LIVRE III. — CHAPITRE V
envoya au mois de mars suivant des troupes qui la mirent hors de danger, et se saisirent de l'île de ltugen ; il y vint en personne à la fin de juin de la même année.
Traiu! du vieux Stcttin entre le mCmc roi et Boguslas XIV, duc de Poméranie, pour alliance (Juillet 1G30).
Le roi de Suède étant entré en Poméranie, chassa les garnisons impériales de plusieurs villes, et s'étant avancé jusqu'auprès du vieux Stetlin, il obligea Boguslas de faire avec lui, le 20 juillet 1G30, un traité de ligue défensive pour délivrer l'Empire de l'oppression, cl pour lui conserver son ancienne forme et liberté, sans rien diminuer de ce que le duc devait à l'empire, ni de la souveraineté qu'il avait sur ses sujets.
Le roi s'obligea par ce traité de mettre entre les mains du duc toutes les places qu'il pourrait occuper en Poméranie, et même Stralsund, pourvu qu'il y établît des officiers qui vécussent bien avec les commissaires de Suède, et qu'il conservât aux habitants leurs privilèges, et ce que le roi de Suède leur avait promis. Ils convinrent encore d'établir le privilège de naturalité entre les habitants des États de la Suède et de la Poméranie; enfin, en cas que le duc vînt à mourir sans enfants mâles, avant que l'électeur de Brandebourg son héritier, et auquel les États de Poméranie avaient déjà fait hommage, eût approuvé celte confédération, et fût venu en personne pour délivrer ses provinces, ou en cas que la succession à ces provinces fût litigieuse, le roi de Suéde se réserva le pouvoir de les retenir par forme de séquestre et de protection, jusqu'à ce que le droit successif eût été pleinement éclairci, (pie les frais de la guerre lui eussent été entièrement payés par le successeur, et qu'il eût confirmé et ratifié cette confédération.
Traité de Stralsund entre le même roi et les tondîmes de llcsae-Caiiacl , pour alliance (novembre 1630).
Le prince Maurice, landgrave de Hesse-Casscl, et son fils Guillaume, aigris contre l'empereur, qui avait jugé en faveur de Louis,
landgrave de Darmstadt, le différend qui était entre les deux maisons pour le landgraviat de Marpurg, firent un traite1 à Stralsund avec Gustave, par lequel ce roi leur accorda sa protection; et ils s'obligèrent de leur part de se joindre a lui pour la défense de la cause commune. Ils confirmèrent ensuite ce traité a Spandau et à Werben. où ils vinrent joindre l'armée suédoise.
Traite de Berlin entre le même roi et Georges-Guillaume, électeur de Brandrbourg, pour alliance ( 1031 ).
Le roi de Suède, irrité de ce que l'électeur de Brandebourg avait retiré de ses mains la forteresse de Spandau, lui fit déclarer qu'il voulait entrer dans Berlin avec ses troupes, et qu'il ne répondait pas du désordre qu'elles y pourraient faire. Il marcha en effet vers cette ville, et se mit en devoir de l'assiéger : alors l'électeur, qui ne pouvait lui résister, fit un traité avec lui, au mois de juin 1631, par lequel il lui remit Spandau |>our en être le maître jusqu'à la tin de la guerre, lui promit retraite dans tout son pays, et tout ce dont il aurait besoin pour la guerre.
Cette alliance subsista jusqu'à ce qu'après la mort de Gustave l'électeur, voyant que les Suédois en voulaient particulièrement à la Poméranic, accepta, en 1636, la paix de Prague.
Acte» pavtfe k Torpiu et à \Wrben entre le mi%me roi et Jean-George*, électeur de Saie, pour alliance («eptenibre 1031 J.
L'édit que Ferdinand II publia en 1627 pour la restitution des biens de l'F.glisc, et la querelle que cet empereur fit à Jean-Georges, électeur de Saxe, pour raison de l'archevêché de Magdebourg, auquel le fils de cet électeur avait été élu, aliénèrent ce prince du parti.de l'empereur, auquel il était auparavant fort attaché, et contre lequel il entra dans la ligue de Leipzig. Tilly, général de l'armée impériale, pressa extrêmement l'électeur, au mois de juillet 1631, de renoncer à cette ligue; mais l'électeur n'en ayant rien voulu faire, Tilly entra