LIVRE III. - CHAPITRE II
qu'elle dépendait des Russes ou Moscovites, c'est à savoir la moitié de la juridiction et des revenus depuis le golfe de Titissiard jusqu'à Malanger, et les deux tiers depuis Malanger jusqu'à Varanger; et enfin on convint qu'on rétablirait à Revel et à Narva le commerce entre les Moscovites , les Suédois et les Allemands. Ainsi les Suédois demeurèrent paisibles possesseurs de l'Esthonic, et acquirent un grand pays situé le long de la mer au septentrion de la Laponie -suédoise , et depuis l'extrémité de Trondhjemhuus, qui fait partie de la Norvège, jusqu'à l'extrémité de Warghus. C'est ce canton des Lapons que nous avons vu ci-devant avoir causé en partie la guerre entre les Suédois et les Danois , et que Gustave, roi de Suède, céda au roi de Danemark par le traité de SiOrôd en 1613.
Traité entre Charte* IX tt Basile Jon-anowitt, pour alliance contre k» Polonais
Sigismond, qui n'était plus que roi de Pologne, ayant assiégé Smolensk en l'année 1609, Basile Ioannowits, c'est-à-dire fils de Jean, grand-duc de Moscovie, craignait que Sigismond ne se rendit maître de cette place importante. Il fit en 1610 un traité de ligue offensive et défensive avec Charles IX, roi de Suède, qui avait intérêt, aussi bien que Basile, que Sigismond, qui était leur ennemi commun, ne devînt pas plus puissant.
Par ce traité, Basile, pour induire Charles à l'assister puissamment, lui promit de lui céder ce qui lui restait encore dans la Carélic et la province de Kexholm. Charles envoya ce secours, commandé par Pontus de la Gardie, Français qui avait fait fortune en Suède ; mais l'armée des Moscovites ayant été défaite par les Polonais, il ne put empêcher que Sigismond ne se rendît maître de Smolensk.
Trait.* de paix de Stockholm entre Gustare-Adolphe el Michel FWérowiu [1618).
Basile, ayant de la peine à se résoudre de se défaire d'une aussi bonne place que Kexholm, avait donné un ordre secret au
f,OJi HISTOIRE DES THUTÊS DE PAIX.
gouverneur de cette forteresse de ne la point remettre au roi de Suède suivant le traité précédent , et l'ordre public qu'il avait mis pour cet effet entre le mains de Charles. Cette mauvaise foi, qui fut découverte, obligea Charles de faire la guerre aux Moscovites, sur lesquels il prit cette place, et son fils ayant continué la guerre fit aisément de grandes conquêtes dans leur pays à cause des guerres étrangères dont il était affligé. Sigismond, roi de Pologne, fit élire grand-duc son fils Vladislas. et même se rendit matlre dela ville de Moscou et de la personne du grand-duc Basile, ainsi que je l'expliquerai plus amplement au commencement de la seconde partie de ce livre. Les Moscovites n'étant donc pas alors en étal de se défendre contre les étrangers, Gustave prit Notebourg qui est une place considérable voisine de la Carélic , et ensuite étant entré dans le grand-duché de Novogorod , il s'y rendit maître de Caporia, de Jamogorod , de la ville même de Novogorod , capitale de tout le duché et de plusieurs autres places. Michel Fœdorowils fut élu grand-duc après que les Moscovites eurent chassé de Moscou Vladislas et les Polonais. Ce prince songea a reprendre sur les Polonais et los Suédois les places qu'ils avaient occupées dans la Moscovie pendant ces troubles ; il envoya pour cela demander du secours au roi d'Angleterre Jacques I*% qui était son allié , et qui lui permit de lever des troupes dans ses Etals, à condition qu'elles ne seraient point employées contre les Suédois. Jacques ne se contenta pas do cela, mais voulant encore mettre la paix entre ces deux rois qui étaient ses alliés, il envoya a Stockholm un ambassadeur qui y ayant moyenné une conférence entre les Suédois et les Moscovites, les porta à convenir d'un traité de paix en l'année 1018. Par ce traité, il fut dit qu'on mettrait en oubli toutes les hostilités faites au préjudice de la paix de Teusing; que les Suédois rendraient aux Moscovites Novogorod, Jamogorod, Caporia et Notebourg avec leurs territoires; que les Moscovites payeraient au roi de Suède vingt mille roubles: que le roi de Suède retiendrait encore Kexholm que le grand -duc Basile avait cédé au roi Charles; que le grand-duc renoncerait à la Livonie, et ne s'en qualifierait plus duc; et enfin, que le roi de Suède ne secourrait point le roi de Pologne ni son fils Vladislas contre les