LIVRE II. — CHAPITRE V
hague la veille de la Saint-Barthélemy entre le roi de Danemark qui était alors, et les villes anséatiques autrement nommées vandaliques, à cause que la plupart étaient situées en Allemagne dans les provinces voisines de la mer Baltique, qui étaient autrefois habitées par les Vandales. Ce traité fut encore confirmé par un autre fait à Odensée le 25 juillet 1560, sur le fondement duquel Christian IV en fit un autre avec ces villes au même lieu en 1616.
Trait»'' de Steinbnurfc, entre Christian IV et la ville do Hambourg, pour leur* différend» { 1021 ).
Les ducs de Holstein ont toujours prétendu la souveraineté de la ville de Hambourg, que les historiens danois disent avoir été donnée en 121 8, par Valdemar, second roi de Danemark, à Albert d'Orlamunde, comte de Holstein, avec tous les droits et régales, à la charge de lui payer tous les ans cinquante marcs d'argent et de servir le roi, quand il en aurait besoin, avec un certain nombre de troupes. Cela subsista ainsi longtemps, et ces comtes, pour marquer que cette ville dépendait d'eux, firent appliquer, dans ses places et sur ses portes, des figures d'orties qui font leurs armes, et obligèrent ses habitants de comparaître aux États de Holstein, à Segeberg, où ils avaient même une maison pour cet effet.
En 1375 les habitanls de Hambourg, ayant voulu se soustraire de l'obéissance des comtes de Holstein et ayant élevé dans leur place publique une statue de Roland pour signe de leur liberté, l'empereur Charles IV, sur la plainte des comtes de Holstein, ordonna qu'ils demeureraient sujets à ces comtes et que la statue de Roland serait abattue.
Le Holstein étant échu aux rois de Danemark, les habitants de Hambourg rendirent hommage à Christian I" et reconnurent aussi ses successeurs et les ducs de Holstein, si bien qu'en 15&i, la ville de Hambourg ayant été cotisée pour contribuer aux nécessites de l'empire, elle pria le roi de Danemark et le duc de Holstein de prendre son fait et cause, afin qu'elle fût déchargée de cette contribution,
comme ne relevant point immédiatement de l'empire, mais des ducs de Holstein. Le roi de Danemark et ces ducs étant donc intervenus, l'empereur Charles-Quint ordonna que la chambre impériale jugerait en connaissance de cause, si cette ville relevait immédiatement de l'empire ou non, et cependant il fut sursis a la contrainte pour le payement de cette cotisation.
Cette ville rendit encore depuis hommage à Christian 111, mais ensuite, quand les ducs de Holstein voulurent faire juger la question pendante à la chambre impériale sur la dépendance médiate ou immédiate de Hambourg, ceux de cette ville changeant de sentiment nièrent d'avoir jamais dépendu des ducs de Holstein. Cela ayant donné lieu à plusieurs différends entre les rois de Danemark et cette ville, ils furent réglés provisionnellcment par diverses transactions, dont il y en eut une passée en 1502 et une autre à Flensbourg en 1579 par laquelle, moyennant 50,000 énis , le roi qui avait arrêté les vaisseaux de ceux de Hambourg et leur avail interdit le • ■i-mmerce dans ses États, relâcha leurs vaisseaux, rétablit leur commerce, et ôta un impôt qu'il avait mis sur le sel, et on remit à une autre assemblée le différend qu'ils avaient sur le sujet de la navigation sur l'Elbe, chacun demeurant dans ses droits.
Ces différends se renouvelèrent en 1020, en sorte que le roi Christian IV défendit de portera Hambourg les marchandées de l'Islande, et aux Hambourgeois le commerce au-dcsMuis de Tonninge; il leur contesta la possession de l'Elbe qu'ils prétendaient leur appartenir, et mit sur l'Elbe deux navires de guerre qui faisaient baisser les voiles aux vaisseaux marchands qui passaient, et incommodaient leur commerce; les princes voi>ins > Y-tant entremis pour accommoder ce différend, il fut terminé par un traité fait à Steinbourg le 18 juillet 1021, par lequel, moyennant une somme considérable que ceux de Hambourg donnèrent au roi de Danemark, il leur remit la liberté du commerce, régla jusqu'oïl s'étendrait leur juridiction sur l'Elbe, et ce roi les exempta de payer aucun impôt au détroit du Sund pendant quarante-trois ans.
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Traité do Copcnlugue entre les môme», pour lo même sujet ( 1632 ).
Le roi de Danemark étant indigné contre ceux de Hambourg, de ce que pendant la guerre qu'il avait soutenue contre l'empereur ils avaient maltraité des siens, lorsque la fortune lui avait été contraire, établit en 1630, à Glûckstadt en Stormarn, au-dessous de Hambourg, un péage sur l'Elbe, qu'il déclara dès le commencement ne vouloir faire payer qu'à ceux de Hambourg, à ce qu'il disait, pour représailles de plusieurs nouveaux droits qu'ils avaient établis sur les marchandises de ses sujets qui entraient dans leur villle.
Les Hambourgeois prétendirent que le roi de Danemark ne pouvait établir un péage dans l'empire que du consentement de l'empereur et des électeurs, mais ne pouvant l'obliger à l'ôter, ils envoyèrent des vaisseaux armés à Glûckstadt, qui y enlevèrent quelques vaisseaux qui étaient près de cette place. Le roi d'Angleterre et ceux de Lubeck s'étaient môlés de faire la paix, le roi voulait qu'avant toutes choses on lui rendit ses vaisseaux, ce que ceux de Hambourg ne voulaient point faire, qu'après qu'il aurait promis que son fort ne leur ferait aucun tort : ainsi on ne conclut rien alors. Le roi de Danemark, ayant fait ensuite à cette ville la demande de l'hommage pour lui et ses successeurs et toute la maison de Holstcin, comme les habitants le refusèrent, il équipa une flotte de quarante vaisseaux, avec laquelle il prétendait ranger les habitants de Hambourg dans leur devoir; mais les États généraux, qui prévoyaient que cette guerre pourrait nuire au commerce de leurs sujets, envoyèrent leur agent à Copenhague qui moyenna un traité en JG32, par lequel il fut dit que ceux de Hambourg payeraient 100,000 écus au roi de Danemark; qu'ils n'auraient autre juridiction sur l'Elbe que celle qui leur avait été adjugée par le dernier traité; que le roi se réservait ses droits qu'il poursuivrait en la chambre impériale ou en celle de Spire; et que moyennant cela, ils auraient le commerce libre dans ses Étals en payant les droits ordinaires. Mais ce traité et plusieurs autres, qu'on négocia depuis, n'eurent point de suite, non plus que
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le décret donné à la diète de Ratisbonnc en 1087, par lequel il fut dit qu'on n'exigerait plus le péage de Glûckstadt, que le roi de Danemark a toujours continué de percevoir sur les habitants de Hambourg qui naviguent sur l'Elbe, en sorte qu'il exempte de ce péage tous les étrangers.
Traité de Pinnebcrg entre Christian V et la ville de Hambourg, pour le même sujet {1679}.
Le roi de Danemark, quelque temps après avoir fait un traité de paix avec la Suède, demanda à la ville de Hambourg qu'elle eût à lui rendre l'hommage qu'elle lui devait, et a reconnaître les autres droits qu'il prétend sur cette ville, et outre cela, il lui demandait des sommes considérables à cause des quartiers que l'empereur lui avait accordés dans son territoire. Sur son refus, il la bloqua, et arrêta plusieurs de ses vaisseaux. Le roi de France, l'électeur de Brandebourg, et les princes de la maison de Lunebourg s'étant entremis pour accommoder ce différend, procurèrent un traité provisionnel qui fut passé le i" décembre 1679, à Pinneberg, qui est un comté voisin de Hambourg, que Christian IV acheta en IflftO, et où il y a un péage qui lui fit naître encore do nouveaux différends avec ceux de Hambourg.
Par ce traité, ils convinrent que tous les droits et prétentions, tant de ce roi que de la ville, demeureraient en leur entier, jusqu'à ce que le point de l'hommage et les autres différends eussent été vidés à l'amiable ou par justice, en sorte que ce traité provisionnel ne leur porterait aucun préjudice ; que ce roi permettrait que la ville jouît de la neutralité et de ses commerces, et qu'il ne la troublerait point dans ses droits et ses privilèges; que les bourgmestres, le sénat et les bourgeois de la ville porteraient respect à ce roi, chercheraient en tout son avantage, détourneraient son dommage autant qu'ils pourraient, et se tiendraient toujours fermes dans son parti, moyennant quoi ce roi leur promit ses bonnes grâces. La ville promit encore d'envoyer des députés au roi, avec un acte qui marquerait l'intention du sénat et des bourgeois, et de lui payer 220,000 écus,