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LIVBK III. — CHAPITRE IV

Bohême et les provinces héréditaires seraient remises en leur premier état, et tous les exilés dans leurs biens; que la dignité électorale serait rendue au prince Palatin; que la ville d'Augsbourg serait remise en liberté, les Jésuites chassés de l'empire et les monastères du duché de Wurtemberg remis en la disposition de ce duc ; que dans les églises cathédrales il y aurait des chanoines de l'une et de l'autre religion; et enfin que le roi de Suède serait élu roi des Romains en considération de la liberté qu'il avait procurée à l'empire. Cette négociation n'eut aucune suite, et Gustave fut tué, en JG32, à la bataille de Liilzen. La guerre continua depuis avec différents succès et même avec désavantage pour la Suède, qui se vit, par la paix de Prague, abandonnée de presque tous les princes protestants, ce qui obligea la France de se déclarer ouvertement pour les Suédois. 11 y eut une négociation entre l'électeur de Saxe et le chancelier Oxenstiern qui n'eut aucune suite; mais le pape, le roi de Danemark et les Vénitiens ayant offert leur médiation, on convint de la ville de Cologne pour y traiter de la paix entre le roi de France d'une part, et l'empereur et le roi d'Espagne de 1 autre, et de la ville de Lubeck pour celle entre l'empereur et les Suédois, ces derniers ayant refusé de traiter dans le même lieu que les Français, pour éviter que leurs ambassadeurs cédassent le pas a ceux de France.

On commença au printemps de 1638 à travailler sur les préliminaires et les passe-ports qu'on devait donner de part et d'autre; mais la négociation fut rompue, parce que l'empereur n'en voulut point accorder aux princes protestants qui n'étaient pas encore réconciliés avec lui, ni souffrir que leurs ministres traitassent directement avec les siens, ce que la France et la Suède voulurent absolument que l'empereur permît, particulièrement au landgrave de Hesse-Cassel et au duc de VVeimar. Cette contestation fut cause que le roi de Danemark se déporta de cette médiation.

Trait* de Hambourg entre le* mùinc», pour le» préliminaire» d« la p*ix (ICI! ;.

L'empereur rejeta, en 1G39, la paix que la Suède proposait aux conditions qu'on accordât une amnistie générale dans l'empire; qu'on

/,2f> HISTOIRE DES f RAI TES Di: PAI\.

y rétablit toute.- choses comme elles étaient en KM 7. et qu'un laissât à la Suède les place» maritimes de Pomérauie. Il ne voulait pas ôter à l'électeur de Bavière la dignité électorale et le haut l'alatinat, que l'empereur lui avait donnés eu récompense de treize millions d'or qu'il lui devait; il refusait aussi de rétablir la religion protestante dans la Bohème et dans l'Autriche, d'où .-on père l'avait bannie : outre cela il ne pouvait se résoudre à laisser à la Suède des place* qui lui auraient donné une entrée facile dans l'Empire.

Vanmoins, l'année suivante le roi de Danemark écrivit aux électeurs as.-emblé- à la diète de llatislionue. pour les prier de persuader k l'empereur de vouloir bien accorder des passe-ports aux ducs de Lunebourg et au landgrave de llesse-Cas-el. Ces électeurs obtinrent cette facilité de l'empereur qui voyait ses affaires un peu déchues; do plus, l'électeur de Saxe et les autres protestants avaient offert de payer k la Suède, en MX années, deux millions et demi d'or, et de lui laisser Stralsund et l'île de Bugcu pour sa sûreté. L'empereur lit passer k la diète un décret par lequel on approuva cette proposition, à condition que les protestants auraient dix années pour payer celte somme, après lesquelles, si elle n'était point acquittée, là reirtC de Suède et ses descendants posséderaient cette île et cette ville comme un tief de l'empire qui retournerait à l'électeur de Brandebourg en cas que cette reine mourût sans enfants mal. -s. Les parties étant de cette manière dispo.-ée* h la paix. I.ut/.au. plénipotentiaire de l'empereur, Salvius de Suède* et le comte d'Aveux de France, s'assemblèrent k

Hambourg, où ils conclurent, le 15 décembre Hi't I . le- traités préliminaires pour la paix entre l'empire et ces deux couronnes.

On convint par ces traité* que la paix se traiterait à Munster et

à Osnabruck dans la VVestphalie, el que ce serait dans la dernière de

ces deux villes qu'on traiterait celle de l'Empire el de la Suède; qu'on ùl< rail les garnisons de CC> villes; que les magistrats feraient le serment

d'observer (s neutralité; que les cucnùns d'une ces \illes à l'autre

seraient dan» une pleine liberté, et qu'on choisirai) un lieu entre les deux \illes pour le rendez-vous des mini-Ires qui voudraient y venir

conférer ensemble; que les traités que l'on ferait avec la France et la Suède ne seraient regardés que comme un seul traité, et que l'un des

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deux ne serait point censé accompli que l'autre ne le fût aussi; que l'empereur fournirait des ■ passe-ports pour les ambassadeurs de la reine de Suède, pour le résident de France à Ostiabruck, pour les députés des maisons Palatine, de Lunebourg et de Hesse-Casscl, et pour les États de l'empire alliés du royaume de Suède ; que la reine de Suède fournirait des passe-ports pour les ambassadeurs de l'empereur et des électeurs de Mayence et de Brandebourg ; et qu'enfin les conférences commenceraient le 25 mars de l'année suivante.

Traité de ptix entre lit menu-s et leur* illiùs ( 1(>18 ;.

Les conférences ne commencèrent à Osnabruck qu'eu 1643, à cause de diverses difficultés qui survinrent pour les titres qu'on mettrait dans les passe-ports, et sur la forme de les échanger. L'empereur y envoya les comtes de Trautmannsdorff et de Lamberg et le docteur Crâne , et la reine de Suède, le comte d'Oxenstiern et Jean Adler Salvius. Les différents intérêts des princes et les événements de la guerre furent cause que le traité ne fut conclu et signé que cinq ans après, savoir le 24 octobre 1648 , le même jour qu'on signa à Munster celui entre l'empire et la France.

Ce traité fut passé entre l'empereur et les alliés d'une part, et la reine de Suède et ses alliés de l'autre. Je ne traiterai en ce chapitre que des articles qui regardent particulièrement la Suède , réservant tous ceux qui regardent les princes et États de l'Empire au livre cinquième, oii je parlerai des traités faits entre l'empereur et les États de l'Empire; car comme la Suède n'avait point d'autre intérêt dans ces articles que celui de ses alliés, ils doivent être considérés comme s'ils avaient été passés entre l'empereur et chacun de ces princes et des Étals de l'Empire.

Lorsque Gustave-Adolphe entra en Allemagne, il paraît, par le manifeste qu'il fit publier et par les lettres qu'il écrivit à l'empereur et aux électeurs, qu'il ne demandait autre chose pour satisfaction que le rétablissement de ses parents et de ses alliés , la sûreté de son royaume, et le commerce de la mer Baltique. Cependant ses grands

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succès lui donnèrent sans doute la pensée de conserver une partie de ses conquêtes, et de les incorporer à la Suède ; en effet, on voit que dès son entrée en Allemagne, il mit dans le traité qu'il fit avec le duc de Poméranie des clauses qui pouvaient l'autoriser à retenir cette province, et dans la suite il obligeait les villes qu'il prenait de lui faire serment de fidélité et à la couronne de Suède.

Aussitôt après sa mort, le chancelier Oxenstiern s'en expliqua plus nettement dans le traité qu'il fit à Hailbronn avec les États protestants, par lequel il stipula que jusqu'à ce que la Suède eût eu satisfaction elle retiendrait les places qu'elle aurait prises. Depuis, en la diète de Francfort de on traita plus amplement de cette

satisfaction que les Ktats protestants voulaient être prise dans les provinces conquises sur les ennemis , ce qu'Oxenstiern refusa , parce qu'elles n'avaient aucune communication avec la Suède ; ainsi il demanda les provinces situées sur la mer Baltique, et particulièrement la Poméranie. Les ministres de l'électeur de Brandebourg s'y opposèrent, et se retirèrent de l'assemblée , et cet électeur lit instruire de son droit sur la Poméranie les députés de la diète , qui représentèrent au chancelier de Suède) l'injustice qu'il y aurait de l'en priver. Oxenstiern témoigna un extrême chagrin de cette opposition, et cessa pour lors ses instances sur ce point.

L'électeur de Saxe voyant les vues des Suédois sur plusieurs places et provinces d'Allemagne se détacha d'eux, et les sollicita d'en sortir paisiblement ; il prétendait qu'ils ne pouvaient se dispenser d'y consentir après avoir déclaré plusieurs fois qu'ils n'étaient entrés en Allemagne que pour rétablir les protestants dans leurs biens et dans la liberté de leur religion ; mais les Suédois soutinrent que ces avantages qu'ils avaient procurés à l'Allemagne méritaient bien quelque récompense ; ce fut cette récompense ou satisfaction qui fit la plus grande difficulté du traité d'Osnabruck , à cause des oppositions de ceux qui avaient droit aux provinces que les Suédois demandaient. Néanmoins on convint enfin de cette satisfaction, laquelle je crois à propos de diviser par articles , pour éviter la confusion , et mieux expliquer les difficultés qui se rencontrèrent sur chaque chef.

La Suède demanda d'abord toute la Poméranie, l'Ile de Rugen ,

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