‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 195 sur 269 · LIVRE III. - CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE III. - CHAPITRE II

Moscovites, cl que le grand-duc en userajt (]e même, s'ils avaient guerre contre le roi de Suède. Ainsi par ce traité non -seulement les Moscovites renoncèrent à leurs droits sur la-Livonie, mais ils cédèrent aussi plusieurs places qui dépendaient du grand-duché de Novogorod. On fit deux provinces de ces places cédées à la Suède, la première est l'Ingrie dont le roi de Suède se dit seigneur, et l'autre la province de Kexholm. Le comte Benoît Oxenstiern, ambassadeur à Nimègue, a pris dans les traités de paix la qualité de seigneur de Caporia. qui est une des villes cédées par ce traité, et de souverain législateur des deux provinces de Kexholm et d'ingrie.

IV ET v.

Trait.-* de Wilmuru -t de S(o|l»>vn.

Depuis ce traité de Stockholm . les rois de Suède et les srandsducs de Moscovie ont vécu en bonne mtclligmcc , en sorte que pendant que le roi Gustave faisait la guerre au roi de Pologne, et depuis, lorsqu'il commença la guerre d'Allemagne, le grand-duc lui envoya des ambassadeurs pour lui offrir de lui fournir et entretenir à ses dépens une armée de dix ou douze mille hommes ; mais le roi de Suède refusa ses offres, ne voulant pas s'obliger de lui rendre au besoin la pareille. Il y a eu néanmoins deux traités passés àWïhourg et a Stolbova. entre le roi Custave ou la reine Christine d'une part, et les grands-ducs de Moscovie d'autre. Il en est fait mention dans le traité de kardis, dont je vais bientôt parler, par lequel ces deux traités furent confirmés. Comme je n'en sais rien davantage, je me contente de les marquer.

Trait-' de tr.V.', do Wnliswir, «lire Ch.rlM-Ciwi.vc ctAlexU Mirhiclowiu (

l^is ambassadeurs que Charles-Gustave, roi de Suède , et le grand-duc. Alexis Michaelowits s'envoyèrent l'un à l'autre, vers la fin de 1654 et le commencement de 1655. ont fait juger que ce fut de concert qu'ils attaquèrent en même temps la Pologne, et qu'ils étaient

(i06 HISTOIRE DES TRAITÉS DE PAIX.

convenus de la partager entre eux ; il parut môme que les Moscovites avaient promis de ne point assiéger les places qui s'étaient données aux Suédois. Pour mieux affermir cette bonne intelligence , lorsque le grand-duc fut retourné a Moscou , Charles lui envoya des ambassadeurs qui lui proposèrent de faire une ferme alliance avec la Suède; mais le grand-duc, auquel les conquêtes de la Suède étaient devenues suspectes, n'y voulut point entendre; au contraire il attaqua en 1656 la partie de la Livonie qui était aux Suédois, où il prit plusieurs places, et assiégea Riga. Cette guerre dura jusqu'à ce que, en l'année 1659, les Suédois étant en guerre contre l'empereur, les rois de Pologne et de Danemark , et l'électeur de Brandebourg ; et d'autre part, les Moscovites voyant que la trêve qu'ils avaient faite avec les Polonais allait être rompue, le roi de Suède et le grand-duc résolurent de faire une trêve, durant laquelle toutes les hostilités cesseraient, et la liberté du commerce serait rétablie ; ils convinrent qu'ils ne pourraient point assister les ennemis les uns des autres, particulièrement le roi de Pologne, et que le roi de Suède enverrait la ratification de ce traité au grand-duc, avec plein pouvoir de traiter une alliance étroite contre la Pologne.

Traité do paix do KardU, entre Charles XI et Alexis MIchaelowita { 16411 }.

Charles-Gustave étant mort, les tuteurs de Charles XI, son fils, après avoir fait la paix avec la Pologne et le Danemark, voulurent, pour la rendre complète, la faire aussi avec les Moscovites, à quoi ceux-ci consentirent volontiers pour pouvoir mieux résister aux Polonais. Ainsi les commissaires des deux couronnes conclurent, en 1661 , à Kardis en Livonie un traité de paix par lequel ils convinrent que les titres du roi de Suède et du grand-duc demeureraient comme par le passé; que le grand-duc rendrait à la Suède les places qu'il occupait encore en Livonie avec le canon, les cloches, les ornements d'église et les papiers qu'il y avait trouvés; que les sujets de la Suède pourraient trafiquer en Moscovie; que les marchands des deux nations auraient un libre exercice de leur religion, sans néanmoins construire

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