées dans le traité, et de ne point quitter les armes que celui qui aurait souffert n'eût été satisfait et mis en sûreté. Pour cela on convint que l'empereur aurait toujours sous les armes trois mille chevaux et six mille hommes de pied; que le roi de Danemark, l'électeur de Brandebourg et les ducs de Brunswick en auraient autant, et qu'outre cela le duc de Zell tiendrait sur pied six cents chevaux et douze cents hommes de pied , le duc de Wolfenbûttel quatre cents chevaux et huit mille hommes de pied , et la