WISMAR
Cette place est dans le duché de Mecklenbourg. Lorsque le roi Gustave voulut rétablir ces ducs ses cousins dans leur duché, que l'empereur avait donné au comte de Wallenstein, il prit cette place, avec le fort de la Baleine qui en dépendait, au commencement de l'année 1632 ; et, après avoir rétabli ces ducs dans leurs États, il laissa toujours sa garnison dansWismar et dans ce fort. Ces ducs ayant depuis abandonné la Suède pour accepter la paix de Prague, la reine Christine comprit cette ville, ce fort et quelques lieux circonvuisins dans sa satisfaction, et elle les obtint , malgré les oppositions des ducs de Mecklenbourg. qui trouvaient étrange de se voir dépouillés pa; ceux mêmes qui avaient pris les armes pour les rétablir ; ils y acquiesceront enfin, moyennant un dédommagement qu'on leur donna.
On convint donc, à l'égard de cet article, que la reine de Suède et ses successeurs jouiraient, en fief immédiat de l'empire, du port et de la ville de Wismar, avec le fort de Walfich, et les bailliages de Poel et de Nevenelostcs, qui sont voisins de cette ville; que la Suède jouirait, dans cette ville et dans les autres lieux cédés, des droits que les ducs de Mecklenbourg y avaient; que les privilèges de Wismar seraient conservés; et enfin que les rois de Suède jouiraient aussi à perpétuité,
dans les côtes et ports de Mecklenbourg, des nouveaux péages. Ce dernier article a causé des différends entre la Suède et les ducs de Mecklenbourg. J'en parlerai dans la suite.
L'archevêché de Brème fut ôté aux catholiques, en 1585, par Adolphe, duc de Holstein, qui fit publiquement profession de la confession d'Augsbourg. et se maria. La même chose arriva aussi à Verden, lorsque Éverard de Hall en devint évêque, en 1580. Jean-Frédéric, duc de Holstein, fut pourvu de l'un et de l'autre : il eut pour coadjuteur, et ensuite pour successeur, Frédéric, fils aîné de Christian IV, roi de Danemark, qui monta sur le trône après la mort de son père. Les Suédois, sous prétexte que Frédéric avait pris le parti de son père contre eux, s'étaient emparés de cet archevêché et de cet évêché, qu'ils comprirent dans la satisfaction qu'ils demandèrent.
Les rois de France et de Danemark s'y opposèrent fortement, mais l'empereur et ses ministres n'y firent presque point de difficulté; ils voulaient contenter les Suédois, et les détacher de la France, en se montrant plus faciles que les Français dans ce qui regardait leur satisfaction. Ainsi l'Empereur, du consentement de l'Empire, accorda a la Suède l'archevêché de Brème et l'évêché de Verden, avec la ville et le bailliage de Wilshausen, et tous les droits que les derniers archevêques de Brème avaient eus sur le chapitre et le diocèse de Hambourg, sans préjudice des droits de la maison de Holstein, et de la liberté du chapitre et de la ville de Hambourg. On convint que les rois de Suède tiendraient cet archevêché cl cet évêché de l'Empire, sous le titre de duché; que la ville de Brème, son territoire et ses sujets demeureraient dans leur liberté el dans leurs droits; que la chapitre- n'auraient plus droit d'y élire d'autres archevêques ni évêques; que les rois de Suède, comme ducs de Brème, donneraient leurs suffrages aux diètes de l'Empire, et auraient séance en la cinquième place du banc des princes séculiers ; qu'ils auraient encore les mêmes droits à cause des duchés de Verden et de Poméi anie; que dans l'assemblée du cercle de la Haute-Saxe ils auraient séance immédiatement au-dessus des