LIVRE III. - CHAPITRE IV
Wismar et son territoire, l'archevêché de Brème, et les évêchés de Verden, deMindcn, d'Osnabruck etd'Halberstadt. L'électeur de Brandebourg, les ducs de Mecklenbourg et le roi de Danemark, y firent de grandes oppositions , mais la France empêcha absolument que la Suède n'eût les trois derniers évêchés, ne voulant pas qu'il fût rien fait au préjudice de la religion catholique , de sorte qu'elle n'eut que le reste avec cinq millions d'écus pour la satisfaction de sa milice.
POMÉHANIE.
Il est nécessaire de présupposer que cette province, qui contient la côte de la mer Baltique depuis le duché de Mecklenbourg jusqu'à la Prusse, est divisée en deux parties par le fleuve Oder, qui avant de se rendre dans la mer, forme deux Iles , desquelles la plus orientale est nommée Wollin. Les derniers ducs de Poméranie , dans le partage qu'ils en firent entre eux , avaient divisé cette province en cilérieure et ultérieure : lacitérieure était limitrophe du duché de Mecklenbourg, s'étendait seulement jusqu'à l'embouchure de l'Oder nommée Peen, et n'allait pas jusqu'au fleuve même de l'Oder ; la Poméranie ultérieure était bien plus considérable que la citérieure, puisqu'elle contenait l'évêchc de Camin, et quatre duchés, savoir: de Stettin, de Poméranie proprement dite, de Cassubie, et de Venden, ou des Vandales.
Les ducs de Poméranie, pour terminer quelques différends qu'ils avaient avec les marquis de Brandebourg, étaient convenus qu'à défaut d'enfants milles dans leur maison , celle de Brandebourg hériterait de leurs États. Cette convention fut confirmée plusieurs fois, et entre autres en 1525, de sorte que les électeurs de Brandebourg prenaient depuis très-longtemps toutes les qualités des ducs de Poméranie et celle de princes do Rugie. L'investiture de l'empereur à un duc de Poméranie portait aussi qu'en cas qu'il mourût sans enfants mâles, ce duché passerait aux électeurs de Brandebourg. Enfin lorsqu'un nouveau duc de Poméranie se faisait rendre hommage par ses sujets, les électeurs de Brandebourg se le fanaient rendre aussi par les États de ces provinces, à cause du droit qu'ils y avaient. Ainsi il paraît i. 28
ZtfO HISTOIRE DES TRAITES DE FAIX.
parle traité que Boguslas, XlV'du nom. duc de Poméranie. fit en 1030 avec Gustave, que Télectcur de Brandebourg, qui «Mail son héritier présomptif à cause qu'il n'avait point, d'enfants, s'élail déjà fait reconnaître en cette qualité par les Etats de Poméranie.
Cependant ce duc consentit que le roi de Suède retint après sa mort la Poméranie, jusqu'à ce que l'électeur de Brandebourg l'eût remboursé de ses frais, à moins qu'il ne se fût joint au roi de Suède dans cette guerre. Ce roi, en conséquence de ce traité, mit garnison dans toutes les places de Poméranie, laissant néamoins toujours au duc ses revenus et ses honneurs. Après la mort de Boguslas, arrivée en 1637, l'électeur de Brandebourg obtint de l'empereur l'investiture de ce duché, et s'opposa fortement à ce que la Poméranie fût cédée à la Suède par le traité d'Osnabruck.
Les difficultés qu'il forma firent résoudre la reine à demander ou la Poméranie entière, sans le consentement de l'électeur, avec la garantie de l'empereur et de l'Empire, ou la Poméranie citérieure. Stcttin, Garz, Gollnow et l'Ile de Wollin, de son consentement. L'électeur fut enfin obligé de faire celte cession à la Su. de. moyennant un ample dédommagement qu'on lui donna. La reine de Suède ajouta encore ensuite à ses demandes la place de Damm, qu'elle prétendait être des dépendances de Stettin, parce qu'elle n'en était éloignée que d'une lieue. Ainsi elle fit avec l'électeur un traité qui portait les conditions auxquelles la couronne de Suède aurait celte partie de la Poméranie, après quoi on dressa en conformité les articles du traité d'Osnabruck qui concernent celte affaire.
Par ces articles, on abandonna à la reine de Suède, à ses héritiers et à ses successeurs, rois de Suède, pour être tenue en fief de l'empire, la Poméranie citérieure, avec l'île de Bugen, Stettin, Garz. Damm, Gollnow et l'île de Wollin. le lit de l'Oder qui coule entre les deux Poméranies, la mer de Frische-IIaff, les trois embouchures de l'Oder, et les deux rives de ce fleuve. On convint que les rois de Suède jouiraient des duchés de Poméranie et de la principauté de Bugie aux même» honneurs et droits dont jouissaient les précédents ducs de Poméranie; qu'ils conféreraient les dignités et prébendes du chapitre de Camin que conféraient les ducs de la Poméranie ultérieure,